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Les Favidés

Rubrique: animaux
Auteur:
Systemc
Niveau: tous


La famille des Favidés qui appartient aux scléractiniaires comprend 24 genres dont les plus populaires sont les Favia, Montastrea, Favites, Goniastrea et Caulastrea.
C'est avec la famille des Acroporidés, celle qui comporte le plus de représentants et qui connait la plus vaste répartition géographique. Les Favidés sont répandus tout autour du globe, dans la ceinture intertropicale, de l'Indo-pacifique à l'Atlantique.
Les Favidés sont souvent dominantes dans les zones ou les Acropora ne peuvent plus se maintenir durablement en raison d'un hydrodynamisme trop violent ou d'une trop grande turbidité. Les colonies massives, aplaties ou hémisphériques sont disposés pour résister aux courants violents que l'on rencontre sur certaines zones du récif.
D'après certaines études, les Favidés sont parmi les coraux les plus productifs en frai lors des périodes de reproduction sur le Grande Barrière.
En aquarium, ce sont souvent des Favidés massifs en forme de boule ou de dômes que nous maintenons. Tous abritent des zooxanthelles et sont coloniaux.
Dans le milieu naturel, les Favidés sont présents dans des milieux divers , sur la pente externe du récif, dans les zones très exposées et également dans des zones épirécifales. Plus rarement, on peut trouver certaines espèces dans des eaux plus profondes. Dans l'ensemble les Favidés sont des espèces résistantes. La croissance est lente, quelques centimètres par an selon les espèces.
La majorité de ces espèces affectionnent particulièrement les zones abondamment brassées et éclairées, c'est dans ces conditions qu'ils s'épanouissent le mieux.

Favia/ Montastrea
Ces deux genres sont assez semblables et difficile à différencier. La seule spécificité connue concerne leur mode de reproduction végétatif. Les Favia poussent en divisant leurs polypes en deux ou trois polypes filles, mode de reproduction fréquent chez de nombreux coraux et appelé division intratentaculaire. Chez les Montastrea, c'est un petit polype sœur qui va pousser à coté d'un autre sans division de polypes.
Les Favia et Montastrea se rencontrent dans l'océan Indo-Pacifique mais aussi dans l'Atlantique tropical. En fonction du brassage et de l'insolation, la forme des colonies peut être massive ou plate.
En de dessous de 20 mètres de profondeurs, ils adoptent des formes en plateau.
En aquarium, les colonies massives sont placés de préférence dans les zones bien éclairés et agitées.

Favia sp
Montastrea sp
Favites/ Goniastrea
Les Favites arborent des polypes à l'aspect encaissé, forme caractéristique en nid d'abeille, c'est ce qui permet de les différencier des Favias.
Les Goniastrea arborent souvent les mêmes formes et colorations que les Favites. On peut différencier les Goniastrea grâce à la présence de lobes paliformes qui sont des excroissances calcaires en forme de petits murs autour de la columelle(centre du polype), visibles lorsque le polype est rétracté.
Leurs besoins en terme de placement sont semblables aux genres Favia/ Montastrea, les colonies massives aux couleurs vertes et fluorescentes affectionnent un éclairage puissant et un brassage vigoureux, les besoins environnementaux étant comparable à ceux des Acropora. Les formes plus plates et encroutantes aux couleurs beiges ou jaunes peuvent etre moins brassées et éclairées.
Les Goniastrea peuvent héberger des hôtes qui vivent entre les corallites des polypes comme des vers tubicoles, crabes symbiotiques ou des cirripèdes.

Goniastrea sp Favites sp
Favites sp

Platygyra

Ce genre est aussi appelé corail cerveau. Comme tout les représentants de la famille des Favidés évoqués précédemment, sa maintenance est facile si l'on prend soin de respecter le placement du corail en fonction de sa forme et de sa couleur.

Les Platygyra peuvent produire de petits polypes fils nommés satellites. Une boule composée de quelques polypes se forme à la surface du corail mère et se détache quelque fois pour atterrir sur le substrat pour donner naissance à un nouvel individu.

Platygyra


Caulastrea
C'est un corail facile à maintenir et très approprié pour les débutants. On le différencie facilement des autres membres de la famille des Favidés, les Caulastreas présentent des colonies phaceloides, chaque polype possédant ses propres corallites. Les tetes des polypes sont bien distinctes.
Les Caulastrea se bouturent facilement par fragmentation à la base d'une tete et celle-ci va ensuite se diviser en deux ou trois polypes. Le brassage doit etre modéré et l'éclairage bien dimensionné.

Caulastrea

Le peuplement d’un bac de moins de 200 litres : un numéro d’équilibriste (3/3)

Rubrique : Vivant
Auteur:Kactusficus
Niveau : Tous

Dernière partie: Le tableau récapitulatif des compatibilités espèces/volume

Nous vous proposons ce mois-ci la conclusion du dossier sur le peuplement, sous forme d'un tableau récapitulatif, détaillant les principales familles de poisson, mentionnées dans le dossier, et leur adequation avec un certain volume d'aquarium.

Les données afférentes à chaque espèce s'entendent pour un specimen par bac, et doivent être fortement revues à la hausse en cas d'introduction de plusieurs specimen, selon les informations que l'on pourra reccueillir sur la territorialité de l'espèce en question.
Evidemment, les données sont aussi à moduler selon le nombre de poissons cohabitant dejà dans l'aquarium.

Ce tableau ne pretend pas detenir la vérité absolue, mais est un petit outil permettant de mieux choisir. Chaque achat de poisson sera bien sûr à moduler en fonction de la population existante dans le bac, les dimensions de la cuve, les caractéritiques du décor... Tant de paramètres entrent en compte, qui ne s'ecrivent pas sur un tableau théorique!

Bon choix et longue vie à vos poissons!


Famille Genre Taille approx Compatibilité volume mini.
Apogonidae Apogon (leptacanthus)6 / 7cm 80 litres

Pterapogon 8 cm 80 litres

Sphaeramia 8 cm 80 litres




Blenniidae Ecsenius 4 à 12 cm 60 à 100l, selon taille

Salarias 13 cm au dessus de 250l




Cirrhitidae Cirrhitichthys 6 à 11 cm 150 litres

Neocirrhites 10 cm 200 litres

Oxycirrhites 12 cm 200 litres




Gobiidae Amblyeleotris 6 à 8 cm 50 litres

Amblygobius 7 à 8 cm 50 litres

Cnetogobiops 5 à 6 cm 40 litres

Cryptocentrus 8 à 12 cm 50 à 100l selon espèce

Eviota 2 cm 30 litres

Gobiodon 3 à 6 cm selon esp 30 litres

Gobiosoma 4 à 5 cm maxi 30 litres

Nemateleotris 6 à 7 cm 80 litres

Ptereleotris 12 à 16 cm 130 litres

Signigobius 7 cm 50 litres

Stonogobiops 5 cm environ 30 litres

Valencienna entre 8 et 18 cm 100 à 200l, selon taille




Grammatidae Gramma 8 à 10 cm 150 litres




Labridae Cirrhilabrus 8 à 12 cm 200 litres

Macropharyngodon 9 à 15 cm 200 à 300 l selon taille

Pseudocheilinus 7 à 12 cm 200 à 250 l selon taille

Wetmorella 5 à 8 cm 130 litres
Plesiopidae Assesor 4 à 6 cm 40 litres




Pomacanthidae Centropyge 5 à 12 cm 150 à 200 litres




Pomacentridae Amphiprion 6 à 15 cm 100 / 200l selon espèce

Chromis 5 à 17 cm 150 / 300l selon espèce

Chrysiptera 6 à 9 cm 130 litres

Dascyllus
300 litres

Pomacentrus 5 à 9 cm 130 litres




Pseudochromidae Pseudochromis entre 5 et 7 cm 80 litres

Liopropoma environ 5 à 6 cm 80 litres




Callionymidae Synchiropus 5 à 10 cm 300l ou sys. spécifique



Note: les volumes indiqués referent au volume brut de bac, selon ses mesures, et non en volume d’eau net, car ces repères seront plus faciles à mémoriser.

Histoires de Zoanthus

Rubrique : Vivant
Auteur : Géka
Niveau : Tous

Qui ne s’est jamais émerveillé devant une magnifique colonie de Zoanthus, exposée dans un bac de vente ou d’exposition ?

