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La vie du corail

Rubrique : Biologie
Auteur :
Alexandre
Niveau : Tous


Dans ce chapitre nous allons devenir indiscret et nous mettre dans la "peau" du Corail ( plus particulièrement les coraux durs ou Scleractiniaires ).
Comment font-ils pour se développer ? sous quelles conditions ? Nous verrons aussi sa morphologie et le rôle de chaque partie.
Voici donc l'histoire du corail. Nous sommes en pleine nuit, au printemps, entre le deuxième et le cinquième jour de la pleine lune. Des milliards de petits oeufs sont expulsés en même temps, comme s'ils s'étaient donnés le signal ! et oui encore un mystère de la nature.
Mais cette libération en masse n'est pas le fruit du hasard. Cette abondance permet d'augmenter la probalité de fécondation mais aussi d'échapper aux prédateurs aux aguets. Imaginez-les se goinfrer de ce délicieux repas, mais très vite ils seront rassasiés et laisseront s'échapper le reste de ce met de choix. Les oeufs pourront remonter à la surface puis libérer leurs ovules ou leurs spermatozïdes. Si la fécondation réussit une larve sera crée ( = Planula ) se laissant errer dans les flots marins en tant que plancton. Passé quelques jours, le Planula se laissera couler en espérant y trouver un support d'accroche adapté. Ensuite c'est la métamorphose, le Planula se transforme en polype. Celui-ci bien fragile va commencer à se construire une base calcaire qu'il agrandira sans cesse au fil du temps mais n'occupera que la partie supérieure.
Le polype solitaire se reproduit cette fois d'une manière asexuée, il se décompose par bourgeonnement ou bien par division axiale. Ces différentes reproductions asexuées sont à l'origine des différentes espèces.
Morphologie d'un Scleractiniaire
L'ouverture que l'on trouve au centre du polype est à la fois la bouche et l'anus. L'intérieur est la cavité gastrique qui elle-même est divisée par les Septes. Les tissus sur ces Septes s'appellent Mésentaire ( qui s'occupe de la digestion) et tout proche se trouvent les glandes sexuelles ( Gonades ).
Si l'on coupe une tentacule du polype on y trouvera une couche appelée Ectoderme ( extérieur) ou se situent les Cnidocils qui sécrètent une couche de mucus qui fait office de moyens de transport lors de la capture de nourriture mais aussi de détecteur de proies.
Toujours dans l'Ectoderme on trouve les Cnidocytes ( c'est la partie urticante du polype qui permet de foudroyer ces proies ). Quand un organisme vivant touche un Cnidocil, l'opercule s'ouvre et libère un long filament empoisonnée en quelques millièmes de seconde ( Voir schéma ci-dessous )
Cet ensemble est relié à la Mésoglée qui est le système nerveux central puis vient le Gastroderme ( Gastro = estomac ) et c'est dans cette partie que l'on trouve ces fameuses algues symbiotiques ( les Zooxanthelles ) ( Chapitre que l'on verra un peu plus bas )
Le polype qui est la partie molle du corail varie du millimètre à quelques centimètres. Il édifie sa forteresse par le biais de l'Ectoderme. Le petit orifice où sort le polype est appelé Calice qui est lui-même renforcé par des Septes.
Nous avons vu que le corail pour se nourrir possèdent de redoutables armes: les Cnidocystes. Mais celui-ci utilise un autre moyen encore bien plus ingénieux pour se nourrir: les Zooxanthelles !
Qu'est-ce que les Zooxanthelles ? Il s'agit d'algues ( Dinoflagellés du genre Symbiodinium ) qui vivent en symbiosent avec le corail. Ces algues se trouvent dans le Gastroderme du corail. En échange de cette protection, les Zooxanthelles produisent des matières azotées ( grâce à la lumière solaire ) ; substances nutritives pour le corail.
Bien sûr cette cohabitation n'est pas sans inconvénient. Il faut en effet que le biotope soit compatible avec les deux, en particulier pour les Zooxanthelles qui réclament beaucoup de lumière, donc le corail doit se situer à faible profondeur.
Ces algues symbiotiques sont très importantes dans la vie du corail, en plus d'avoir un rôle nutritif, elles permettent la calcification du corail. En effet lors de la respiration du polype, celui-ci rejette du CO2 ( Gaz carbonique ) qui est en partie utilisé par les Zooxanthelles.
Ce prélèvement de CO2 permet la précipitation du Carbonate de calcium ( = calcaire ) permettant l'élaboration de la structure calcaire du corail.
Les algues symbiotiques éliminent une partie des phosphates du corail ( les phosphates ralentissent le développement du corail )

J'espère vous avoir un peu éclairé sur la morphologie du corail et surtout de rappeller qu'il s'agit avant tout d'un être vivant qui réclame toute notre attention.

1 commentaire:

vonvon a dit…

article très intéressant, et pour ceux qui veulent affiner leurs recherches : http://vieoceane.free.fr/paf/ficheb32.html