Mensuel internet des micro et nano aquariums récifaux

édiTo : Octobre 2006

nanoZine numéro 7


A la vue de cette photo nous aimerions tous connaitre le magasin proposant ces boutures si colorées, détrompez-vous, ces coraux ne proviennent pas d'une boutique aquariophile française ni même européenne! Alors, photo-montage ? Accentuation des couleurs grâce à un logiciel ? Et non, en fait c'est la photo du bac à boutures d'un membre du forum de France Nanorécif, bac ayant servi à reçevoir des coraux commandés aux...Etats-Unis !!! Si cela a été possible c'est grâce à la détermination de plusieurs membres passionnés, fruit d'une communauté de plus en plus soudée et désireuse de partager leurs idées, leur savoir et...leurs boutures !!! Pour vous en convaincre lisez le topic de l'évolution de cette aventure palpitante, récompensée de coraux splendides ornant maintenant les bacs de nous autres nanorécifalistes.

VONVON (Steve alias vonvon)

Au sommaire du numéro d'Octobre :

  • Dix conseils à un débutant (JLC)
  • Agression du corail, où comment le placer dans nos bacs 1ère partie (Vonvon)
  • Rôle du brassage (JLC)
  • Projet K2 - La suite - (JLC)
  • La suppression des sédiments biogènes et authigènes de nos bacs (Milan)

Dix conseils à un débutant

Rubrique : Conseils
Auteur : JLC / collectif
Niveau : Débutant

Introduction
Le comportement des aquariophiles vis à vis des problèmes liés à l'appauvrissement du milieu naturel fait l'objet de débats au sein de notre forum. Les coraux sont en régression sur la planète et cela du fait de l'activité humaine : Pollution, réchauffement climatique, urbanisation. Chacun applique un comportement en accord avec ses convictions et son éthique personnelle.

Comme débutant, vous allez devenir responsable d'un écosystème passionnant à observer mais aussi fragile et rare. Les points listés ci-après, malgré leur caractère affirmatif, ne sont que des conseils amicaux basés sur l'expérience des membres de Francenanorecif. Nous vous les adressons pour que toutes les chances de réussite soient mises de votre coté, un petit pas en direction de la protection des récifs.

Dix conseils donc :
  1. Prenez toujours le temps nécessaire, cela est vrai pour chacune des étapes de la réalisation mais plus particulièrement pour votre formation initiale. Acquérir la connaissance des différentes techniques est un préalable indispensable. Soyez sûr de vos compétences et de vos choix pour fixez votre objectif avec précision. C’est indispensable pour assurer la survie des premiers coraux et des autres animaux que vous placerez dans votre aquarium.

  2. Mettez les moyens nécessaires à la réalisation de votre projet. Les moyens financiers ne sont pas négligeables et l’investissement sur votre temps de loisir est dévorant. Un projet de dimension réduite a plus de chance d'être réalisable qu'un projet trop ambitieux qui ne pourra être mené à bien faute d'un budget suffisant et d'une trop grande charge de travail. Ce projet doit être accepté par votre entourage. Le matériel doit être adapté à votre projet (Pierres Vivantes, éclairage, brassage, écumeur, osmolateur, clim'). L'achat et la mise en route du matériel est indispensable dès la phase de démarrage. Soumettez vos choix et votre projet sur le forum de Francenanorecif pour avoir l'avis d'amateurs plus expérimentés.

  3. Essayez de conserver la biodiversité de départ apportée par les pierres vivantes sans appliquer les conseils trop radicaux concernant les indésirables. Au contraire favorisez le développement des micros animaux (moins de 1mm), crustacés, gastéropodes et mollusques de toutes sortes. Les petits animaux détritivores : Petits crustacés, vers, sont indispensables pour l’équilibre biologique. Complétez l’équipe initiale avec des gastéropodes herbivores, bernards-l'ermite, ophiures, crevettes. Ces animaux s’acclimatent bien et sont efficaces dans l'entretien de l'aquarium. Privilégiez un grand nombre de ces organismes pour un petit nombre de poissons. En une phrase : Favorisez la biodiversité au détriment de l'esthétique pure et ne jugez pas de l'utilité d'une créature à son aspect.

  4. Choisissez les espèces réputées pour leur bonne adaptation aux conditions de l’aquarium (coraux symbiotiques par exemple). La bourse aux boutures entre amateurs est un excellent moyen de peupler son aquarium avec des espèces robustes. Favorisez les animaux d'élevage aux prélèvements en milieu naturel. Refusez d’acheter les espèces protégées, pêchées ou commercialisées dans de mauvaises conditions ou sans vraie chance de survie. Chaque aquarium n'est apte à conserver que très peu d’espèces aussi n'achetez jamais impulsivement dans la boutique du revendeur mais renseignez-vous sur les besoins et les contraintes de l'objet de votre convoitise (le Forum de Francenanorecif est à votre disposition pour cela). Offrez aux animaux un environnement satisfaisant et sécurisant.