Les petites anémones coloniales, grâce à leur facilité de maintenance, leurs différences de formes et leurs couleurs magnifiques, sont des habitants « clé » de nos nano-récifs, que l’on soit novice ou très expérimenté. Certains vont même jusqu’à concevoir des bacs peuplés exclusivement de Zoanthus spp., mélangeant leurs différentes couleurs. Cependant, malgré une facilité certaine, nos très chers Zoanthus sont compliqués à comprendre. Ils changent de couleurs sans que l’on sache réellement pourquoi, au plus grand désarroi du récifaliste qui aurait aimé conserver ses Zoanthus tels qu’il les avaient observés chez son poissonnier. Nous essayerons ici de d'expliquer pourquoi nos chers amis changent de couleur et nous expliquerons comment réagir afin de leur faire retrouver une couleur éclatante…
Facilité de maintenance
En effet, les Zoanthus spp. sont des habitants de choix pour les débutants. En milieu naturel, la plupart des colonies de Zoanthus vivent dans les milieux turbides, c'est-à-dire dans les milieux où il y a une forte concentration en nutriments. Il arrive fréquemment qu’à marée basse, les immenses colonies soient frappées de plein fouet par l’écume. C’est pourquoi, dans un bac de novices, dépourvu d’écumeur, les Zoanthus prospèreront et coloniseront rapidement le substrat, à condition toutefois que l’éclairage y soit adéquat…
Importance de l’éclairage
Bien que les Zoanthus soient assimilés le plus souvent à des coraux mous, ayant peut être un besoin moindre en luminosité, il n’en n’est pas de même pour les Zoanthus, qui ont des besoins précis en matière de brassage (nous le verrons plus tard) ainsi qu’une qualité d'éclairage optimale.
A l’heure actuelle, je privilégie les T5 ou les fluo-compacts (avec un ratio blanc bleu de l’ordre de 50/50) pour maintenir Zoanthus car, à mon sens, et à contrario des USA, nos ampoules HQI n’ont pas un spectre réellement adapté. Si nos HQI ne sont pas associés à de nombreux T5 bleus, nos Zoanthus vont progressivement changer de couleur et devenir marrons. C’est donc pour pallier à ce changement que j’ai décidé de faire quelques tests depuis le début de mon bac en décembre 2006, qui m’ont permis de comprendre un peu mieux mes habitants…
La théorie : basée sur l’observation
Depuis que mon bac tourne, un phénomène m’a frappé et je pense que certains d’entre vous l’ont déjà observé. J’ai divisée en deux une colonie de Zoanthus que j'ai placées à deux endroits différents dans mon bac. Les colonies se sont développées mais j’ai remarqué que les deux colonies filles évoluaient et n’avaient pas la même couleur.
Je me suis donc posé la question : Qu’est ce qui avait pu influer dans ce changement de couleur? Ce ne pouvait pas être les paramètres et la composition de l’eau car elles se trouvent toutes les deux dans le même bac. J’ai donc supposé que cela devait venir de la différence d’emplacement. Une d’elle se trouve dans le bas du bac avec un faible brassage et l’autre se trouve deux centimètres plus haut que la première mais avec un brassage plus important.
Par cette observation j’ai constaté que le brassage pouvait jouer sur la couleur de nos protégés.

J’ai donc essayé avec une autre colonie de Zoanthus et j’ai constaté que celle –ci avait d’autres besoins. En effet elle perdait sa couleur rose « flashy » avec un brassage plus fort et un éclairage plus puissant, je l’ai donc baissée de 5cm, profitant également d’une baisse de brassage (protégée par une autre pierre).
J’ai observé cela en l’espace de quelques mois, et désormais je peux affirmer que chaque Zoanthus sp. a des besoins propres en matière d’éclairage et de brassage afin de nous émerveiller de leurs plus belles couleurs.
La pratique :
Assez facile à mettre en place, vous avez deux possibilités :
  1. Vous disposez votre bouture à un endroit de votre bac en prenant en compte les niveaux de brassage et d’éclairage :
    • Fort brassage Faible éclairage
    • Fort brassage Fort éclairage
    • Faible brassage Faible éclairage
    • Faible brassage Fort éclairage

    • Si au bout d’un mois, vous constatez un changement apparent, par exemple une augmentation de la couleur, c’est que vous avez trouvé le bon emplacement mais si en revanche la couleur s’estompe, changez de place votre bouture à un endroit ou l’un des paramètres change.
      Ici, la bouture a été déplacée d’un brassage fort à un brassage modéré, le bleu est plus prononcé.

  2. Je place quatre boutures (un ou deux polypes suffisent) d’une même colonie à quatre endroits différents (paramètres éclairage / brassage différents) que je fixe sur les vitres avec des ventouses.

    Je les laisse vivre leur vie pendant quelques temps et observe les changements. Lorsque j’ai pu juger du meilleur emplacement pour cette variété de Zoanthus, je place la colonie mère à un endroit où les paramètres sont les mêmes que l’endroit où la bouture « cobaye » a donné sa plus belle couleur.
Intéressons nous ici à la bouture du milieu, une autre photo de la même bouture à un endroit différent.
Le bleu est plus profond sur la deuxième, le centre qui allait légèrement sur le marron sur la première a laissé place au bleu sur la deuxième…Verdict : Cette variété de Zoanthus a besoin de plus de lumière et d’un brassage moyen.

Un autre changement de couleur entre ces deux colonies issues de la même colonie mère.
Sur la photo de gauche (fort brassage, éclairage moyen), la bouche est rose avec un cercle marron puis un panache rosâtre alors que sur la photo de droite (fort brassage, fort éclairage) le cercle marron à laissé sa place au rose vif.

Donc le but de cette technique est de pouvoir à plus ou moins long terme, déterminer et de référencer les besoins spécifiques de chaque Zoanthus sp. afin que chacun de nous puisse un jour contempler un magnifique Zoanthus Paradize.

Le peuplement d’un bac de moins de 200 litres : un numéro d’équilibriste (2/3)

Rubrique : Vivant
Auteur:Kactusficus

Niveau : Tous

Seconde partie: Petit panorama des possibilités selon le litrage :

Note: les volumes indiqués referent au volume brut de bac, selon ses mesures, et non en volume d’eau net, car ces repères seront plus faciles à mémoriser.

En dessous de 30 litres, la maintenance d’un poisson est fortement déconseillée. Peuplez votre bac d’une ou deux crevettes, de quelques escargots et Bernard l’Hermite, éventuellement d’un crabe Mithrax ou d’un ou deux Lybia Tesselata… Tout aussi passionnants !

En dessous d’une soixantaine de litres, le peuplement en poisson est une question qui divise les aquariophiles. Les plus intransigeants d’entre nous diront « pas de poissons sous 60 litres ». Mais nous sommes humains, et nous savons tous comme il est difficile de résister à la tentation. D’après les centaines de points de vues et expériences que l’on peut lire sur internet ou entendre lors de conversations, il semblerait que la maintenance d’un petit Gobie sp. (voire d’un couple) et selon les espèces, de sa crevette Alpheus sp. symbiotique, soit tout à fait concevable, et ne nuise pas au bien être des animaux.

Les gobies:
* Genre Amblyeleotris sp. d‘environ 6 à 8 cm (Randalli, Periophthalma, Fasciata, Guttata, Aurora…) tous à associer avec une crevette alpheus (crevette pistolet)

* Genre Cnenogobiops sp. (Feroculus, Crocineus, Tangaroai… dans les 5/6 cm) idem que précédents

* Genre Amblygobius sp. (Hectori, Rainfordi, Nocturnus, et tous ceux dont la taille 5 à 8 cm adulte)… Mais pas le Phalaena, ni le Sphynx, beaucoup plus grands à l’âge adulte (plus de15 cm). Les amblygobius ne sont pas commensaux des alpheus, car ils ne vivent pas en terrier. Certains, comme le Rainfordi, sont réputés très délicats et difficiles à acclimater à la nourriture de substitution. Si le gobie ne mange pas de la nourriture donnée par le soigneur, et qu'il doive compter sur un faible volume pour trouver son comptant de micro et macro-faune, alors ses chances de survie seront faibles. Ne prendre que des individus acclimatés à la nourriture de substitution est un minimum requis, dont il faut s'assurer avant l'achat.

* Genre Stonogobiops sp. (Nematodes, Dracula, Yasha, Xanthorhinica…). De petite taille (environ 5 cm), il est permis, voire recommandé, d’avoir un couple de poisson avec une crevette Alpheus. Très timides, vous gagnerez beaucoup à les prendre en couple, ce qui les encourage à sortir.



* les Cryptocentrus Cinctus ou Leptocephalus (8 cm), à maintenir avec une crevette alpheus. Les autres Cryptocentrus (Cyanotaenia, Fasciatus), plus grandes, seront à réserver à partir de 80/100 litres.

* les gobies du genre Eviota sp., et du genre Trimma sp. portant parfaitement leur nom de Gobies Pygmées, avec leur taille moyenne de 2cm, sont assez rares. Sans souci en petit volume, en raison de leur taille minuscule, bien sûr, voir même déconseillés aux gros volumes, sous peine de ne jamais les apercevoir ! Ils semblent avoir une espérance de vie très réduite.

* idem pour tous les représentants du genre Gobiodon sp. (Okinawea, Histrio, Rivulatus, Quinquestrigatus…). Ils sont tous de taille lilliputienne (3 cm de moyenne) sauf Gobiodon Citrinus, qui atteint 6 cm. Attention cependant, pour les amoureux de coraux SPS : les Gobiodons habitent dans la nature dans ce genre de coraux, et il arrive (notamment lors du frai) qu’ils en attaquent les pieds pour faire leur nid.

* les Gobiosoma sp. (aussi appelés Elacatinus sp.), gobies évoluant en pleine eau, ne s’associent pas avec les Alpheus. Leur taille, d’environ 4 à 5 cm, est parfaite pour les petits volumes.

* On pourra aussi se tourner vers Signigobius biocellatus (7 cm environ), dont la maintenance est quasi obligatoire en couple, sans alpheus. Poisson timide. Ses exigences alimentaires délicates n’en font pas un poisson pour débutant.



Autres poissons possibles :
Une autre possibilité est d’introduire un Assessor sp. (Flavissimus le jaune, et McNeilli le bleu), extrêmements rares à trouver en Europe, ils sont petits (4 à 6 cm) et paisibles. Timides, ils vivent à proximité d’une grotte. Il semblerait que ce soit des incubateurs buccaux. Ils sont de la famille des poissons comètes, et donc, des mérous.

