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Mer Rouge : Passé, présent et futur

Auteur : Philippe (Liam)

Oasis débordant de vie perdu dans le désert, la Mer Rouge, bien qu’appartenant à la zone Indo- Pacifique, est unique à bien des égards : elle est la seule mer chaude même à de grandes profondeurs, elle est aussi une des plus salées et présente un taux d’endémisme d’espèces important.
C’est une mer jeune. Il y a 40 millions d’années, une fissure commença à écarter la Péninsule Arabique du nord de l’Afrique ; à l’heure actuelle, les deux masses s’éloignent encore d’un à deux centimètres par an et la cassure se prolonge dans la grande vallée du Rift africain, dans un futur lointain la mer rouge envahira cette immense cuvette. Il y a 20 millions d’années, la barrière nord du bassin formé céda et la partie méditerranéenne de la Mer de Téthys envahit la Mer Rouge. Plusieurs épisodes d’assèchements et d’inondations successifs eurent lieu qui déposèrent sur le plancher océanique d’épaisses couches de sels. Il y a 5 millions d’années, au Pliocène, le Sinaï se souleva, séparant la Mer Rouge de la Méditerranée mais l’ouvrant vers l’Océan Indien, donnant par là-même l’accès aux espèces tropicales d’invertébrés et de vertébrés. Durant les épisodes de l’âge glaciaire, la baisse du niveau des mers affecta aussi la région (jusque - 145 m), le Golfe d’Aqaba se trouva isolé de la Mer Rouge ainsi que la Mer Rouge de l’Océan Indien. Durant ces périodes, certains bassins devinrent hyper-salins et sans doute stériles, alors que d’autres furent des oasis, mais la remontée des eaux, il y 15 000 ans, ré-ouvrit la voie aux espèces de l’Indo-Pacifique. Les espèces enfermées auparavant ne retrouvèrent pas leurs conditions de vie originales dans l’Océan Indien et devinrent les espèces endémiques de Mer Rouge alors que les espèces extérieures ayant évoluées séparément retrouvèrent le chemin d’espaces à nouveau disponibles. A l’heure actuelle, la Mer Rouge abrite plus de 1000 espèces de poissons et autant d’invertébrés, environ 15% d’espèces sont endémiques.

Le niveau actuel de la mer a été atteint il y a 5000 ans. Les récifs actuels se sont construits sur les récifs anciens des âges inter glaciaires qui étaient parfois à des niveaux plus élevés, si bien que de nombreux fossiles marins sont maintenant visibles au dessus des berges actuelles.
La Mer Rouge fait 2 270 km de long, entre 100 et 350 km de large, 3 040 m au plus profond alors que le plancher qui la sépare de l’Océan Indien n’est qu’à 130 m de profondeur, créant ainsi un effet de siphon. Dans le Golfe d’Aqaba, les fonds à quelques brassées du bord peuvent tomber à plusieurs centaines de mètres.