  5. Procédez avec calme et patience devant chaque difficulté. Ne soyez ni impatient ni impulsif. Il faut toujours réfléchir et agir avec précaution. Quelques minutes de réflexion ou une nuit sont toujours préférables à une action instinctive. Mieux vaut l'inaction et ne rien faire que faire n’importe quoi au hasard. L'équilibre biologique peut être brutalement rompu et une simple erreur peut avoir pour conséquence la fin prématurée de votre aquarium !

  6. Il faut toujours être disponible, bon observateur, attentionné, sensible aux évolutions de l'aquarium. Notez dans un journal de bord les principaux évènements concernant l’aquarium, aidez-vous d’un appareil photo pour conserver l’historique et aider l’identification des animaux ou d'un éventuel problème sur le forum de Francenanorecif.

  7. Apprenez à justement doser les apports de nourritures, le brassage, la lumière, les additifs pour bien équilibrer les paramètres physico-chimiques et offrir un environnement sain aux animaux. Ne faites pas d'ajouts sans comprendre ce que vous faites et quelles peuvent être les conséquences. Rappelez-vous qu’un changement d’eau est significatif dans un petit volume celui-ci est sans danger et généralement suffisant pour pallier aux principales carences et diluer la pollution.

  8. Proscrivez tout produit ajouté pour tenter de supprimer un quelconque animal ou végétal. Cette recommandation est également vraie pour les médicaments, y compris ceux ‘à usage récifal’. L'action d’un remède est incontrôlée sur les bactéries, la microfaune et la microflore assurant l'épuration. Bien entendu, le cuivre utilisé en FO est totalement exclu, celui-ci étant extrêmement toxique pour les invertébrés. En cas de problème, privilégiez plutôt une bonne hygiène ainsi que les solutions naturelles : Compétition et prédateurs.

  9. Enfin ne soyez pas trop directif, intervenez qu'à bon escient en cas de problème avéré. Respectez les cycles naturels sans lutter en permanence, laissez au maximum la nature aller dans la direction qu'elle choisit. Demeurez humble, dites-vous que rien ne sera définitivement acquis, que la partie n’est jamais gagnée même après de longues années d’expérience et qu’il restera toujours quelque chose à apprendre. Tenez-vous au courant des nouvelles innovations qui nous permettront de réduire la pression de pêche, la protection des récifs.

  10. Et lorsque les coraux prospèreront dans votre aquarium, à votre tour pensez à échangez vos connaissances, partagez votre expérience et proposer vos boutures aux débutants !

Agression du Corail, ou comment le placer dans nos bacs 1ère partie

Rubrique : Animaux
Auteur : vonvon
Niveau : Confirmé

INTRODUCTION :

On trouve de nos jours de nouvelles espèces de coraux disponibles sur le marché aquariophile dont beaucoup sont agressives. Une attention toute particulière doit être apportée à réduire l'agression des coraux entre eux. En effet, si par le passé maintenir un corail relevait du défi, les avancées faites dans le domaine de l’aquariophilie récifale (tant technologiques que des nouvelles méthodes de maintenance) font que les coraux hébergés dans nos bacs deviennent de véritables colonies à la croissance rapide et à la taille imposante. À mesure que la taille de ces coraux augmente ajouté à la petitesse de l’habitat que nous leur offrons, la proximité des uns aux autres a pour conséquence la manifestation de leur nature agressive. Ainsi, alors que leur agressivité était à peine observable et pas un problème quand ils étaient encore de petite taille, leur effet sur les coraux voisins devient nettement apparent quand ils atteignent une taille conséquente.

Et oui, la nature est bien faite, chaque espèce animale, végétale ou microbienne (et humaine…) n’a qu’un seul but : transmettre les gênes. Pour cela chacun a sa parade pour préserver son territoire de prédilection et conserver des conditions idéales à sa prolifération. Même les coraux les plus passifs doivent pouvoir tenir leur espace vital, sinon ils seront recouverts et éliminés par d'autres espèces. A noter que certains coraux sont même urticants pour l'Homme et pouvant donc provoquer des allergies !

Nous allons donc nous intéresser aux différentes techniques de combat que se livrent les Coraux, en connaître les causes et remèdes. Cela implique une observation et connaissance particulière des hôtes de nos bacs, car si différentes espèces de coraux se livrent des batailles chimiques, elles ne le font pas forcément de jour et préfèrent chasser la nuit, sortant des polypes qui peuvent entrer en contact avec leurs voisins. Cela sans compter le déploiement de l’animal, par exemple l’Euphyllia spp ne mesurant pas le même diamètre en pleine journée que la nuit.


Pour commencer une petite définition des Cnidaires :


Les Cnidaires (appelés autrefois Cœlentérés) sont présents sur terre depuis plus de 570 millions d'années et regroupent plus de 10.000 espèces dont une centaine sont dangereuses pour l'Homme. Ils représentent un embranchement d'invertébrés représentés par les Hydres, Méduses (forme libre), les Anémones (polype fixé) et les Coraux (squelette calcaire). Ils sont carnivores et caractérisés par une cavité digestive (cœlentéron) ouverte par une bouche et entourée de tentacules. On distingue 4 classes : Hydrozoa, Scyphozoa, Cubozoa et Anthozoa. Leur appareil venimeux est constitué par le cnidocyte, cellule sécrétrice et sensorielle qui renferme une capsule, le cnida (nématocyste ou spirocyste ou ptychocyste) d'une taille généralement inférieure à la centaine de microns. Il contient du venin et un tube enroulé en hélice. Les venins sont des amalgames de haut poids moléculaire, constitués de toxines, d'amines actives sur les vaisseaux sanguins et d'enzymes détruisant les protéines. Sous l'effet d'un stimulus mécanique ou chimique, le tube jaillit comme un ressort en injectant le venin. Il peut exister plus de 100 000 nématocyste/cm sur un tentacule de méduse.