Les exceptions:
*Proscrire les Valenciennea Strigata et Wardii en dessous d’un volume de 200 litres, en raison de leur taille adulte (14 cm). Les Valenciennea Puellaris ou Randalli, d’une moyenne de 8 /10 cm, seront quand à elles à éviter dans un volume de moins d’une centaine de litres. Attention elles ont toutes la réputation de sauter hors du bac et de semer un peu partout le sable qu’elles déplacent avec leur gueule, il existe donc un risque qu’elles stressent les coraux, surtout en petit volume.

* Labroides Dimidiatus est à éviter en petit volume, et à mettre en compagnie de gros poissons seulement. Il prend son rôle de nettoyeur de poisson très au sérieux, et s’il rend de fiers services aux grands poissons, il fait souvent peur aux petits et les stresse en les harcelant.

* A noter que le gobie Lythrypnus dalli, ou Gobie de Catalina, n’est absolument pas conseillé en récifal. Malgré sa petite taille et sa beauté éclatante, ne craquez pas pour cette petite merveille, qui, vivant en eau tempérée, ne supporte pas les températures de plus de 22 degrés, et mourra rapidement en milieu récifal classique (où nos températures sont plus élevées). A moins de ne créer un micro-récif spécialement tourné autour de ce petit poisson ?



A partir de 80/100 litres, de nouvelles familles peuvent venir peupler le bac, à condition de rester très raisonnable sur le nombre de pensionnaires.

Quelques possibilités:
- De nombreuses personnes font l’expérience du bac spécifique dédié au trio vedette de l’aquariophilie marine : couple d’Amphiprion sp. et leur anémone-hôte. A condition qu’ils soient les seuls poissons du bac, s’il y a introduction de l’anémone, pour éviter la prédation de l’anémone sur d’autres poissons qui se feraient très certainement attraper par les tentacules, si le volume du bac est modeste. Une anémone atteint couramment un diamètre de 50 centimètres, aussi il convient de rester prudent sur les animaux introduits en sa compagnie (et attention aux pompes de brassage !). Les espèces d’Amphiprion seront à votre convenance, sans restriction (sauf peut être eviter le Premnas de près de 18cm une fois adulte), puisque seuls, et en compagnie d’une anémone, ils ont un comportement très « casanier », et ne sortent que peu de leur hôte. Il n’en est pas de même si vous souhaitez introduire un couple dans un bac sans anémone, car les clowns auraient alors un comportement beaucoup plus « aventureux », surtout s’ils ne trouvent pas d’hôte de substitution à leur goût. Il faudra alors se canonner aux espèces de taille modeste, et au comportement pacifique : Ocellaris, Percula, Peridaion.




- Dans un bac d’une centaine de litres, quelques petits poissons peuvent cohabiter en harmonie, si vous choisissez une option récifale classique. On peut aller vers :
* les Apogon sp. (Pterapogon Kauderni, Sphaeramia Nematoptera – l’ « apogon pyjama », Apogon Leptacanthus…), dont la taille varie entre 5 et 7 cm, est dont le comportement très paisible, voire statique, en fait un poisson idéal pour les volumes modestes.

* les Pseudochromis sp. : diadema (jaune dos magenta), fridmani (violet), porphyreus (magenta), paccagnellae (mi jaune mi magenta), fuscus (beige), springeri (bleu et noir), de taille comprises entre 5 et 7 cm, sont des espèces paisibles, sauf les paccagnellae et diadema appelé communément Vanille-fraise, qui peuvent se montrer assez teigneux envers les nouveaux arrivants.

* les Nemateleotris, decora, magnifica ou helfrichi (très rare), petit poisson fléchette de 6 à 7 cm, paisible avec les autres espèces, agressif intra communautairement (n’en maintenir qu’un ou un couple etabli, dans le cas d’un volume réduit, car il y a risque de les voir se battre). Attention poisson sauteur…

* les petites Blennies du genre Ecsenius sont un excellent choix pour le micro-récif, à partir d’une centaine de litres. Elles peuvent être très petites, comme la Bimaculatus (4 à 5 cm), ou la Gravieri (5 cm) ou relativement grandes, d’une douzaine de centimètres, comme la Midas et la Bicolor. Ce sont des poissons calmes et sympathiques, qui aiment à trouver un trou de roche d’où ils pourront observer l’ensemble du bac. La Midas se différencie par un comportement beaucoup plus sociable, puisqu’elle aime nager en compagnie de poissons ayant un peu les mêmes teintes qu’elle (dans la nature, avec des Anthias), et se comporte quasiment comme un poisson de pleine eau.



* les Pseudochromidés du genre des Liopropoma sont enfin un autre bon choix, mais ils sont rares à trouver, et donc chers. Dans la littérature, ils sont souvent préconisés pour de plus grands bacs, mais la pratique montre que dans les aquariums assez vastes, on a très peu de chance d’apercevoir ce poisson très timide. Centrer un bac d’une centaine de litre autour de la maintenance d’un couple de ces ravissants poissons peut donc être une idée à retenir. C’est un poisson casanier, qui nage peu, et aime à rester devant une grotte. Il ne souffrira donc pas de l’espace réduit. Liopropoma Carmabi et Swalesi (autour de 5 cm), et Rubre, communement appelé Garde Suisse, un peu plus facile à trouver (6 cm). Attention, il semblerait que certains individus soient friands de crevettes…



On passe à 130/150 litres, et le choix commence à être vaste ! De nouvelles familles sont envisageables, en plus des précédentes. Mais toujours avec modération, bien sûr… Un seul poisson dépassant les 10 cm adulte est recommandé dans ce genre de volume.

* les Faucons, famille Cirrhitidae. Ces poissons sont très intéressants à observer, sympathiques, intelligents, ils reconnaissent très vite leur « maître ». Posé dans un corail ou sur une roche, ils observent les alentours avec attention, et sont très curieux. Leur gros défaut est de se nourrir, dans la nature, de crevettes, goût qu’il garde en captivité. Cela en fait des hôtes peu compatibles avec nos micro-récifs, puisque quasiment tous les micro et nano récifalistes ont la passion des crevettes. Cependant, Il existe des variantes assez importantes dans cette famille, et certaines espèces peuvent être maintenues en cohabitation de grosses crevettes adultes (Stenopus, Lysmata).

Cirrhitichthys falco, 7 cm, est par exemple plutôt compatible, car avec sa petite taille, il y a peu de chance qu’il s’attaque à une Lysmata de 5 cm. N’essayez cependant pas la cohabitation avec des crevettes juvéniles, ou encore des Thors ou des Periclimenes, surtout si celles-ci n’ont pas d’anémone-hôte !
Témoignages mitigés avec l’Oxycirrhites Typus, qui, avec son « bec » long et effilé, devra se contenter de regarder les grosses crevettes, mais qui d’un autre côté peut se révéler agressif. Idem avec Neocirrhites armatus, les témoignages divergent.
Par contre, Cirrhitichthys aprinus, sera quand à lui à éviter résolument, car il peut attraper une crevette adulte, et est particulièrement agressif.




* Certaines demoiselles. En l’occurrence, celles qui sont à maintenir seules ou en couple, et non en groupe. Il existe cinq grands genres, au sein de cette famille (hors Amphiprion, qui sont aux aussi de la famille des Pomacentridae) : le Abudefduf, les Chromis, les Chrysiptera, les Dascyllus et les Pomacentrus. Les Abudefduf sont trop grandes pour le micro récif (15 cm minimum). Les Chromis sont à maintenir en banc, ainsi que les Dascyllus, et sont donc peu adéquates à un volume réduit. Reste les deux autres, qui s’accommoderont d’une maintenance en solitaire ou en couple.
Les Chrysiptera, peu délicates, faciles à nourrir et à maintenir, sont souvent un choix de référence pour les débutants. Attention, leur agressivité n’est souvent pas légendaire, et est accrue par le manque d’espace. Leur taille varie entre 6 et 9 cm. Les plus répandues sont C. Cyanea, C. Taupou (plus pacifique), C. Springeri (à maintenir en couple) et C. Parasema (la plus agressive de ce genre, déconseillée). Chrysiptera Rollandi est au contraire particulièrement pacifique.
Certaines Pomacentrus, comme P. Moluccensis, d’un beau jaune, P. Amboinensis, aux reflets multiples, ou P. Aleni, bleu métallique, se maintiennent en solitaire. P. Similis, elle, est à garder en couple.

* les Ptereleotris sp., ou poisson fléchette. A maintenir seul ou en couple, car si, jeunes, ils sont en groupe, ils deviennent solitaires une fois adultes. Ce sont des poissons de pleine eau, actifs et moins timides que leurs cousins Nemateleotris. Taille adulte : Ptereleotris Evides 12 cm, P. Zebra 10 cm. A maintenir dans un bac proposant une bonne couche de sable et de nombreuses possibilités de cachette. Attention poisson très sauteur…




* les Gramma sp. (Loreto, moitié magenta et moitié jaune, Melacara, entièrement violet à « capuche » noire, et Brasiliensis, ressemblant au Loreto de très près), sont des poissons assez territoriaux, mais plus menaçants que réellement dangereux. Taille de 8 à 10 cm adulte. Ouvre une gueule démesurée pour faire fuir les autres poissons. A recommander seulement à partir de 150 litres, car du fait de leur territorialité, les autres poissons ne se sentiraient pas à l’aise s’ils subissaient cette intimidation permanente, en cas d’espace trop réduit.