Durant l’été, l’air atteint une moyenne de 40 degrés. L’analyse des isothermes marins de surface révèle de grandes différences. Dans le bras menant au canal de Suez, les minima en janvier vont du nord au sud de 18 à 21°, en mai de 19 à 22° ; dans le golfe d’Aqaba : en mai les températures montent à 24°. En janvier, le nord du bassin de la Mer rouge est à 21° alors que la partie sud à partir de Port Soudan est entre 25 et 26°. En août, la limite nord est à 27° de moyenne, à partir de Marsa Alam, les eaux de surface connaissent des moyennes de 30, voire 31°. L’ensemble des rivages est donc propice à la croissance des récifs et des rares mangroves encore existantes, à 1000 mètres de profondeur la température moyenne est encore de l’ordre de 20 °. Le vent régulier nord/sud contribue à la circulation des eaux.
Du fait de la chaleur et des vents fort présents, on note de grands taux d’évaporation en surface : 42 pour mille au nord et 37 pour mille au sud. Cette évaporation est compensée par l’apport de l’océan Indien car la très grande rareté des précipitations ( 6 à 60 mm d’eau par an) ne permet pas un approvisionnement d’eau douce ni en surface sous forme de pluie ni par la contribution des maigres cours d’eau. Le faible apport d’eau côtière et donc l’absence des sédiments qu’elle charrie explique aussi l’excellente visibilité marine qu’offre la Mer Rouge, entre 15 et 50 mètres, avec une moyenne aux alentours de 30 m.
Toutes ces conditions : fonds à profondeur raisonnable, eaux chaudes et transparentes, récifs et domaine pélagique débordants de vie font de la Mer Rouge un milieu privilégié pour l’observation de la vie marine.
Soumis aux mêmes menaces (blanchiment, attaques de l’étoile de mer Acanthaster, ...) que les autres récifs coralliens du monde, les récifs extraordinaires de la Mer Rouge le sont aussi du fait de leur situation côtière, en effet il n’existe que de très rares ilots au large.
Au début des années 80 fut créé l’agence des affaires environnementales égyptienne, le parc national marin de Ras Mohamed à la pointe du Sinaï en 1983, celui d’Abu Galum en 1992. A l’heure actuelle, 52% des côtes sont sous protection ainsi que leurs rives et les déserts attenants.
Proches des zones urbaines en Egypte, les récifs sont sous haute pression. La principale menace provient des structures hôtelières déversant des hordes de touristes, parfois très nettement éloignés des préoccupations de protection de la nature et des villes. Ainsi les zones d’ Hurghada, de Safaga, d’une bande de 300 km au sud d’El Qseir en Egypte et de Jeddah en Arabie Saoudite voient leurs récifs en très grand danger ainsi que les mangroves encore existantes. La protection de la faune marine dans le cadre de la sauvegarde de la biodiversité et dans celui de l’intérêt économique que constituent les armées de plongeurs s’opposent radicalement à ceux des complexes hôteliers. Bâti en bord de mer, piétinement des fonds et des platiers, rejets de déchets de toute nature ( les sacs plastiques tuant au large cétacés et tortues entre autres), approvisionnement en poissons récifaux pour les tables des hôtels, hyper-fréquentation des récifs et mauvaises habitudes des touristes plagistes (nourrissage et captures des animaux) sont autant de menaces directes.
Au niveau environnemental et économique, des emplacements hôteliers mal pensés, des infrastructures routières pour les touristes et l’approvisionnement en eau potable ruinent les paysages des bords de la mer. Sans compter que certains hôtels, pour de multiples raisons financières et de coûts de fonctionnement ou d’infrastructure, peuvent ne jamais ouvrir ou fermer et rester en état d’abandon définitif.
De leur côté, les autres pays côtiers (Arabie Saoudite et le Soudan) n’ont créé que de rares parcs marins.
Plus au large voire même dans la zone des parcs marins, les poissons péchés en grande quantité pour la table voient leurs populations décimées; les requins continuent à y être péchés pour que leur ailerons leur soient coupés alors qu’ils ont encore vivants pour être sécher, tandis que mérous et napoléons sont capturés et acheminés vivants vers les aquariums des restaurants avant d’être choisis par le consommateur asiatique qui scellera leur destin.
Nous vous livrons donc des images d’un endroit que vous considérerez peut-être comme un paradis bleu, mais qui malheureusement est en passe de devenir un monde de silence. C’est avec la chaleur des souvenirs de notre séjour, de la chaleur et de la lumière égyptienne, de la beauté de la vie des fonds marins que nous avons effleurés mais avec aussi le silence qu’impose le respect d’un monde en danger que nous vous convions à ce numéro de décembre de nanoZine.

Vacances en Égypte et initiation au PMT

Auteur : Julie (Lalie)

J’avoue, je suis partie en Égypte avec la ferme intention de ne pas faire de PMT (Palme, Masque, Tuba) mais sans l’annoncer à ceux avec qui je partais bien sûr. L’objectif affiché était de profiter du soleil, de la plage, de ma famille et des fnriens. Et oui ça peut paraître bizarre de partir aussi loin pour ça mais peur quand tu nous tiens… Malgré tout, par acquis de conscience, j’avais emmené le matériel nécessaire, mais je n’avais encore jamais enfilé une paire de palmes et encore moins utilisé un tuba.
Le premier jour du séjour nous avons découvert une mer à au moins 28°C, le pied. J’ai tenté le masque seul et le peu de choses que j’ai pu voir comme ça (bénitier, Pocillopora violine) m’ont incité à recommencer.
Le deuxième jour, j’ai enfin chaussé les palmes et le tuba. Les débuts ont été un peu laborieux mais j’ai quand même réussi à me trainer vers la patate située environ à 10 m de la plage. Et là, stupéfaction, impossible d’identifier, de reconnaître le moindre corail ou poisson tant c’est différent de ce que l’on a dans nos aquariums par la taille et tant il y en a. Il m’a fallu plusieurs fois avant de m’habituer et de mettre enfin des noms. Ce soir-là j’étais toute excitée en racontant à l’apéro que j’avais enfin vu mon premier couple de clowns en vrai dans leur anémone. Sur cette patate nous avons pu voir beaucoup de choses intéressantes notamment des bénitiers, un couple gobie et Alpheus, des Acanturus sohal, des Naso …., un poisson flute, un Odonus niger, des balistes picasso à foison, des Chelmon, une murène, ... Bref, beaucoup de diversité au bord de la plage même si par endroit c’est bien abîmé.