Schéma du nématocyste. A gauche, avant la décharge, à droite, après la décharge. Cc : contenu capsulaire, Ep : épines, H : hampe. Op : opercule pn : paroi, Ter : tube terminal (d'après Weill, 1934)

DIFFERENTS TYPES D’AGRESSION DU CORAIL :

Croissance rapide :

Le taux de croissance des coraux durs diffèrent selon les espèces, certaines ayant une croissance beaucoup plus rapide dans les eaux peu profondes que d'autres. C'est un avantage qui permet à ces coraux de coloniser rapidement de nouveaux secteurs. Une vitesse de croissance rapide permet également à ces espèces de réaliser la dominance sur d'autres par « overtopping », traduisez « pousser par dessus » réduisant de ce fait la quantité de lumière et de circulation d'eau qu’elles peuvent recevoir (Huston, 1985). Ce mécanisme a été proposé comme explication de la dominance des coraux tels que le Pocillopora dans l’océan Pacifique et l'Acropora dans l'océan Atlantique (Huston, 1985), à noter que le Millepora a aussi cette faculté. Ce mécanisme est d'importance limitée en aquarium dû à la faible proportion de coraux durs. Cependant, l'amateur ne devrait pas négliger les effets d' « overtopping » causés par de grandes Anémones, Coraux (mous ou durs) ou Macroalgae, ces dernières provoquant le blanchiement du corail attaqué. Ceci peut potentiellement se produire dans un aquarium et on devrait toujours s'assurer qu'un spécimen reçoit suffisamment de lumière et une bonne circulation d'eau.
Il est préférable d’allouer un espace spécifique pour les coraux à croissance rapide et de placer les autres espèces en fonction.

-> Microdictyon (Macroalgae) recouvrant un Montastrea annularis

-> Acropora

-> Millepora complenata colonisant un Montastrea annularis (photo du haut) et une gorgone (photo du bas)

-> Pocillopora

Filaments mésentériques :

Plusieurs espèces de coraux durs peuvent produire des filaments de Mesenterial (également nommés filaments mésentériques) à partir de leur estomac. Les coraux des genres Favia, Favites, Scolymia, Pavona, Euphyllia, Cynarina et certains Acroporas ont tous cette capacité (Chadwich, 1987).
Les filaments mésentériques peuvent être employés tout à fait efficacement en tant que structures agressives, et dévorer d'autres polypes de corail par un processus semblable à la digestion.
Quand deux coraux durs entrent en contact (différentes espèces ou les mêmes), l’agresseur expulse des filaments mésentériques par la cavité de sa bouche ou de ses tissus sur la surface de l'autre, digérant ainsi les tissus de son voisin. Ceci a comme conséquence une zone de squelette nue qui peut alors être envahie (Sebens et Miles, 1988). Cette zone peut être envahie par le corail attaquant ou permettre de créer une « zone tampon » entre les deux espèces (Huston, 1985).

-> Déploiement de filaments mésentériques d'un Hydnophora rigida sur un Stylophora pistillata :

Quelques coraux, comme l’Euphyllia, ont même la capacité de produire des tentacules répulsives (voir plus bas) et des filaments mésentériques, leur permettant ainsi de livrer bataille sur plusieurs fronts (Wallace, 1984).

-> Favites

-> Cynarina

-> Scolymia

-> Favia

-> Acropora millepora

-> Euphyllia

Acrorhagi :

Ce sont des structures spécialisées qui ont été identifiées la première fois sur des anémones d’eau froide de la famille des Actiniidae. Elles se composent de sacs gonflés de cnidoblastes, caractère propre des cnidaires, qui sont des cellules urticantes spécialisées (appelé aussi nématoblaste), appareil venimeux servant à la défense et à la capture des proies ainsi qu'à l'adhérence au substrat. Les cnidoblastes sont nombreux au niveau des tentacules et ne servent qu'une seule fois, lorsque le cnidocyste s'est ouvert et que le venin a été évacué à l'extérieur, le cnidoblaste meurt et est remplacé par un autre, issu d'une cellule interstitielle.

-> Acrorhagi

-> Cnidoblaste

Le cnidocyste est une vacuole (organite cellulaire) dont la longueur varie de 10 à 100 µm, contenant un filament urticant dévaginable. On distingue différents types parmis lesquels les spirocystes, les homotriches (= holotriches), les ptichocystes et les nématocystes.

-> Cnidocyste

On parle aussi d’acrosphère qui est l’extrémité renflée et chargée de cnidoblastes d'une tentacule. Quand elles sont en contact avec une autre anémone elles laissent une couche du tissu qui a comme conséquence la mort localisée du tissu de l'intrus (Sebens et Miles, 1988).