A partir de 200 litres, le choix selon la taille des poissons ne change pas tellement. On gardera une population de petits poissons, de taille maxi adulte de 12 cm environ. Les grosses nouveautés, dans ce groupe de peuplement, viennent d’autres facteurs que la taille des spécimens. A partir de 200 litres, on pourra tenter le petit banc de demoiselles, et la maintenance de petits nageurs de pleine eau, car l’espace, s’il est correctement aménagé, le permet.

* Comme nous le disions, d’autres membres de la famille des Demoiselles deviennent accessibles. Il s’agit de celles qui s’introduisent en groupe, sachant qu’un groupe n’est maintenable qu’à partir d’un certain litrage, bien sûr ! On considère qu’un groupe de 5 individus est un bon départ. A ce nombre, on comprendra qu’il est délicat après de trouver de la place pour d’autres espèces, dans un volume réduit… Il faudra donc bien réfléchir, car les limites de densité de population seront vite atteintes. L’introduction d’un nombre plus réduit d’individus peut provoquer une crise de dominance chez les demoiselles, elles risquent alors de se battre jusqu’à la mort de plusieurs d’entre elles, à fortiori si le nombre de cachettes disponible est réduit. Un décor bien aéré avec plusieurs grottes, ou de grandes pièces de coraux branchues sauveront, dans la majorité des cas, la situation. Le groupe est à introduire dans le bac en même temps, et plutôt en dernier, ces poissons ayant parfois du mal à tolérer de nouveaux venus.

Quelles sont ces demoiselles grégaires ? Les Chromis dont la taille varie amplement: 5 cm pour les Chromis Retrofasciata, 7/ 8 cm pour Chromis Cyanea et C. Viridis, jusqu’à 10 cm (C. Caerulea et C. Iomelas), voire 17 cm (C. Analis) ! Il est donc très important de savoir différencier les espèces, et ne pas prendre n’importe qui !
Les Dascyllus, qui ont l’air mignonnes, comme ça, mais ne le sont pas souvent, en réalité. Agressives envers leur espèce, envers les autres poissons, envers la main qui les nourrit… Un choix à méditer, d’autant plus qu’elles ont besoin d’espace. Selon toute vraisemblance, un groupe de ces demoiselles semble peu compatible avec un système de moins de 300 litres.
Enfin certaines Pomacentrus, comme P. Coelistis, sont elles aussi de mœurs grégaires.




* Les petits Labres. Nageur émérite, Pseudocheilus Hexateania se plaira, à partir de 200 litres, dans un bac leur réservant un maximum de parcours de ballade. Plus timide et moins sportif, Macropharyngodon Bipartitus, d’une petite dizaine de centimètre, est un hôte magnifique, il peut donc être maintenu en volume modeste. Attention à son goût potentiel pour les petites crevettes. Il se nourrit, en outre, beaucoup sur la micro-faune disponible du bac, et picore inlassablement sur les roches du bac. Prévoir un refuge annexe pour cultiver les copépodes et amphipodes. Idem pour son cousin Macropharyngodon Meleagris. Ils consommeront tout de même avec entrain la nourriture de substitution, s’ils ont été bien acclimatés par votre revendeur.

Rare et cher, et tout à fait compatible en micro recif à partir de 150 litres, Wetmorella triocellata ou W. albofasciata, d’une taille de 5cm, ainsi que le Wetmorella Nigropinnata, le cousin d’environ 7 cm, sont des poissons timides mais très sympathiques.

D’autres petits labres comme Cirrhilabrus Rubripinnis (moins de 9 cm), sont parfait en un tel volume, si l’on désire maintenir un couple, voire un trio. Il est à noter que la plupart des représentants du genre Cirrhilabrus sont rares dans le commerce, donc onéreux, et assez difficiles à acclimater. A réserver plutôt aux récifalistes chevronnés. Après la période d’acclimatation, ce sont cependant des poissons assez solides, sociables et tout à fait magnifiques. Attention les labres peuvent sauter hors du bac.

* les Centropyges, sont tout à fait acceptables dans 200 litres, du moment qu’ils disposent de nombreuses cachettes et de grands espaces de nage, sans pour autant que ce soient des poissons d’eau libre. En fait, ils adorent virevolter entre les pierres. Ils seront à maintenir en solitaire, malgré le fait que certains d’entre eux vivent en groupe dans la nature. Les plus petits, entre 6 et 7 cm, sont l’Argi, l’Acanthops, le Resplendens (rare), puis, un peu plus grand, environ 10 cm, il y a C. Aurantonotus, et C.Heraldi parmi les plus connus. Egalement adéquat, si vous le trouvez, C. Aurantia, rare.

C. Eibli, quand à lui, est un peu plus grand (13 cm environ), et semble de plus avoir, selon divers témoignages, un sérieux penchant pour la dégustation de polypes. C. Flavissima est aussi grand, mais semble plutôt friand d’algues filamenteuses.
Même si le risque de grignotage des coraux est toujours un risque chez les individus de la sous-famille des Centropyge, certains sont réputés particulièrement gourmands en polypes, comme C. Bispinosus, C. Bicolor, C. Potteri, et le pourtant « best seller » Loriculus… Cependant, il se peut que votre Centropyge n’ait jamais l’envie d’y toucher, les « personnalités » diffèrent entre specimen. Une introduction à réfléchir, si vous êtes du genre « acro aux acroporas »...

Les cas particuliers
Poisson de petite taille ne veut pas forcément dire poisson adéquat au micro-récif.

Par exemple :
* Les petits Serrans, comme Serranus Tortugarum (7 cm) ou Serranus baldwini (12 cm) ne sont pas recommandés en micro recifal, du fait de leur goût pour les crevettes, voire même les petits poissons…

* Les Salarias Fasciatus, au régime ultra spécialisé, ne survivront généralement pas en petit volume, ayant un gros besoin en algues filamenteuses, et refusant assez souvent la nourriture de substitution.




* Les Synchiropus (Spendidus, Ocellatus, Picturatus), communément appelés Mandarins, ont, de même, un régime très spécifique, composé quasi uniquement de petits animalcules benthiques, copépodes, amphipodes… La grande majorité des spécimens refusent la nourriture de substitution, et même s’ils acceptent, il est dit que leur organisme ne profite pas de la même façon d’une nourriture de substitution, et que les animaux finissent de toute façon par mourir, carencés. Il est donc considéré que le minimum requis pour la maintenance de cette espèce est un bac de 300 litres très mûr, et donc offrant de la micro faune à profusion. Cependant, des expériences réussies de maintenance en micro-récif sont avérées, si le poisson acheté a été sélectionné avec soin (mangeant obligatoirement de la nourriture de substitution), et si le bac profite de certains aménagements : refuge annexe, culture de caulerpe servant à la prolifération de la micro faune, ajout de copépodes vivants achetés dans le commerce.

Enfin, chaque bac est unique, et sa population le sera aussi. Nous recommandons de bien réfléchir, en amont, à celle-ci, de ne pas se décider sur tel ou tel animal avant de s’être documenté sur lui, ses besoins et son comportement, et de toujours bien articuler chaque ajout avec la population en place. Chaque animal acheté est un être vivant qui a été prélevé dans la nature, ou le fruit d’un élevage qui « fabrique » des poissons pour que nous puissions les contempler dans nos bacs. Le respecter et faire en sorte qu’il vive le plus longtemps possible dans des conditions optimales est le minimum que l’on puisse faire en contrepartie.



Rendez vous le mois prochain, avec la fin de l'article, sous forme d'un tableau récapitulatif des espèces, leurs caracteristiques et le litrage conseillé.

Les Associations hétérospécifiques dans nos aquariums

Rubrique : Vivant
Auteur : JLC
Niveau : Tous

L’incroyable biodiversité des zones récifales a multiplié les interactions et les évolutions des animaux le peuplant. Dans ces circonstances exceptionnelles, en parallèle des composantes classiques du réseau trophique, liant les producteurs, consommateurs et décomposeurs dans des relations prédateurs-proies ou de concurrences, ce sont aussi développées des liens de coopérations durables entre espèces ou associations hétérospécifiques. Ces liens se nouent à des niveaux physiologiques ou comportementaux, vont de relations temporaires, ou facultatives, à des coopérations indispensables à la survie d'une espèce, les avantages peuvent être réciproques entre partenaires ou n'être profitables que pour un seul. Voici un petit topo sur ces comportements fascinants.

Généralités
Les relations symbiotiques présentent nécessairement des bénéfices pour la survie des espèces ayant développées ce comportement, principalement :
  • Les apports nutritionnels qui vont du partage, parfois involontaire, des repas à des liens physiologiques, par exemple ceux unissant des algues (producteurs autotrophes) aux coraux (animaux hétérotrophes, consommateurs primaires),
  • L'élimination des parasites et des infections (par les animaux familièrement appelés 'nettoyeurs'),
  • La protection contre la prédation.
Ces relations sont cataloguées en fonctions des divers aspects d'union entre espèces (interspécifiques).