Mais l’apothéose du séjour fut pour moi la sortie en pleine mer. Là encore je remercie ceux qui m’ont entouré pour cette première car je n’étais pas très rassurée avec toute cette eau sous mes palmes (Philippe², Olivier, Étienne et Thierry). Lors de cette sortie j’en ai pris plein les yeux, des poissons magnifiques partout, des coraux énormes, des dentelles de coraux de feu impressionnantes et une ambiance bleuté stupéfiante.


Vous l’aurez compris j’ai passé des vacances enrichissantes à tout point de vue : Humain (bonne équipée de voyage), découverte de la faune et la flore sous marine de mer rouge. Je n’ai plus qu’une envie : repartir avec un objectif tenter l’apnée en PMT sans « me noyer », la plongée m’impressionne encore beaucoup mais je pense que j’y viendrais.

Voilà j’espère que mon expérience de néophyte vous donnera envie d’essayer à votre tour surtout qu’au bord de cette plage il y avait beaucoup de choses magnifiques à voir.


Carnet de voyage des plongeurs

Auteur : Philippe (liam)

31 Octobre : Jour J
- 10h37 : prévisions de vol : 4h37 pour arriver à Hurghada, décollage vers l’est ce matin dans un ciel limpide.
- 16h30 : atterrissage réussi, le soleil se couche déjà à l’Ouest et il fait encore 30° sur le tarmac.
- 18h30 : les valises sont déballées. Premières cigarettes sur la terrasse avec le bruit lointain du ressac de la Mer Rouge, la chambre donne sur une courette avec des bougainvillées en fleurs. Direction vers la chambre de Julie pour le premier apéritif du séjour que je vous dédicace en pensée, la fin de la journée et le vrai début de notre séjour.

Après plusieurs mois de préparation, notre groupe FNR est enfin dans la place. Ca y est, on est à Safaga. Voyage agréable sur la nouvelle ligne Transavia, nous sommes en plus légèrement décalés par rapport aux autres groupes de plongeurs français car les rotations ont lieu le mercredi.

Les participants :
C17etienne : Etienne (plongeur),
Olivier_Paris : Olivier (plongeur),
Philippe (sympathisant FNR) plongeur,
Liam : Philippe (plongeur),
Lalie : julie (non plongeuse),
Thierry (Mr Lalie héhéhé) non plongeur,
Gaëlle et Anouck les deux filles de Julie et de Thierry.
Conditions annoncées pour notre séjour : beau ciel bleu limpide, moyenne de 30° à l’ombre (pardon….), peut être des journées de vent thermique qui tombe un peu avant le crépuscule soit vers 16h30 en ce moment et des températures d’eau en pleine mer de 26 ou 27 degrés.

Seulement 45 kilomètres séparent l’aéroport d’Hurghada de l’hôtel Ménaville qui fonctionne et s’agrandit régulièrement depuis plus de 10 ans, offrant des jardins aux proportions et à la verdure devenues rafraichissantes avec le temps. Il avait été choisi en priorité pour la sécurité alimentaire qu’il offre (ses plats sont tous préparés à l’eau osmosée) pour les filles de Julie, mais aussi pour son infrastructure et ses plages. Sa situation géographique à quelques kilomètres au nord de la ville portuaire de Safaga et au sud de la grande ville hôtelière d’Hurghada le désenclave des rives absolument désertiques de la Mer Rouge.

Les plongeurs se voient offrir l’accès à divers spots de plongée qui ont su profiter de l’enseignement des erreurs commises dans le passé à Hurghada, il s’agit en outre aussi d’un spot de planche et de kite-surf car les vents y soufflent 300 jours par an. Les non sportifs ont à leur choix des activités variées : plage, piscine, spa et éventuellement des excursions vers certains sites archéologiques de la vallée du Nil éloignée de quelques heures de car. Le tout draine une population parfois pas très agréable à fréquenter suivant les pays d’origine (à bas Homo sapiens sapiens var Touristicus), mais il peut y avoir pire sur cette côte que ce que nous avons vu à l’hôtel.