-> Polype de Pocillopora agrandi 30X montrant les Acrosphères blancs et ronds à l'extrémité de chaque tentacule :

Outre les anémones possédant des cnidoblastes et ayant la faculté de se déplacer, et donc de brûler les coraux par contact, on retrouve aussi des cellules urticantes chez les espèces telles que :

-> Discosomas

-> Ricordéas

-> Zoanthus

-> Parazoanthus

-> Palythoa


Dans la même lignée il existe aussi les Aconties, prolongements filamenteux de la base du lobe médian des cloisons gastriques de certaines anémones (excepté les Actiniidae). Ces filaments, contenant des enzymes digestives, peuvent être rejetés hors de la cavité gastrique au travers de la colonne, voire du disque oral, pour la défense ou l'agression.

Tentacules répulsives :

Les tentacules répulsives sont des tentacules spécialisées dans la protection du territoire, soit par la défense soit par l’attaque. Elles apparaissent sur des polypes après plusieurs semaines de contact avec d'autres colonies (Hidaka et Yamazato, 1984 ; Sebens et Miles, 1988), mais certains coraux comme le Galaxea semblerait en avoir en permanence. Ces tentacules sont habituellement beaucoup plus longues et ont beaucoup plus de cellules urticantes (nématocystes) que la normale, elles peuvent attaquer un corail entré en concurrence et littéralement le « brûler ». En conséquence leur fonction a changé, passant de celle d'une d'alimentation à celle de la défense ou de l'agression. Des polypes ovales de certains coraux tels que Goniopora, peuvent également être employés en tant que « polypes répulsives » dans un but agressif. Bien que la production des tentacules répulsives soit habituellement associée aux coraux durs, une étude récente a prouvé qu'ils peuvent également se développer chez les coraux mous (sous-classe des Octocorallia) comme l’Erythropodium caribaeorum (Sebens et Miles, 1988). Ces tentacules répulsives sont réparties sur le contour de la colonie et chargées de nématocystes prêts à être expulsées au contact d’un autre corail (Hidaka et Yamazato, 1984).

-> Erythropodium caribaeorum colonisant un Siderastrea siderea (photo du haut) et un Montastrea annularis (photo du bas)

Ates (1989) fournit une liste des coraux durs agressifs, dont certains sont souvent maintenus dans des aquariums tels que le corail bulle (Plerogyra sinuosa), les espèces d’Euphyllidae (Euphyllia ancora et divisa), de Favia, le Catalaphyllia jardinei, les espèces de Favites et les espèces de Galaxea. Thomason et Brown (1986) ont constaté qu'il y avait un rapport direct entre la compétence agressive et le nombre de nématocystes par polype et/ou le filament mésentérique. Une chose intéressante est constatée, c'est le nombre de nématocystes par structure qui est important et non pas la taille ou le nombre de polypes et de filaments mésentériques. Combinant leurs résultats avec ceux de Sheppard (1979), divers coraux de l’Indo-Pacifiques peuvent être placés dans les catégories agressives suivantes :

-> Plerogyra sinuosa

-> Catalaphyllia jardinei

-> Euphyllia ancora

-> Fungia

-> Goniopora (nématocystes concentrés dans les polypes et non pas dans les filaments mésentériques)


-> Galaxea


-> certaines espèces d'Acropora


-> Lobophyllia


-> Montipora


-> Porites


-> Platygyra daedalea

-> Trachyphyllia geoffroyi

-> Goniastrea favulus


-> Caulastrea

Dans Caribbean, Lang (1973) a classifié l'Isophyllia sinuosa en tant que très agressif, le Montastrea annularis en tant qu'espèce modérément agressive et le Porites comme faiblement agressives. La dominance principale du Montastrea est due entièrement à l'action de ses filaments mésentérique. Cependant, Bak et autres (1982) ont constaté qu'à mesure que l’espace entre deux espèces se réduisait, le corail subalterne pouvait développer des tentacules répulsives et renverser l'interaction en sa faveur.

-> Isophyllia sinuosa

-> Montastrea


Composés toxiques :


Sur Terre, sous les eaux douces ou marines, des animaux produisent des métabolites secondaires qui peuvent agir en tant que signaux chimiques sur leurs concurrents (Maida et. Al, 1995). Ce sont ces signaux chimiques qui sont les armes mortelles dans la guerre pour l'espace parmi les organisations sessile. Ces signaux peuvent être inhibiteurs ou stimulatoires. C'est par les produits chimiques inhibiteurs que les premiers « résidants » peuvent rendre l'environnement physique plus ou moins favorable pour des concurrents voulant s’approprier cet espace (Breitburg, 1985). Dans des conditions de forte concurrence au sein d'un récif corallien, c'est un avantage d’avoir des toxines qui sont efficaces contre les concurrents sessiles potentiels. De telles toxines sont connues comme allélochimiques, elles empêchent la capacité d'une autre colonie à partager le même habitat (Fearon et Cameron, 1997). Quelques exemples d’organisations marines fortement toxiques : l’étoile de mer Acanthaster, le poisson pierre Synanceia, le mollusque Conus geographus, et le crabe Zosimus aeneus. Généralement, les défenses chimiques sont trouvées dans les organisations n’ayant pas d'autres moyens de défense tels que la capacité de s'échapper.