Union indispensables et durables entre espèces
  • Les symbioses ou associations symbiotiques ont été décrites par De Bary dés1879. Le terme de symbiose est souvent utilisé pour citer toutes les associations hétérospécifiques alors qu'il signifie seulement celles où un partenaire ne peut mener une existence indépendante en dehors de la cohabitation symbiotique. Une symbiose peut être profitable qu'à une espèce, l'autre ne subit cependant pas de préjudice, il s'agirait de parasitisme dans le cas contraire. En résumé, une symbiose désigne précisément une association bénéfique et obligatoire entre deux partenaires ou symbiotes.

  • Le mutualisme est une association similaire mais précise que les deux partenaires tirent un profit réciproque (mutuel) et ne peuvent survivre que par cette union.
Relations non vitales entre espèces
  • La carpose est le terme général qui désigne les associations facultatives, non physiologiques, profitables pour une espèce partenaire.

  • Le commensalisme est une association entre deux espèces partageant une même source de nourriture (relation trophique). C'est généralement une petite espèce qui exploite avec avantage les miettes ignorées par une plus grande. Dans cet exemple cette dernière ne tire aucun intérêt dans cette association mais l'avantage peut également être commun, avec une véritable coopération.

  • La parécie est une forme de carpose où un des symbiotes bénéficie de la protection que lui apporte son hôte. Très généralement Les relations symbiotiques avec les anémones sont des parécies. L'entécie étant la forme d'hébergement interne de ce type de locataire.

  • La phorésie désigne les comportements dans lesquels une espèce est transportée par une autre. L’exemple type est celui des poissons rémoras, dans cet exemple le poisson hôte ne tire aucun bénéfice de son compagnon.

  • Le Symphorisme est une forme de phorésie ou l’hôte héberge durablement un (ou plusieurs) organisme(s) fixé(s) sur lui. Ces organismes sont alors appelés épibiontes.
Dans l'aquarium
Il ne fait aucun doute qu’observer un comportement symbiotique est captivant. Une association réussie en aquarium facilite la maintenance des symbiotes en leur offrant un environnement naturel sécurisant. Tenter de reproduire un comportement symbiotique est donc une excellente idée. Mais faut-il impérativement réunir les partenaires, est-ce indispensable ?

Les associations physiologiques, l'exemple des zooxanthellates
Dans le cas de mutualisme ou de symbiose véritable, comme celles des organismes associés aux algues zooxanthelles, oui, assurément. Il s’agit d’associations physiologiques et il est vital de réunir et d'assurer la survie des deux symbiotes. Ainsi les invertébrés que l’on nomme communément symbiotiques dans nos aquariums hébergent des algues dinoflagellés, les zooxanthelles, dans leurs tissus et cette symbiose est indispensable à leur métabolisme. L'association entre autotrophes et hétérotrophes, bien qu'invisible à nos yeux, est par ailleurs assez remarquable, elle apparait rapidement dans l'évolution des espèces, avec les métazoaires, et a permis la constitution des récifs. C'est l'origine d'un biotope excessivement riche malgré un environnement dépourvu de nutriments.

Il faut reconnaitre que cette association est aussi une chance pour l'aquariophile car une excellente source de lumière suffit pour répondre aux besoins trophiques de ces animaux en captivité. Ainsi l’éclairage joue un rôle fondamental dans la croissance, nourriture et calcification, des coraux et animaux symbiotiques des algues zooxanthelles.

L'excellence de la lumière n'est pas un facteur suffisant mais il est nécessaire aux invertébrés zooxanthellates comme Acropra spp.

Voici une liste non exhaustive d’invertébrés symbiotiques d'algues unicellulaires aptes à être conservés en aquarium. Attention, certaines espèces parmi ces familles sont dépourvues de zooxanthelles (elles sont aussi appelées non-symbiotiques ou azooxanthellates) et doivent recevoir des apports nutritionnels de phyto et zoo plancton, par exemple Tubastrea, Dendrophyllia, Dendronephthya, Acabaria, etc.
  • Scleractinaires (tous les coraux durs hermatypiques)
  • Zoanthaires (Zoanthus, …)
  • Corralimorphaires (Discosoma spp,…)
  • Actinaires (anémones)
  • Alcyonaires (Clavularia spp, gorgones, Sarcophyton spp, …)
  • Milleporinaire
  • Platheminthe (vers plats)
  • Mollusques Bivalves (Tridacna spp)
Autres comportements hétérospécifiques en aquarium
Malgré tout nos soins, l’aquarium modifie d’une manière assez radicale l’environnement naturel. La réduction de la biodiversité est dratisque, l'espace limité. Les prédateurs sont définitivement absents ou bien, au contraire, perpétuellement présents. Notez que dans cette dernière hypothèse, il peut s'agit d'une erreur dans le plan de population ou d'un défaut de maintenance, par exemple la présence involontaire d'une crevette mante (Odontodactylus scyllarus).
D'autre part le tarissement des nourritures naturelles, remplacées par les distributions d'aliments préparés, changent les habitudes alimentaires.
Dans ces circonstances les relations de carpose sont moins vitales, bien que, très probablement, leur accomplissement soit une source d’évacuation du stress, de bien-être et de longévité pour le(s) symbiote(s).

Quelques exemples :

Les nettoyeurs
Les crevettes barbier (Lysmata amboinensis, Lysmata debelius, Stenopus hispidus), les labres (Labroides dimidiatus), les gobies (Gobiasoma oceanops), etc. se nourrissent exclusivement des parasites portés par les poissons, ces derniers bénéficient en retour d'une remise en forme. En milieu naturel cela est du mutualisme. En aquarium il est exceptionnel que cela soit le cas, les parasites étant rapidement éradiqués. Aussi le comportement naturel va t-il être modifié jusqu'à faire accepter des nourritures de substitution aux 'nettoyeurs' qui perdront peu à peu ce rôle. Mais cela n’empêche pas de conserver ces animaux, toujours excessivement sociables avec les autres espèces (bonnes relations inter spécifiques) et généralement fort bien acceptés par les autres pensionnaires de l'aquarium.

Lymasta amboinensis. S'il est rare d'assister à une 'opération de nettoyage' dans un aquarium bien installé, c'est parfois le cas lors de l'introduction d'un poisson, le stress le rendant vulnérable aux parasites. C'est aussi un argument pour que ces crevettes soient introduites avant les poissons dans le projet de peuplement.

Stenopus hispidus (crevette barbier des Caraïbes), vit en couple qui assure le déparasitage de poissons de grandes tailles, totalement incompatibles avec nos micro-récifs. Il ne faut donc pas espérer observer ce comportement en aquarium.

Il est intéressant de noter que la blennie mangeuse d'écailles, Astidotus taeniatus, détourne la relation de coopération et utilise son mimétisme avec Labroides dimidiatus pour s'approcher d'un poisson mis en situation de confiance ce qui lui permet de dévorer un peu de son épiderme. Lors de l'achat de L. dimidiatus, soyez vigilant et ne vous faites pas tromper par ce tricheur à votre tour !

Anémone, une protection convoitée
Le pouvoir urticant des anémones est paradoxalement recherché par bon nombre d’espèces ; crabes porcelaines (Neopetrolisthes maculatus), pagures, gobies, crevettes (Thor amboinensis, Periclemenes brevicarpalis) et, bien entendu, poissons clowns (Amphiprion spp), ces derniers appréciant particulièrement Heteractis spp et se contenteront d'Entacmea quadricolor. Dans un aquarium dépourvu de prédateur cette relation perd son caractère vital. A l'inverse, la présence perpétuelle d’un prédateur peut forcer un animal, locataire inhabituel dans cette relation, à rechercher la protection assurée par une anémone (Stenopus hispidus par exemple).

Même en absence de prédateur un couple Amphiprion ocellaris ne s'éloigne jamais bien loin de son anémone symbiotique (ici Heteractis crispa), ce comportement perdure en aquarium.

Il faut peser avantages et inconvénients à placer une anémone dans l’aquarium, présence déconseillé au débutant car de maintenance délicate. Une anémone est aussi un animal souvent de grande taille, capable de se déplacer. Il est donc peu compatible avec les invertébrés sessiles et un petit aquarium. Aussi sans conditions très favorables pour sa maintenance, il vaut mieux s'en priver. Il est assez difficile de quantifier l'effet provoqué par le manque de cette relation pour le symbiote orphelin et il faut trouver un palliatif à son absence. Un hôte de substitution doit être proposé, comme un corail mou ou un LPS qui peut être accepté à défaut de mieux. Cependant cet hôte pourra aussi être importuné et il faut en conséquence prévoir d'en mettre en nombre et de tailles suffisantes. Les meilleurs choix sont les LPS (Euphyllia spp), les Sarcophyton spp, Sinularia spp, Pachyclavularia spp, Rhodactis spp, Ricordea spp. S'il n'est donc pas impossible de maintenir dans d'assez bonnes conditions un couple d'Amphiprion sp. ou un groupe de Thor amboinensis en absence d'anémone, l'idéal est de bâtir l'aquarium autour de cette symbiose et des besoins très spécifiques de l'anémone. CF nanoZine : Clowns et anémones

Thor amboinensis vit en toute quiétude dans un Phymantus sp.

Phymantus spp est une anémone de petite taille, robuste et facile à nourrir à condition de lui trouver un emplacement protégé d'un éclairement trop puissant. Une place dans un fond sableux à proximité d'une roche convient assez bien. Les partenaires sont de petite taille et conviennent bien aux nano-récifs. Malheureusement posséder ce type d'anémone est un coup de chance car elle est assez peu importée.