Le club de plongée choisi fut Dune, grosse structure francophone organisant plongées et croisières dans cette région. Il fut fondé il y a une dizaine d’années par Gérard Besse qui le possède toujours et qui est aidé pour le site de Safaga de Vincent. Le club dispose de ses propres bateaux et loue au besoin les services d’autres bateaux avec équipage pour les plongeurs. Nous avions demandé à Vincent que nos plongées soient lentes et à profondeur modérée, premièrement parce que nos niveaux 1 CMAS ne nous permettent pas de descendre accompagnés à plus de 25 mètres (l’équivalent de huit étages), et deuxièmement parce que l’essentiel se trouve déjà à partir de la surface. Le petit qui nous intéresse n’est souvent observable justement que grâce à une progression lente.
Ce type de plongée s’est révélé être un plaisir aussi pour les encadrants car cela leur permet de se reposer un peu des nombreuses descentes quotidiennes que leur impose leur profession. Cette demande un peu spéciale a été très bien comprise par nos deux accompagnatrices françaises Laurence Lamiaud et Marie Noëlle Fournel, que nous remercions vraiment vivement, chacune avec une personnalité différente et bien marquée, et en compagnie desquelles nous avons eu un égal plaisir à passer du temps dans le domaine de Neptune. Les accompagnateurs égyptiens ne maîtrisent pas cette approche malheureusement, et ce sont avec eux des promenades sécurisées mais à toute vitesse. Les émotions que nous avons eues à voir en milieu naturel et dans leur taille normale les animaux que nous connaissions de nos bacs et de nos livres ont même parfois amené les autres plongeurs du bateau à nous demander s’il nous arrivait de parler français !
Cette partie de la côte orientale africaine s’abaisse assez régulièrement le long des rivages, la majorité des spots y sont à une profondeur de 30/40 mètres, mais un peu plus au large, ils tombent aussi très profondément. Certains récifs coralliens émergent littéralement des bas-fonds et sont autant d’oasis où cohabitent animaux récifaux et pélagiques.

Nos départs sont toujours en départ bateau soit sous forme de circuit soit en dérivante, le premier type nous permet de détailler les peuplements et de stationner alors que le deuxième nous donne une vue plus d’ensemble car nous sommes portés par le courant, parfois assez fort d’ailleurs.

Ce furent donc 5 jours de plongée : nous avions rendez-vous à 8h00 devant l’hôtel pour être emmenés à la marina où se trouvent les bateaux, chargement à bord souvent en chaloupe, route de parfois une heure pour arriver sur le premier lieu de plongée, entre-temps équipement du matériel, briefing sur le spot où l’on nous montre la topographie sous-marine du lieu en nous signalant les éventuelles difficultés et vues remarquables et répartition des palanquées, plongée, retour sur le bateau, changement de bouteille, déjeuner, nouvelle route vers le second spot, plongée, remontée, gouter, rangement du matériel puis retour au port souvent vers 16h00 ou 16h30 avec le soleil couchant.
Une fois à terre, nous étions reconduits à l’hôtel, dessalage, un peu de repos et de parlotte, puis nous retrouvions Julie et sa petite famille pour partager un apéritif sur leur terrasse, parler de nos journées respectives avant de nous diriger vers les buffets du diner et une grande table, pour finir, certains soirs, vautrés sur les coussins de l’espace à chicha. Ca donne l’impression d’être pépère mais ceux qui ont déjà connu ces journées savent combien elles peuvent être en réalité fatigantes avec deux plongées par jour, voire le dernier jour une de nuit en plus.
Notre dernière journée fut au rythme de Julie et pour elle : réveil un peu plus tardif puis PMT (palmes-masque-tuba) sur l’House Reef de l’hôtel et recherche de l’ombre sous le soleil brulant de novembre, déjeuner pour ceux qui avaient faim et nous avions rendez-vous à 13h00 pour aller en bateau au large faire du PMT le long de Sandy Island, une île un peu plus au nord dans la baie où se trouve le Ménaville, pour leur montrer à quoi ressemble une pente externe en Mer Rouge. Le platier de l’île est maintenant dévasté par les hordes de touristes qui viennent en bateau y patauger et il faut de longues minutes de palmage pour arriver côté pleine mer.
Je crois que cette image de gris blanc plutôt désertique de corail mais fréquenté par quelques espèces de poissons qui débouche soudainement dans le Bleu et une infinie de couleurs de coraux et de poissons restera longtemps une image forte pour Julie. Ressentir la trouble attraction inquiétante du fond et du large bleus. C’était fait pour cela.

Ce matin, balade et petites courses alimentaires dans le marché du vieux Safaga et les dernières dorades grillées au restaurant de l’hôtel sur la plage. Ce matin, dans ce ciel de lapis clair, les grands V bruyants des grues cendrées qui descendent d’Europe Centrale vers le Sud et leurs marais d’hivernage d’Afrique tropicale nous survolent. Nous, nous étions rattrapés par cet hiver que nous avions oublié le temps d’une semaine et vers lequel il nous fallait retourner.