En 1971, Robert Whittaker et Paul Feeny de l’Université de Cornell, proposent de nommer substances allélochimiques les métabolites produits par un individu d’une espèce et capables d’affecter la croissance, la santé, la biologie ou le comportement d’une autre espèce. Par la suite, ces chercheurs distinguent deux types de substances allélochimiques : les allomones qui procurent un avantage à l’organisme qui les émet (substances défensives) et les kairomones
qui procurent un avantage à l’organisme qui les perçoit.

Les substances, phéromones, allomones et kairomones, impliquées dans ces phénomènes de communication chimique ont été qualifiées de métabolites secondaires, par opposition aux métabolites primaires. Les métabolites primaires sont synthétisés normalement par l’organisme pour sa croissance et sa reproduction ; ils sont communs à tous les organismes vivants, ils traduisent l'uniformité du monde vivant. Les métabolites secondaires sont des produits dérivant du métabolisme général et ne jouent apparemment aucun rôle vital ; ils sont propres à chaque espèce, ils sont l'expression de la diversité du monde vivant.


Définition de allélopathie : Influence réciproque des plantes (autres que des micro-organismes), les unes sur les autres, résultant des produits de leurs métabolismes. Cette compétition nocive est exercée entre des plantes d'espèces différentes, par l'intermédiaire de substances toxiques excrétées par les racines, les feuilles ou la litière.

Le biotope marin est considéré comme le plus riche des différents habitats du globe mais également comme le moins bien connu des scientifiques. C'est aussi le berceau prébiotique de notre planète (3 milliards d'années d'évolution !) ; ceci a pour conséquence une diversité d'espèces, de systèmes d'organisation, de formes et de solutions adaptatives. Cette biodiversité est la source d’une formidable chimiodiversité.


En milieu marin, les systèmes de communication chimique constituent un élément indispensable dans l'établissement des relations intra et interspécifiques. Dans l'eau, la signalisation visuelle perd une grande partie de son intérêt ; de très nombreux invertébrés ne possèdent d'ailleurs pas d'organe de vision.

Depuis plus de cent millions d'années, le milieu marin vit donc une course aux armes chimiques, il est le siège de luttes incessantes entre proies et prédateurs ou entre colonisateurs et colonisés. La fonction vectrice de l'eau où s'exercent diffusion et dispersion avec une grande facilité, favorise l'établissement de barrières chimiques dressées à l'aide de substances organiques. Ces substances peuvent réduire la valeur nutritive des tissus, être désagréables au goût (antipalatabilité), toxiques ou antifouling.

Le milieu marin est très riche en exemple de substances allélochimiques de toutes sortes, des plus simples aux plus complexes ; la même molécule pouvant jouer le rôle d’allomone ou de kairomone. La capacité à synthétiser des médiateurs chimiques impliqués dans la défense et la compétition interspécifique est plus particulièrement développée chez les animaux sessiles c’est-à-dire vivant toujours fixés au substrat comme le sont les végétaux. De nombreux invertébrés marins (Coraux, Gorgones, Eponges, Ascidies, etc.) ont en effet un mode de vie fixé et sont d'un point de vue écologique identiques aux végétaux ; ils sont immobiles et photosynthétiques pour beaucoup par le biais des microorganismes symbiotiques qu'ils renferment. Incapables dans la plupart des cas de réponses comportementales à une agression, ils sont pourvus de protection physique ou chimique ou de caractéristiques morphologiques pour se protéger des prédateurs, compétiteurs ou autres organismes pathogènes.


Chez les Coraux :


Au commencement… :


Le cycle de vie des Coraux inclut une phase larvaire planctonique qui peut durer de quelques minutes à quelques mois (Pawlik, 1992). Cela signifie que quelques larves peuvent voyager pour seulement quelques mètres tandis que d'autres peuvent voyager sur des centaines de kilomètres. Il y a deux genres de larves :


- Les larves Planctotrophiques s’alimentant et ayant différents stades de développement sur une longue période.
- Les larves Lecithotrophiques ne s'alimentant pas et ayant une période de développement courte (Pawlik, 1992).


En raison de la concurrence intense pour l'espace dans des écosystèmes marins, l'endroit dans lequel les larves choisissent de s’installer est extrêmement important. La difficulté des larves à localiser la nourriture ou d'autres ressources a comme conséquence la mort, et les larves doivent éviter de s'installer dans des secteurs hostiles et fortement concurrentiels (Young et Chia, 1981). Le procédé de règlement des larves planctoniques est influencé par beaucoup de facteurs environnementaux. La plupart des larves se sont avérées s’installer au premier contact avec le substrat (63%), et 6.7% des larves ont fait dix contacts ou plus avant de s’installer. Certains des facteurs physiques influençant le règlement larvaire peuvent inclure la lumière, la pesanteur, la pression hydrostatique, la température, et la salinité (Pawlik, 1992). Les propriétés du substrat comme la texture ou la température peuvent également être impliquées (Pawlik, 1992).