Si l'hôte de l'anémone retire un avantage évident dans l'association, l'anémone peut aussi bénéficier de débris de nourriture ramenés par son symbiote et de soins de nettoyage. Elle peut également en souffrir légèrement par le vol des proies qu'elle capture et même par une prédation partielle - Des crevettes Periclemenes brevicarpalis ont été surprises en flagrant délit de consommation d'Entacmea quadricolor - Une relation symbiotique n'est pas synonyme de camaraderie. Aussi pour éviter de soumettre les animaux à de 'coupables' penchants il faut toujours les nourrir avec soins et abondance.

Les crevettes sont expertes dans les relations de parécies, en particulier les Periclemenes sp. que l'on rencontre associées à des anémones, des échinodermes (oursins, étoiles de mer, crinoïdes), des nudibranches, des holothuries, ... En milieu naturel leur remarquable mimétisme fait qu'elles passent généralement inaperçues. L'inquilisme est le nom donné à cette relation de camouflage d'un partenaire par un autre.

Les très petites anémones utilisées comme armes défensives par les crabes (Lybia tessellata) ou les pagures (Dardanus spp) sont bien difficiles à conserver en aquarium alors que ces associations sont excessivement attractives. Il faut prévoir une maintenance difficile et des soins attentifs constants. Les anémones doivent être nourries régulièrement faute de quoi elles dépérissent. L'aquariophile attentionné est récompensé par le spectacle incroyable du crabe 'boxeur' Lybia tessellata. Cette maintenance est moins problématique avec les crabes porcelaines Neopetrolisthes maculatus ou crevettes Periclemenes spp symbiotiques d'anémones plus robustes (Cryptodendrum sp. pour ces dernières).

Les scléractiniaires autre abri recherché
Les coraux branchus fournissent un dédale où les petites espèces peuvent trouver refuge. Ce peut être des poissons vivants en frange des massifs coralliens comme les Chromis sp, se réfugiant à la moindre alerte dans les buissons d'Acropora spp ou pendant le repos nocturne. Ce peut être aussi des occupants permanents comme les poissons Bryaninops spp, Gobiodon spp ou encore des crabes trapèzes (Trapezia spp, Tetralia spp) toujours associés à des coraux branchus. Ces relations sont véritablement symbiotiques car si le corail fourni une excellente protection, il bénéficie en retour d'un entretien contre les algues, de l'élimination des parasites, de ses tissus nécrosés et d'apports de déjections organiques. Ce dernier point est utile dans ces eaux pauvres en nutriments pour fournir les composants organiques nécessaire à la croissance des algues zooxanthelles symbiotiques.
Les coraux massifs, comme Porites spp permettent à d'autres espèces de s'enchâsser dans la structure corallienne et d'être ainsi définitivement à l'abri de prédateurs. Cette technique est utilisée notamment par les vers polychètes (Spirobranchus giganteus), les mollusques (Tridacna spp), les crustacés bernard l'ermite (Paguritta spp). Le bénéfice n'est toutefois pas réciproque.

Un couple surprenant
Les relations entre gobies (notamment Amblyeleotris spp, Cryptocentrus spp, Paragiobodon spp, Ctenogobiops spp, Stonogobiops spp) et crevettes pistolets (Apheus sp.) sont d'un intérêt particulier pour peupler les micro-récifs. Cette symbiose est remarquable et captivante : La crevette est chargée de creuser un terrier dans le substrat. La survie de celle-ci, qui est dépourvue d'organes sensoriels performants, dépend de la surveillance des abords effectuée par le poisson gobie. En retour celui-ci dispose d'un terrier parfaitement entretenu. Si cette symbiose est vitale pour la crevette dans le milieu naturel, ce l'est moins dans l'aquarium. Cependant elle ne présente pas de difficulté à être réalisée même dans un aquarium de dimension modeste pourvu d'un substrat épais composé de sable d'aragonite de granulométrie moyenne. Aussi la meilleure solution lorsque l’on achète un gobie symbiotique est de rechercher également son compagnon Alpheus sp. ou mieux d'acheter une paire déjà formé.

Conclusion
Bien d'autres formes d'associations hétérospécifiques peuvent être réalisées en aquarium, par exemple les juvéniles de Pterapogon kauderni et les oursins diadèmes, etc. Et très sûrement beaucoup échappent à notre curiosité. Cela renforce notre conviction de voir chaque animal non pas comme un élément isolé de l'aquarium récifal mais comme faisant partie d'un microcosme, riche, complet, équilibré*, surprenant malgré sa très petite taille au regard du milieu naturel et cela pour notre émerveillement d'aquariophile.

* NDR : Désolé, cela sonne comme une publicité pour un petit-déjeuner...

Pour aller plus loin... Les associations entre espèces du récif

Clowns et anémones

Rubrique: vivant
Auteur: systemc
Niveau: tous


LES POISSONS-CLOWNS

UNE POPULARITE INFAILLIBLE
Colorés et attrayants, les poissons-clowns symbolisent à eux seuls l'aquariophilie marine.
Les Amphiprions font partie de la famille des Pomacentridés à laquelle ils ont apporté toute leur popularité. Décris pour la première fois au 18eme siècle, ils suscitent toujours un engouement très fort auprès des aquariophiles marins et il faut reconnaitre que l'association poissons-clowns/anémones est fascinante à observer.
Il n'existe pas moins de vingt-huit espèces de clowns, toutes aussi attrayantes les unes que les autres, dont vingt-sept espèces appartenant au genre Amphiprions et une appartenant au genre Premmas qui se distingue par la présence d'une épine préoperculaire sous chaque oeil.
Dans le milieu naturel, les Amphiprions ont une activité principalement diurne. De nombreuses espèces vivent dans les zones récifales, par couples confortablement installés dans leur anémone favorite.
A l'exception d'Amphiprion bicinctus endémique à la Mer rouge, les poissons -clowns ont une distribution relativement large, principalement dans la zone Indo-Pacifique du globe.
Ils abondent sur les pentes externes des récifs coralliens, dans les zones rocheuses des lagons et quelque fois dans les zones côtières mais toujours dans des eaux peu profondes et peu turbides. Ce sont les eaux de Nouvelle-Guinée les plus diversifiées, on y dénombre huit espèces d'Amphiprion différentes.
Répartition géographique de la majorité des Amphiprions


UNE COHABITATION FASCINANTE
La symbiose poissons-clowns et anémones fascinent et a rendu les Amphiprions très populaires auprès des aquariophiles marins. Parmi les nombreuses espèces d'anémones, seulement une dizaine est susceptible de convenir aux poissons-clowns, certaines ne tolèrent pas leur présence et finissent par dépérir et d'autres sont trop urticantes.
Dans le milieu naturel, chaque protagoniste tire profit de cette relation. Les Amphiprions protègent les anémones des agressions extérieures diverses qu'elles peuvent subir de la part des poissons-anges et poissons-papillons. Les Amphiprions utilisent l'anémone comme une barrière protectrice, sans laquelle ils ne survivraient pas longtemps face au régime carnassier de leurs prédateurs. Les clowns consomment également leur nourriture au sein des tentacules, et l'anémone en profite pour récupérer des particules de nourriture.
Il semble que les clowns n'aient pas de défense spécifique contre les nématocystes tentaculaires des anémones, mais ils ont la particularité en se frottant progressivement contre les tentacules, de s'enduire de mucus et d'être ainsi protégés. Les anémones peuvent aussi abriter d'autres commensaux comme des crabes (Neopetrolisthes), crevettes (Periclimenes) et même certaines demoiselles.
Chaque espèce de clowns a ses préférences en matière d'anémones. Lors de l'achat des poissons, il est nécessaire de bien se documenter sur la compatibilité avec l'espèce d'anémone désirée. Il est à noter qu'en l'absence d'anémone, les clowns vont se chercher un hôte de substitution tels Sarcophyton, Euphyllia, Lobophyton ou d'autres coraux qui peuvent très bien convenir en l'absence d'anémones.
La maintenance d'anémones étant difficile et demandant une expérience forte en aquariophilie récifale, il est judicieux pour un débutant de s'orienter sur un corail de substitution pour une première approche.
Couple d'Amphiprion sandaracinos dans leur nid douillet


COMPORTEMENT ET MAINTENANCE
Dans le milieu naturel, il est courant de rencontrer plusieurs couples et juvéniles sur une seule anémone de bonne taille, situation fréquente pour Amphiprions ocellaris. La "cellule familiale" des Amphiprions se compose d'une femelle dominante, toujours plus grosse et plus grande que son conjoint. Autour du couple gravite une série de mâles satellites plus petits. En cas de décès de la femelle, le mâle dominant se métamorphose en femelle et choisit, parmi les mâles satellites, celui qui deviendra le mâle fonctionnel du couple.
En captivité, ces conditions sont difficilement reproductibles. L'agressivité relative des Amphiprions dépend des espèces. Par prudence et même dans un grand bac, il est judicieux de n'introduire qu'un couple d'une même espèce. La maintenance d'un groupe de jeunes subadultes conduit, lors de la formation des couples à des tensions permanentes, entrainant une hécatombe pour la conquête d'une anémone ou d'un hôte de substitution. Dans l'ensemble, les Amphiprions sont des poissons résistants, une fois passée la période critique de l'acclimatation. Dans le milieu naturel, les poissons-clowns se nourrissent essentiellement de zooplancton, divers micro- crustacés et algues benthiques.
En captivité, ils acceptent de nombreuses nourritures de substitution, qu'il faut diversifier au maximum.
Mysis, cyclops, moules broyées, morceaux de crevettes et artémias sont des aliments adaptés.
Un aquarium spécifique supérieur à 100 litres peut très bien convenir pour un couple d'Amphiprion (dans les espèces de petite taille) et leur anémone. Dans la nature, leur territoire étant limité au périmètre d'une ou deux anémones, ils s'adapteront facilement à l'espace exigu d'un aquarium.
Il faut commencer par introduire l'anémone, quelques semaines avant les poissons, pour que celle-ci est le temps de s'acclimater et de se fixer. L'idéal est d'acheter l'anémone d'une taille au moins trois fois supérieure au plus grand des poissons du futur couple, dans le cas contraire elle sera sans cesse sollicitée par ses locataires et sa durée de vie risque d'être écourtée.
Les Amphiprions étant hermaphrodites protandres, il suffit d'acheter deux individus juvéniles pour obtenir un couple. En quelques mois un couple fonctionnel se formera, la maturité sexuelle est atteinte en neuf mois environ pour les petites espèces et jusqu'à dix-huit mois chez certaines espèces.