Nous avons décollé avec le soleil couchant au dessus de la chaine des montagnes du désert
égyptien, survolé avec émotion dans le crépuscule gris et trouble le mince ruban vert et fertile de la vallée du Nil perdue dans ce désert rosé.

Nous arrivons dans 2 heures à Orly. Le premier voyage et ces vacances se terminent avec un serrement au cœur. Chose rare, notre groupe a connu une formidable ambiance amicale du début à la fin de ce voyage.

Nous essaierons de vous faire partager nos observations et nos réflexions, peut être l’ambiance entre nous, un peu de notre séjour, mais le reste et nos souvenirs, pardonnez nous, demeureront nôtres.

Merci à tous d’avoir pris le risque de tenter cette aventure. Comme nous l’a dit Etienne alors qu’il lisait le premier message que j’écris en avril dernier sur le post : il faut être un peu con pour passer ses vacances avec les gens de FNR, ils sont bien gentils mais delà à passer ses vacances.

Et merci de l’avoir porté au-delà de toute espérance, mes amis.



Carnet de Plongée

Auteur : Etienne (C17etienne)

Première plongée à Safaga Shaab Claude
Température 26° profondeur 18,6 m durée 39 mn
Ce fut pour moi la découverte de la mer rouge. Pour cette première plongée, le groupe n’était pas au complet, car Olivier validait son niveau 1cmas pour ensuite rejoindre notre palanquée. Notre accompagnatrice Lalo profite de cette première plongée pour nous remettre un peu en route donc nous passons aux exercices habituels (vidage de masque, lâcher d’embout…), mais sans oublier le contexte magnifique que nous découvrons ou redécouvrons pour certains.

Seconde plongée Shaab Sheer Ouest

Température 26° profondeur 16,3 m durée 40 mn
Notre seconde plongée fut un jardin de corail, la partie principale se situait dans un goulot où le courant était très sympathique (ce qui a permis à notre accompagnatrice Lalo de voir si les plongeurs « bio » n’étaient pas trop faignants et savaient palmer). Nous avons surtout remarqué les coraux durs, avec le couple star : Acropora et bénitier. Cette plongée fut la première où la palanquée était au complet.

3eme plongée patate Salem Express

Température 27° profondeur 20,7 m durée 43 mn
En partant pour cette seconde journée de plongée, les dauphins nous on accompagné pour la fin du trajet, toujours aussi impressionnant, mais ils ne nous ont malheureusement pas accompagné durant notre plongée. Ce récif m’a semblé plus terne avec moins de vie que les autres. Il semblait plus abîmé car c’est un des spots de plongée les plus fréquentés à cause de l’épave du Salem Express. Nous avons décidé de ne pas visiter l’épave et de nous concentrer sur le récif. Mais cette plongée nous a permis d’observer des crevettes symbiotiques de type Periclimenes, des Stenopus et un splendide banc de poissons cocher.

4eme plongée Gamul Soraya

Température 27° profondeur 18 m durée 47 mn
Nous avons pu observer durant la quatrième plongée une biodiversité étonnante, allant des gorgones aux napoléons en passant par les sabelles et même les balbuzards ! C’est un émerveillement à chaque bouffée, une plongée à ne pas rater si vous passez par là !

5eme Panorama Reef

Température 25° profondeur 25 m durée 46 mn
Ce fut la première plongée dérivante du séjour, avec un départ bateau plein gaz. Panorama Reef est un énorme tombant très abrupt allant très profond. Le courant était donc fort et nous nous sommes laissés porter durant toute la plongée, avec quelques forts coups de palmes pour pouvoir observer plus longtemps les énormes Gogniopora ou Plesiogyra. Vers la fin de la plongée en remontant vers le platier il y a une zone nommée « anemon city » qui abrite des centaines d’anémones avec leurs clowns et autres animaux symbiotiques.


6eme Panorama Reef
Température 26° profondeur 22,6 m durée 46 mn
Ce fut la même plongée mais de l’autre côté de la patate, l’eau était beaucoup plus poissonneuses et moins riche en coraux, mais nous avons pu observer de splendides spécimens de Dendronephtia et autres non-symbiotiques.

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7eme Middle Reef ouest

Température 27° profondeur 18,6 m durée 50 mn
Pour notre quatrième jour de plongée, la mer a commencé à se lever, la visibilité était donc atténuée, mais restait tout de même très raisonnable comparée à nos côtes… Nous avons commencé par remonter le courant assez fort pour finalement revenir en nous laissant porter par le courant et simplement admirer Gogniopora, Favia et Fungia à gogo. grands perroquets à bosse dans le bleu.