Évidence des toxines allélochimiques :


Les produits chimiques Allélopathiques sont produits par une organisation pour inhiber la capacité d'une autre organisation à partager le même habitat. Ces toxines sont efficaces contre le concurrent sessile potentiel car hostiles aux organisations autre que celles qui les produisent. L'utilisation des produits chimiques pour empêcher la croissance des espèces des unes par les autres s'appelle l'allélopathie, terme commun aux plantes terrestres, dans notre cas cela s'appelle l'amensalisme.


Définition de amensalisme : relation entre deux espèces d'un même biotope se traduisant par l'inhibition du développement de l'une d'entre elles.


- les coraux durs :


Les principaux bâtisseurs de récif, ou coraux hermatypiques sont les coraux de l’ordre des scléractinaires (Fearon et Cameron, 1997). Il a été mis en évidence le dégagement de toxines commun à beaucoup d'invertébrés sessile coloniaux. Ces produits chimiques toxiques appelés larvotoxines ont été trouvées chez les coraux hermatypiques de la famille des Faviidae (ex : Platygyra daedalea, Favia matthai et Goniastrea favulus), Fungiidae (ex : Fungia fungites), Agariciidae (ex : Pavona decussata), Poritiidae, et Dendrophylliidae (Fearon et Cameron, 1997). Parmi les Scléractinaires, 71% de 58 espèces examinées étaient toxiques aux souris, 86% de 57 espèces examinées ont une activité hémolytique, 45% des 55 espèces examinées possèdent une activité antimicrobienne, et 9% de 45 espèces étaient ichtyotoxique, c'est-à-dire toxique pour les poissons (Gunthorpe et Cameron, 1990a). Le rôle de ces larvotoxines peut être d'affecter le règlement et la prolifération des concurrents potentiels (Fearon et Cameron, 1997). Ils ont observé que les Coraux réagissent aux toxines avec une contraction soutenue des polypes, protection accrue de mucus, perdent de la coloration de tissu, et de la perte de tissu squelettique. Bien que ces coraux durs contiennent clairement des toxines, la question demeure si ces toxines sont libérées dans leur environnement normal. Comme précisés par Jackson et Buss (1975), des toxines peuvent juste être stockées à l'intérieur de l'organisation mais non dégagées dans l'environnement.

-> Fungia fungites (Fungiidae)

->Heteropsammia cochlea (Dendrophylliidae)

-> Turbinaria (Dendrophylliidae)

-> Pavona cactus (Agariciidae)


- les coraux mous :


Outre les coraux hermatypiques de l’ordre des Scléractinaires il y a les Alcyonaires, terme général regroupant les stolonifères, les coraux mous et les gorgones à l'exclusion des pennatules. Il est bien connu que beaucoup de coraux mous contiennent de nombreux composés toxiques tels que des terpénoïdes (exemple le Clavularia, Pachyclavularia viridis, Xenia et Zoanthus), et la sarcophine (exemple le Sarcophyton glaucum). Ces produits chimiques se sont avérés très efficaces dans le découragement des prédateurs mais suggère aussi qu'ils soient utilisés comme mécanisme pour maintenir un espace vital (Sheppard, 1979). Coll et autres (1982) ont isolé des terpènes toxiques de l'eau entourant plusieurs coraux mous tel le Sinularia.

Définition de terpène : hydrocarbure des huiles essentielles volatiles, ayant une forte odeur, synthétisé par les coraux mous pour éloigner les prédateurs.

-> Sarcophyton glaucum

-> Pachyclavularia viridis

-> Clavularia

-> Sinularia flexibilis

-> Lobophytum pauciflorum

-> Xénia

Interaction entre les Alcyonaires et les Acléractinaires :


Expériences en milieu clos :


Dans diverses expériences utilisant des greffes de Lobophytum pauciflorum, de Sinularia pavida et des espèces de Xenia, Sammarco et autres ont relevés des effets sur le Pavona cactus et le Pseudosuberites andrewsi (Porites) quand les coraux mous ont été placés près des colonies ou en contact direct avec elles. Ils ont conclu que les effets des coraux mous sur les coraux durs étaient entièrement spécifiques à l'espèce. Dans certains cas, une distance de 30 centimètres entre les colonies a eu comme conséquence la croissance stoppée puis la mort du corail dur, alors que d’autres espèces de coraux mous l’endommageaient seulement malgré un contact direct. Par exemple, le Pseudosuberites andrewsi était le corail dur le plus sensible, réagissant à deux des trois coraux mous utilisés, même à une distance de 10 centimètres. Cependant, un corail mou qui peut endommager par le contact ne peut pas nécessairement le faire en déchargeant des composés dans l'eau. Par exemple, l’espèce de Xenia a endommagé les deux coraux durs examinés seulement au contact. D'autre part, si un corail mou (par exemple Lobophytum pauciflorum) peut endommager un concurrent à distance, il peut également le faire par contact (Sammarco et autres, 1983). Par l'utilisation des composés toxiques, les coraux mous peuvent concurrencer les coraux durs pour l'espace en arrêtant leur croissance voire même en tuant toute ou partie d'une colonie et repousser sur ce nouvel espace. Cependant, les coraux durs ne sont pas sans leurs propres défenses et des dommages sérieux peuvent aussi se produire sur les coraux mous.