LA COMMUNICATION CHEZ LES CLOWNS
Les Amphiprions ont une particularité partagée par quelques espèces de poissons seulement: la capacité d'émettre des sons.
Une étude menée par une équipe de l'université de Liège avec des chercheurs internationaux dévoile une partie du mystère de la "voix" des poissons-clowns. Dans cette étude publiée dans la revue Science, les chercheurs se sont intéressé au mécanisme de production sonore chez Amphiprion clarki.
D'une manière simplifiée, tout se déroule lorsque le poisson "jette" sa tête en arrière. Ce mouvement entraine d'abord une ouverture de la bouche puis un recul de la "langue". Cette dernière étant reliée par deux ligaments à la mâchoire inférieure, elle entraine une fermeture très rapide de la bouche et un claquement des mâchoires. Le choc des dents de la mâchoire inférieure contre la mâchoire supérieure est à l'origine du son.
A l'oreille, les sons des poissons-clowns peuvent revêtir différentes formes caractérisées par des variations dans les fréquences, les longueurs d'émission ou encore le nombre de répétitions d'une même impulsion. Ces sons portent différents messages dont le premier réside en l'identification spécifique.
Au sein d'une espèce, les spécimens savent aussi différencier les sexes et déterminer la taille du poisson émetteur. Lorsque le poisson défend son territoire, il pourra menacer l'intrus avec des coups sourds et isolés. Si cette première menace ne suffit pas, les sons seront alors émis en rafales cadencées de 4 à 10 coups. Véritables coups de semonce, la désobéissance aux ordres d'évacuation sera sanctionné par des morsures des nageoires et des coups de museau.
En période de reproduction, d'autres sons seront produits lors de la préparation du lieu de ponte qui est généralement un morceau de corail ou de pierre nettoyée par le couple. Entre le mâle et la femelle, des brèves séquences de sons plus aigus, rappelant certains sons de canards, serviraient également à renforcer la cohésion du couple.
Le poisson-clown partage avec la morue, le grondin, le St-Pierre et quelques gobies la capacité unique d'émettre des sons.

REPRODUCTION

Ponte d'Amphiprion ocellaris

L'espèce la plus étudiée est Amphiprion ocellaris, voici la description de sa reproduction.
Une alimentation diversifiée et équilibrée, une eau de qualité, la présence d'une anémone symbiotique sont les conditions premières pour reproduire les clowns.
Une fois le couple établi et la maturité sexuelle atteinte, dans de bonnes conditions les poissons ne tarderont pas à se reproduire. Une accentuation du comportement territorial et le ballonnement du ventre de la femelle indiquent les prémices de la reproduction.
Le site de ponte est choisi à proximité de l'anémone, généralement une roche ou morceau de corail, quelques jours avant le frai. Les oeufs de couleur jaune-orange sont déposés en rang par la femelle et sont immédiatemment fécondés par le mâle. Le frai peut comprendre jusqu'à 500 oeufs de 2 mm environ qui adhèrent au substrat par des filaments. Le mâle s'occupe activement de l'entretien des oeufs. Ils sont ventilés et pris en bouche et ceux non fécondés sont avalés. La durée d'incubation dure de 7 à 8 jours. Au quatrième jour les yeux de couleur noire apparaissent à travers la menbrane.
Les jeunes naissent le soir à l'extinction des lumières, il faut en profiter pour prélever une partie du frai par siphonnage. Les alevins peuvent alors etre placés dans de petits bacs flottants adaptés à cet usage.
Des bacs d'élevage reliés à la cuve des reproducteurs sont une autre solution plus adaptée pour élever beaucoup de jeunes. La première nourriture constitue un problème pour l'aquariophile. Les quatres premiers jours sont un cap difficile pour les alevins. Les nourritures proposées doivent être de taille minuscule. Liquizell, microplan et élevages de Brachionus constituent une première nourriture.
Ensuite les artémias prennent le relais. Au cinquième jour les alevins prennent leur première coloration jaune citron sur la tête et au septième jour les jeunes les plus forts nagent normalement. Les alevins les plus sombres restent pres du fond et sont considérés comme perdus. Une dizaine de jours apres l'éclosion, les jeunes commencent à se parer de la première bande verticale passant sur les ouies. celle du milieu du corps apparait cinq jours plus tard. A l'age d'un mois, le patron de coloration du corps est établi.

Alevins de quelques jours

LES ANEMONES
Entacmea quadricolor

Les anémones font partie de la classe des Anthozoaires comme les coraux.
Elles sont constituées d'un polype unique ouvert à une extrémité par une bouche entourée de tentacules et fermé à l'autre extrémité par la sole pédieuse qui lui sert à se fixer dans le sable ou sur un substrat solide.
Le corps principal de l'anémone contient les organes vitaux, acteurs de la digestion et de la reproduction. La bouche située au milieu du disque oral permet de faire circuler l'eau de mer à l'intérieur de la cavité gastrique, favorisant les échanges gazeux et l'apport de nourriture planctonique.
Les tentacules servent à capturer les proies et à la défense car ils sont composés de cellules urticantes
appelées cnidocystes. Les anémones restent mâle ou femelle toute leur vie, cependant certaines espèces sont hermaphrodites agissant comme mâle pendant une ponte et comme femelle ensuite.
Pendant la reproduction les géniteurs mâles et femelles libèrent leurs gamètes simultanemment en pleine eau, la fécondation se déroule au gré des courants pour donner naissance aux larves et les quelques survivantes se fixent au substrat en quelques semaines.
Certaines anémones se reproduisent aussi par scissiparité, comme Entacmaea quadricolor.

MAINTENANCE DELICATE
Les anémones qui possèdent une bouche et des tentacules pour la capture des proies, sont des prédateurs et doivent être nourris. Les tentacules qui contiennent des zooxanthelles participent à l'alimentation par le biais de la photosynthèse et contribuent pour une part importante de leur nutrition. Mais cela ne suffit pas et il faut leur procurer une nourriture complémentaire. On peut essayer différents aliments comme des petits morceaux de poissons, crevettes, moules, les préférences alimentaires variant selon l'espèce d'anémone. On déterminera la fréquence des nourissages par l'observation, si l'anémone grandit correctement on en déduira que les apports alimentaires sont rationnels en quantité et fréquence.
Beaucoup d'anémones profitent aussi des distributions générales de nourriture, en capturant les particules amenées par les courants.
Il faut savoir que la maintenance d'anémones est difficile, souvent bien plus que celle des coraux et des poissons. L'erreur pour le novice est de vouloir débuter en aquariophilie marine avec l'attrayante symbiose clowns/anémone, il est beaucoup plus raisonnable pour maintenir une anémone sur le long terme d'avoir acquis une forte expérience en récifal. Dans le cas contraire, un hôte de substitution ( Sarcophyton, Euphyllia...) convient parfaitement au débutant qui pourra profiter de la beauté et du comportement enthousiaste des poissons-clowns tout en s'épargnant une difficulté.
Dans des grands bacs récifaux communautaires, le déplacement d'une anémone peut causer des brulures mortelles aux coraux voisins, ce type de maintenance est à réserver aux récifalistes expérimentés.
Les bacs très oligotrophes ne sont pas les plus appropriés pour la maintenance des anémones. Les spécialistes recommandent des bacs avec des méthodes "naturelle" comme les systemes DSB ou Berlinois sans écumeur sur-dimensionné. Un aquarium spécifique avec filtration semi-humide convient également. Il faut veiller à maintenir un taux de nitrate inférieur à 15mg/l.
La densité doit etre comprise entre 1024 et 1026, température d'environ 26°. Si l'aquarium est équipé d'un compartiment de débordement, il faut le concevoir de maniere à ce que l'anémone ne puisse pas se retrouver dans le déversoir comme c'est souvent le cas avec Heteractis magnifica qui se déplace pour profiter d'un maximum de lumiere et d'oxygénation à proximité de l'aspiration du déversoir et peut s'y retrouver prisonniere. Les crépines des pompes de brassage doivent etre munies de mousse pour éviter l'aspiration de l'anémone. Les pompes de la gamme Tunze n'ont à priori pas besoin de cette protection supplémentaire. Le chauffage, contre lequel elles peuvent se bruler est à placer dans une cuve annexe ou dans un compartiment intérieur du bac.
Un éclairage HQI puissant est salutaire pour les epèces les plus gourmandes en lumiere, les autres se satisferont de tubes T5 au coude à coude, un mixage de ces deux sources d'éclairage peut aussi idéalement convenir. Un brassage bien dimensionné et variable en intensité est indispensable pour leur bien-être, il faut cependant éviter les flux directs sur elles.
Il faut bien se renseigner sur l'espèce d'anémone avant son achat, les besoins environnementaux étant variables. Certaines ont besoin d'enfouir leur pied dans du sable pour vivre et d'autres préfèrent les substrats durs. La taille adulte de certaines anémones ( Heractis magnifica) est incompatible avec les petits volumes.