8eme middle Reef est

Température 27° profondeur 25 durée 56 m
Cette plongée était plus sportive que les autres, le courant y était fort tout au long. Le but de cette plongée en plus de découvrir un magnifique spot de plongée était d’aller visiter une grotte sous marine (qui ne doit pas être un bon souvenir pour Olivier qui est claustro…) la grotte comportait une multitude de Tubastrea et d’éponges. Nous avons aussi pu observer très longuement un splendide spécimen de raie pastenague à points bleus. Sur le retour de cette journée, les dauphins (un gros groupe) nous ont accompagnés pendant un bon quart d’heure.

9eme plongée Ras Abu Soma

Température 27° profondeur 21,6 m durée 46 mn
Le dernier jour, et oui déjà ! Ce site était très sédimenté à mon avis car il est prêt des côtes. Nous avons découvert le premier et le seul Actinodiscus du séjour. Mais quel disco d’un rouge éclatant qui ressortait extraordinairement bien avec la lumière très bleue des profondeurs. Nous avons aussi eu la chance de découvre un nudibranche, et de nager avec un tortue.

10eme Gamul Kebir
Température27° profondeur 15 m durée 52 mn
Sur cette plongée, nous avons pu admirer une myriade de petits gobies en symbiose avec leur Alpheus, le sol en était miné. Et sur une petite patate de corail nous avons fait beaucoup d’observations en y restant longtemps : blennie, murène, poisson lion, et poulpe. Il est incroyable de voir la quantité d’animaux qui ne paraissent pas au premier abord, et que l’on découvre en observant un certain temps et en restant immobile.

11eme plongée de nuit Tobia
Température 25° Profondeur 14 m durée 40 mn
C'est vraiment la dernière plongée. Avant la mise à l'eau, une tortue est venue regarder plusieurs fois l'arrière du bateau. L'obscurité est très impressionnante, les lampes ont un petit faisceau étroit. Chasses de rascasses qui poursuivent les petits poissons le long des parois. Tubastrea totalement épanouis et énormes. Face à face en remontant avec une énorme murène javanaise qui m'a surpris. magie d'un calamar luminescent dans les lampes. On sent très fort les courants chauds et les courants froids de nuit. Remontée en vitesse pour ne pas se mélanger avec les autres palanquées. Collation à bord et discussion avec les membres de l'équipage.
Nuit noire, c'est fini.

* Le Salem Express est un bateau qui faisait la traversée Egypte-Arabie Saoudite pour le pèlerinage de la Mecque. Une nuit de 1991, il heurta un récif et coula quelques centaines de mètres plus loin. Il était censé transporter 600 personnes, 200 pèlerins pauvres avaient été chargés sur les ponts en plus. Du fait de la rapidité du naufrage, seuls ces derniers survécurent. On ne remonta que 200 corps, le bateau fut muré et est un sanctuaire. Il repose couché sur le flanc entre 25 et 40 mètres de fond. Le site est particulièrement impressionnant parce que le sol est jonché d’objets qui nous sont familiers(chaussures, postes radios ou télé, etc.), en outre la tôle d’un des ponts d’embarquement frappe le navire à grands coups rapides sous le courant conférant au site une dimension sonore encore plus sinistre.

Observations et réflexions

Auteur : Philippe (liam)

Lors de notre voyage, certaines constatations se sont imposées qui parfois nous font encore nous questionner sur des idées reçues de l’aquariophilie. En vous les faisant partager, peut être un peu trop d’une manière pèle mêle à votre gout, nous espérons enrichir vos connaissances malgré tout.
Vedette d’un certain visage de l’aquariophilie marine, la symbiose clowns/anémone n’est pas systématique. Toutes les espèces d’anémones ne sont pas fréquentées : le sont E. quadricolor, H. crispa et H. magnifica alors que H. aurora et l’anémone carpette ne le sont pas. Chaque fois qu’il y a une anémone fréquentable, il y a des clowns ou d’autres poissons symbiotiques.

Mais au moins une fois nous avons observé des clowns dans Alcyonum fulvum. En revanche la reproduction des clowns se fait toujours dans la protection des anémones.

Il y a deux types de brassage suivant les écotypes : les tombants et les récifs et à l’opposé le platier ; les premiers subissent un flux laminaire parfois très fort alors que le second subit des courants croisés et donc l’installation d’une Wave Box ou un courant multi directionnel est souhaitable. Soit dit en passant la force du courant est infiniment plus forte que dans nos bacs.

Les pierres vivantes de la Mer rouge sont très denses du fait de la croissance des divers coraux les uns sur les autres.