Expériences en milieu naturel :


Une grande partie de la recherche faite avec le Corail dans son environnement normal implique les coraux mous fortement toxiques et leurs effets sur les coraux durs. Sammarco et autres (1983) ont effectué leurs expériences sur des Alcyonaires et Scléractinaires cohabitant à proximité étroite. D’après leurs résultats, dans 17% des cas ils ont observés une nécrose des tissus des Scléractinaires situés à proximité immédiate du corail mou. Dans 52 % des cas observés, il a été relevé des effets mortels secondaires allant de l'inhibition à l'arrêt de la croissance du corail dur. Le Lobophytum pauciflorum s'est avéré causer la nécrose des tissus du Pseudosuberites andrewsi par contact et à distance, le même cas s’est produit avec le Lobophytum sur le Pavona mais aucun effet n’a été constaté sans contact. Le Xenia a causé la nécrose des tissus du corail dur par contact, mais n'a eu aucun effet autrement, même chose pour le Sinularia pavida avec le Pseudosuberites andrewsi. Maida et autres (1995a, 1995b) ont constaté que le Sinularia flexibilis, a eu un effet inhibiteur directionnel sur les coraux durs, plus particulièrement en bas du courant où se trouve le corail mou. Les coraux durs examinés n'ont pas eu cet effet inhibiteur. Cependant il est difficile de préciser si les larves des Scléractinaires ont senti les composants allélochimiques du Sinularia flexibilis et évités le secteur, si elles se sont tout d’abord posée sur le substrat avant de le quitter, ou bien de s’y installer avant de mourir et sécréter un squelette de carbonate de calcium. Maida et autres (1995a, et 1995b) sont venus à ces quatre conclusions suite à leurs recherches :


- Les coraux mous (Alcyonaires) sont des concurrents efficaces pour l'espace vis-à-vis des coraux durs (Scléractinaires) en causant une mortalité localisée de ces derniers.

– La mortalité peut être causée par le contact direct ou à distance par relarguage dans l'eau d’exsudats allélopathiques.

- Les capacités concurrentielles changent d'une façon spécifique à l'espèce.

- La susceptibilité des Scléractinaires change également d'une façon spécifique à l'espèce.

En parallèle, des recherches ont été faites par Coll et autres (1982a) et ont isolé du flexibilide et du dihydroflexibilide, aussi bien que les terpènes, de la sarcophine et sarcophytoxide de l'eau de mer autour des deux coraux Sinularia flexibilis et Sarcophyton crassocaule, démontrant que ces composés sont déchargés dans l'eau. Avec ces terpènes, des lipides et stérols ont été également isolés dans l'eau de mer entourant les coraux mous. Aucun de ces derniers composants chimiques n'est très hydrosoluble, ainsi on a présumé que cette capacité de relarguage dans l'eau peut être due au dégagement de mucus par la colonie (Coll et autres. 1982a).


Cependant, beaucoup de preuves suscitent l'idée que ces composés toxiques dans les coraux mous servent de défense et permettent de plus à concurrencer l'espace (Bakus, 1986). Basé sur des analogies avec les systèmes terrestres, il existerait une variation de la qualité et de la quantité de composants allélochimiques en réponse aux changements de l'environnement ou des pressions sélectives (Feeny, 1976). Bakus (1981) a constaté qu'une incidence plus élevée de la toxicité se produit chez les espèces où la prédation de poissons et le pâturage sont plus intenses, et que les éponges de récifs coralliens, les coraux mous, ou les ascidies qui manquent de composants allélochimiques ont un corps durci ou sécrète des quantités énormes de mucus (Bakus et autres. 1986). Ces défenses mécaniques peuvent supplanter le besoin de défenses chimiques contre la prédation.


Conclusion :

Si un certain type de corail contient des composants chimiques toxiques, cela ne signifie pas nécessairement qu'il les décharge dans l’eau ou qu’ils soient impliqués dans l'allélopathie. Même si les exsudats ne sont pas mortels, ils peuvent tout de même donner un avantage à la colonie établie en limitant la croissance ou la physiologie des coraux voisins (Fearon et Cameron, 1997). La capacité des larves à détecter et éviter les exsudats qui peuvent plus tard être mortels après exposition chronique et à long terme est un avantage (Fearon et Cameron, 1997). Cette bataille incessante pour l’espace, impliquant des composants allélochimiques, peut être établi dans le mécanisme pour maintenir la diversité dans des écosystèmes marins, et que donc toutes ces interactions sont au final d’une valeur inestimable quant au fonctionnement et à l’établissement de ces écosystèmes si fragiles.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

cliquez ici pour la deuxième partie

Origine des textes :

« La communication chimique dans le monde vivant »
Bernard BANAIGS Inserm, Université de Perpignan
« Les envenimations marines »
Dr Jean-Yves BERNEY Hôpital Cantonal Universitaire de Genève
“The Role of Allelopathic Chemicals in the Spatial Patterning of Benthic Communities”
Ali LINDBERG Biology Department Colorado State University Fort Collins, CO, 80523
“Coral Compatibility”
J. Charles DELBEEK B.Ed M.Sc. Sept/Oct. 1990 Aquarium Fish Magazine
“Coral placement and aggression »
GREGG and SALTMAN - April 27, 1997

Remerciements :

jlc, 27-L, Coco_bel_oeil, joann7, fredb, typedu94, Systemc, Coyote et geka pour leurs superbes photos, elgoog pour la traduction (souvent difficile) et tout les chercheurs, biologistes passionnés et récifalistes attentionnés qui nous font découvrir un peu plus chaque jour la fabuleuse vie sous-marine, berceau de la vie...