L'ACHAT DE L'ANEMONE
Acquérir une anémone n'est pas un achat anodin.
Quelques précautions s'imposent:
  • Il faut sélectionner l'anémone en fonction de l'espèce de poissons-clowns et de la taille du bac
  • N'acheter pas une anémone à la bouche baillante ou qui a expulsé ces zooxanthelles. Même sur une anémone de couleur claire, on doit observer des pigments bruns ou verts dans les tissus
  • Les anémones qui se promènent dans un bac de vente au gré des courants sont rarement en bonne santé
  • Il faut être certain de bien identifier l'espèce d'anémone convoitée, ce qui n'est pas toujours facile
  • Il faut d'abord acheter l'anémone avant les poissons: celle-ci doit avoir le temps de s'acclimater et de se fixer dans le bac
  • L'anémone devra avoir une taille trois fois supérieure au plus grand des futurs poissons, sinon elle sera stressée et agressée mortellement
  • Lors de l'achat, surveillez attentivement la manipulation du vendeur pour la décoller de son emplacement: un déchirement produit par un ongle ou une traction trop violente peut lui être fatale, si elle est fixée à une roche, négociez la pierre avec.

Entacmaea quadricolor rose

A CHAQUE CLOWN SON ANEMONE

Voici pour les espece d'Amphiprion les plus souvent commercialisés, les anémones qui conviennent:
  • Amphiprion ocellaris
    • Stichodactyla baddoni
    • Stichodactyla mertensii
    • Heractis magnifica

  • Amphiprion clarki:
    • Entacmaea quadricolor
    • Heteractis aurora
    • Heteractis magnifica
    • Stichodactyla baddoni
    • Stichodactyla mertensii

  • Amphiprion frenatus
    • Entacmaea quadricolor

  • Amphiprion nigripes
    • Heteractis magnifica

  • Amphiprion percula
    • Heractis magnifica
    • Stichodactyla gigantea

  • Amphiprion perideraion
    • Heractis magnifica

  • Amphiprion sebae
    • Stichodactyla baddoni

  • Premmas biaculeatus
    • Entacmea quadricolor

  • Amphiprion bicinctus
    • Entacmaea quadricolor
    • Heteractis aurora
    • Heteractis crispa
    • Heteractis magnifica
    • Stichodactyla gigantea

  • Amphiprion melanopus
    • Entacmaea quadricolor
    • Heteractis crispa
    • Heteractis magnifica

Le peuplement d’un bac de moins de 200 litres : un numéro d’équilibriste (1/3)

Rubrique : Vivant
Auteur : kactusficus
Niveau : Tous

Première partie: les bases

Le choix peuplement du bac est évidemment une des étapes les plus excitante et en même temps certainement la plus cruciale et délicate, lorsque l’on se lance dans l’aventure du micro-récif.

De ce choix vont découler les aménagements du décor, certaines modifications de paramètres, et bien d’autres éléments. Comme on peut s’en douter, c’est tout le bac qui tourne autour de sa population, pour le bien-être de celle-ci.

Nous nous attacherons ici au peuplement en poisson, le peuplement en invertébrés, crustacés et détritivores étant à part. Cet article n’entend bien sûr pas détenir la vérité, il ne représente qu’une synthèse de lectures et récits d’expériences récoltées sur le net ou auprès d’aquariophiles chevronnés. Chacun est libre de se faire sa propre idée de ce qui est bien pour son bac, mais nous garderons à l’esprit la primauté du respect envers l’animal, et envers ses besoins naturels, auxquels nous essayons, pour le plus grand nombre, de coller, même si nous savons bien qu’un bac n’est qu’une copie bien éloignée de la nature océanique.

Les réflexions de base

  • Lorsque l’on considère la taille d’un poisson pour savoir s’il est compatible avec le volume, on compte toujours la taille ADULTE, et non la taille au moment l’achat.
  • Les poissons de plus de 10 cm (taille adulte donc) sont déconseillés pour un volume de bac inférieur à 200 litres.
  • Désolée de briser les rêves de beaucoup, mais à mon humble avis, et après de nombreuses lectures, il ne semble pas vraiment raisonnable de maintenir de chirurgien dans moins de 300 litres. A moins peut-être de choisir un Zebrasoma flavescens, acceptable dans un volume de 250 à 300 litres, s’il est le seul grand poisson du bac (pas de poissons de plus de 5 cm en ce cas), et si la configuration du bac lui offre de nombreux parcours de nage, car c’est un nageur, qui apprécie de faire de petites pointes de vitesse. Un bac en longueur et au décor très étudié sera donc une condition sine qua non du bien-être de ce poisson. Idem pour le Chelmon rostratus, très à la mode, mais qui est déjà un poisson suffisamment délicat à maintenir en récifal sans en plus essayer de contenir ses fringales de polypes dans un petit espace !
  • En micro-récif, on a beaucoup de chance : on a le loisir d’observer de petites espèces, qui passent inaperçues dans un grand bac, que se soit par timidité face aux bacs agités ou à cause de leur taille réduite. De nombreuses espèces sont particulièrement recommandées aux micros et nanos, comme les gobies Eviota, les Gobiodons, les Gardes Suisses, les Assesseurs, les Stonogobiops… Au lieu de chercher à mettre de trop gros poissons inadaptés à nos bacs, nous devrions être heureux de cultiver notre différence et nous diriger vers ces espèces que de nombreux « mega recifalistes » nous envient !
  • Lorsque l’on réfléchit à sa population, il est important de connaître le comportement de chaque animal, et sa place favorite dans le bac. On évite ainsi les mauvaises cohabitations, et la surcharge d’une zone au détriment d’une autre laissée vide. Egalement, on fait attention à ne pas faire cohabiter dans un petit espace deux poissons aux patrons de coloration similaires (Pseudochromis paccagnallea et Gramma loreto, Gramma loreto et Ecsenius bicolor…) Les poissons se battraient en pensant trouver un congénère sur le même territoire.
  • Essayer de ne pas associer des poissons très vifs avec des poissons ayant du mal à vaincre leur timidité pour venir se nourrir. Ou alors rester très vigilant pour que ces derniers obtiennent de quoi de sustenter.
  • Il sera comme on le disait intéressant de choisir des poissons aux comportements et à la prise d’espace du bac différents. Ils ne se « marcheront pas sur les pieds », et chacun vous interpellera par un comportement particulier. Par exemple sur un choix de 4 poissons, on pourra choisir un poisson nageur de pleine eau (petit labre, centropyge, selon l’espace dédié), un poisson de fond (gobie…), un poisson de roche (gramma, assessor…) ou un poisson « casanier » (poisson clown) et un poisson calme, de pleine eau (Apogon, Blennie midas, Nemateleotris, Ptereleotris)
  • Et bien sûr, on se renseigne sur les animosités des uns et des autres (prédateurs de crevette, cohabitation inter espèce…), pour que le bac reste un endroit 100% zen !


Les règles de calcul, un moyen fiable de contrôler sa population

Certes, les mathématiques ne doivent pas être l’unique paramètre à entrer en compte dans le choix d’une population, mais les règles de calcul classiques permettent de se faire une idée de ce qui est acceptable.

La règle la plus classique est celle des « centimètres par litre ». Si en eau douce, on énonce 1 cm de poisson pour 1 litre d’eau, en eau de mer, le ratio baisse drastiquement : 1cm pour 5 litres. Et attention, quand on dit un litre d’eau, ce n’est pas un litre de volume brut du bac. Avec ce que l’on met de pierres, de coraux, de matériel, un bac de 100 litres doit contenir en moyenne 70/80 litres d’eau au maximum ! Donc, pour un aquarium de 100 litres, on obtient un laisser passer pour 14 à 16 centimètres de poisson, à la louche. Il n’est évidemment pas question d’introduire un poisson de 16 cm dans le bac, dont le bien être serait compromis dans si peu d’espace, mais plusieurs petits poissons dont l’addition des tailles adultes fera dans les 16 centimètres. 16 centimètres, c’est un couple d’Ocellaris + un Gobiodon par exemple. Ou un Gobiosoma et un Apogon… Ou encore des dizaines d’autres combinaisons…

En calcul inverse, si l’on a une liste de population en tête et que l’on souhaite voir si cette liste serait compatible avec le bac, une règle plus récente et il faut le dire, moins restrictive, existe. Cette règle comblera les partisans d’une population, comment dire… diversifiée, riche, vivante… sans pour autant verser dans la surpopulation.

J’ai lu l’énoncé de cette règle pour la première fois dans feu Reef Mag, et je ne sais ni d’où elle vient, ni qui l’a diffusé en premier, mais je sais qu’elle marche bien, l’ayant appliquée à mon bac avec succès jusqu’à présent.

Le calcul parait compliqué mais semble plus coller à la réalité. Elle part du prin