La coralline pousse dans les grottes très faiblement éclairées alors que les zones en pleine lumière sont couvertes de micro algues et surtout de sédiments.
La lumière n’est pas un facteur limitant : nous avons vu pousser côte à côte des symbiotiques et des non-symbiotiques ; de même avons-nous vu pousser certains acropora ou des Sinularia à l’ombre relativement profonde de formations coralliennes, à l’inverse nous avons vu Dendronephthya et Tubastrea à moins de 1 mètre sous la surface. En revanche, malgré tout, certaines espèces ne se rencontrent qu’à l’ombre la plus totale et ce sont essentiellement des non symbiotiques : Dendrophylla sp., Tubastrea aurea, certaines petites gorgones et l’hydraire Distichopora sp, à l’inverse Tubastrea micrantha est trouvé presque tout le temps en pleine lumière.

Il y a toujours un très fort mélange dans les sites protégés ou sains de coraux mous et durs. Les plus rencontrés :

Durs, SPS : Pocillopora, Stylophora, Montipora, Acropora, Porites et Seriatopora
LPS : Fungidés, Platygyra, Plesogyra et Favidés.
Mous : Xenia et Heteroxenia, Nephthya, Sarcophyton, Sinularia, Lithophyton

En revanche, l’accès à la nourriture semble être le vrai facteur limitant : dans les tombants au large où se rencontrent les plus forts courants laminaires nord/sud se trouvent les grandes populations de planctophages non symbiotiques : gorgones, Dendronephthya côtoient en pleine lumière les symbiotiques.

Les grandes populations de Goniopora sp. se trouvent aussi dans ce type d’endroit d’où la nécessité évidente de les nourrir en bac.

La même chose se rencontre de manière évidente pour les poissons : les zones de platier dénudées sont exploitées par les herbivores, alors que les zones où passent les masses de planctons voient se développer des chaines alimentaires complètes du petit poisson aux prédateurs vivants sur le site (rascasses, murènes, mérous) ou itinérants (carangues, thons, requins, dauphins).

Contrairement à une idée reçue, Xenia umbellata pompe qu’il soit dans un courant fort ou faible.
Mis à part Xenia qui peut se trouver sur le sable en colonisateur et Pocillopora/Stylophora, quasiment aucun corail ne pousse sur le sable mais toujours sur substrat « rocheux » coralligène.D’autre part, Pocillopora et Stylophora sont deux espèces qui imposent un périmètre à ses voisins, ce qui serait une des explications de la croissance des massifs dans les trois dimensions et de leur absence de multiplication : rareté des colonisateurs et leur agressivité.

En outre, la faible vitesse de croissance du corail en milieu naturel est une autre explication, d’autant plus que les massifs sont soumis à la prédation humaine. A la surface des platiers, on note un hyper-piétinement qui aboutit à une mise à nu totale de la « roche », sur cette surface croissent des micro algues ce qui fait apparaitre un peuplement de micro et macro brouteurs (BH, Naso sp., blennies, etc. ) mais aussi d’espèces vivant en relation avec les tapis algaux comme certaines espèces de demoiselles.

Sur le pourtour des récifs, au moins en Mer rouge, deux mesures ont été mises en œuvre il y a plusieurs années pour lutter contre la prédation d’origine humaine : interdiction du port des gants, d’où moins d’accroches possibles aux aspérités du fait de la dangerosité des espèces rencontrées (coraux coupants ou urticants, poissons venimeux ), mais cela ne prémunie pas contre les coups de palmes ; et, mise à demeure sur les récifs de boots pour arrimer les bateaux d’où la suppression des bris provoqués par les ancres de mouillage.

Sur notre semaine de plongée, nous avons noté des températures relativement uniformes sur les différents sites entre 26 et 27° c même en profondeur jusque 25 mètres, mais à certains endroits, et de nuit, on a rencontré des courants chauds très sensibles, dans certains secteurs de la Mer Rouge des températures de l’eau de plus de 30 degrés ont été relevées, donc la température n’est pas à elle-seule une facteur délétère pour les coraux, quelque chose contre balance son action.
Sur les surfaces coralliennes, nous avons constaté une lutte pour l’implantation entre coraux durs et mous et inter-espèce se jouant. Au demeurant, certains coraux mous profitent du moindre support : Xenia umbellata sur corail de feu Millepora sp. et l’acyonaire Alcyonum fulvum sur les tiges de phanérogames ( ce qui donne une indication de la population réduite sur le site des grands brouteurs de phanérogames comme les tortues et les dugongs) car les animaux ont le temps de développer leur colonie sur les végétaux.

En revanche, lorsque meurt une colonie de dur, nous n’avons pas eu le loisir d’observer de recolonisation immédiate par une autre espèce de corail à sa surface mais par des populations de micro algues, entretenues ou non par les poissons ( Plectoglyphididon sp . par exemple ). Une portion importante du coralligène est de surcroit colonisée par de multiples espèces de spongiaires de toutes tailles et toutes couleurs, parfois aussi par des tuniciers. Les corallimorphaires (Discosoma sp.) n’ont quasiment jamais été observées sauf sur un site très sédimenté et coincées entre les blocs de coraux.

Certains coraux semblent plus que d’autres tolérer la proximité d’autres espèces, ainsi Acropora sp. se faufilent au départ dans les interstices de coralligène ou d’autres colonies pour ensuite croître. Les Montipora sp. encroutants, Pocillopora et les LPS poussent plus à l’écart voire même isolés.
Autre surprise, les espèces des Fungidés existantes en Mer Rouge n’ont jamais été vues sur le sable où elles risquent l’enfouissement dans les sédiments, mais au contraire toujours dans les massifs coralliens, soit avec un squelette épousant la forme de l’espace libre soit posées sur une colonie d’une autre espèce de corail.
Voilà, notre grande surprise, mise à part l’explosion extraordinaire de vie dans le monde marin , alors que le monde terrestre est si désertique, c’est la très grande homochromie des paysages coralliens et ce malgré la multitude d’espèces de corail. Parfois surgissent des colonies roses de Pocillopora ou de Stylophora, des bleutés ou des violets dans les pointes des Acropora, ou une transparence violette irréelle d’un grand Dendronephthya, mais la quasi-totalité des couleurs est une déclinaison de blancs et de beiges, l’absorption des couleurs du spectre lumineux à mesure que l’on descend en profondeur contribue aussi grandement à ce phénomène. A ce regard, les bacs flanqués d’une multitude d’espèces coralliennes et de leur couleurs nous ont semblés très artificiels. Dans le monde marin, les rois de la couleur sont les poissons et certains invertébrés vagiles ou sessiles.

Ce sont donc quelques constats qui, nous espérons, vous donneront des idées pour concevoir des bacs plus éco typiques.

Inventaire Mer Rouge 2007

Auteur : Philippe (Liam)

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Embranchement Classe Ordre Famille Genre Espèce Nom francais commun Observations Fréquence
Végétaux










Algues

chlorophycéevaloniacéesValoniaventricosavalonie
***





Dictyosphaeriasp.

**




udotéacéeTydemaniasp.






halimedacéeHalimediamacroloba

**



phéophycéesargassasséeTurbinariadecurrensalgue r triangles
**




dictyotacéePadinasp.padine




rhodophytasquamariacésPeyssonneliasp.algue bleue encroutante
****
Angiospermes

potamogénacée Cymodocea sp.
herbe r tortue ou Thalassia sp.



tubiflorés verbénacés Avicennia marina palétuvier blanc
**










Animaux
Invertebrés









porifcresdémosponges
axinellidésAcanthellasp.acanthelle





démospongidésCallyspongiasp.






haliclonidésHaliclonapermolliséponge incrustante bleue





halichondriidésHalicondriasp.halicondrie rouge





CallyspongidésSiphonochalinasiphonella






CrellidésCrellacyathophora



CnidairesHydrozoaires










AglaophénidésLytocarpussp.hydraire urticantzone éclairée*





Distycoporasp.
en pleine ombre**





Stylastersp.
en pleine ombre**




MilleporidésMilleporadichotomaCorail de feu réticulépartout*****






platyphyllaCorail de feu plateauplus rare***




HalocordylidésHalocordyledistichahydozoaire arbre de Noëlzone éclairée*


AnthozoairesAnthipathairesAntipathidésAntipathesdichotomacorail noirpetits specimens*






sp.corail fouet
**



CorallimorphairesActinodiscidésActinodiscussp.disco rougerecifs sédimentés*



ZoanthaireszoanthidésPalythoatuberculosapalythoa
**





Zoanthussp.zoanthus incrustant spongicole
*



ActinairesActiniidésEntacmaeaquadricolor
trcs gros specimens**





Heteractisaurora

**






crispa

**






magnifica

**




StichodactylidésStichodactylidaadhaesivumanémone collante
**





Heterodactylahemprichi

**



MadréporairesPocilloporidésStylophorapistillata
colonisateur*****






sp.

***





Seriatoporahistrix

****





Pocilloporaverrucosa
colonisateur*****




AcroporidésAcroporasp.







Montiporasp.






FungidésCyclocerissp.corail champignonsurtout en récif*****





Ctenactisechinata
surtout en récif*****