Liens :


http://www.uea.ac.uk/env/all/faculty/grant/Interactions%20on%20hard%20substrates.htm
http://www.reef-guardian.com/la-bataille-chimique-pour-lespace-898-imprimer.html
http://www.colostate.edu/Depts/Entomology/courses/en570/papers_1998/lindberg.htm
http://www2.hawaii.edu/~delbeek/reefaq6.html
http://calypsoplongee.free.fr/gbio.htm
http://scaphinfo.free.fr/bio/envenimation.html
http://www.petsforum.com/personal/trevor-jones/coralfeeding.html
http://www.unep-wcmc.org/marine/coraldis/cd/overgrowth.htm
http://www.univ-perp.fr/perspectives/IMG/pdf/communication_chimique.pdf#search=%22Communication%20chimique%20dans%20le%20mode%20vivant%20de%20BERNARD%20BANAIGS%22

Rôle du brassage

Rubrique : Technique
Auteur : JLC
Niveau : Débutant

Introduction
Très souvent il est conseillé au débutant d’augmenter la puissance du brassage que celui-ci a initialement prévue pour son aquarium. Pourquoi un brassage aussi fort ? Ne risque t-il pas de gêner les animaux du bac ?
Voici quelques éléments de réponse à ces interrogations.

Le brassage un rôle multiple
Le brassage assure de diverses fonctions essentielles dans l'aquarium :
  • Il améliore la dissolution des gaz de l'air dans l'eau,
  • Disperse les sédiments et mets en mouvement les particules, éliminées ainsi plus facilement par la filtration mécanique,
  • Evacue le mucus sécrété par les coraux,
  • Apporte une eau chargée d'oxygène et de nourriture indispensable pour les invertébrés fixés, à la microfaune et microflore des pierres vivantes,
  • Disperse le film de protéines de surface,
  • Équilibre la température,
  • Il reproduit le mouvement naturel de l'eau
Ces fonctions sont toutes nécessaires, notamment l'oxygénation de l'eau, qui permet de s'affranchir totalement des antiques diffuseurs alimentés par des compresseurs à air beaucoup moins efficaces qu’un bon brassage de surface. Il faut noter qu'un complément est fourni par l'écumeur et par les mouvements d'eau de la décantation (descente et surverse, puis pompe de remontée).

Utilisation
La nature nous sert de modèle. Les récifs sont baignés dans une mer soumise à un très fort hydrodynamisme et voici quelques principes de base à la réalisation de l'installation :
Le nombre de pompes doit être en rapport avec le volume total de l'aquarium et le biotope reproduit. La puissance d'une pompe est indiquée en litres/heure. Pour un aquarium récifal de petit volume Il faut compter un minimum de 30 à 40 fois le volume du bac brassé par heure, le calcul se fait en additionnant la capacité de toutes les pompes. Par exemple : Pour un aquarium de 100 litres il faut entre trois et quatre pompes de 1000 litres par heure.
Les pompes sont placées à très faible profondeur et dirigées vers la surface pour améliorer les échanges gazeux et la dispersion du film bactérien (fiml 'gras'), les remous en surface doivent être même assez forts. Certaines pompes sont prévues pour un montage proche de la surface avec un accrochage par le rebord d’une paroi. Parfois le moteur peut être placé au-dessus de la surface, c’est parfait car la chaleur de ce dernier n’est plus dissipée dans l’eau. Ce point est important avec les aquariums de petit volume. D’ailleurs le fond de l’aquarium doit être moins énergiquement brassé surtout dans le cas d'un lit de sable pour ne pas déranger la macro et microfaune benthique. Cette précaution n'est pas appliquée dans le cas d'un aquarium 'bare bottom' reproduisant une crête récifale abritant des coraux durs où le brassage sera très conséquent.
Un bac ayant un ratio profondeur/surface défavorable nécessite toujours un sérieux brassage pour éviter une concentration de gaz carbonique dans les couches profondes de l'eau. Dans cette configuration il est possible de placer une pompe au fond et diriger le jet vers la surface pour augmenter les échanges entre les couches basses et hautes. Cette disposition remet egalement en suspension les sédiments qui ont tendances à se déposer au fond.

Réaliser un brassage efficace non agressif
En milieu naturel les mouvements d’eau sont liés à la houle et aux courants de marée. Si on écarte la crête récifale externe, lieu du brisant, les masses d’eau, malgré leur immense énergie, se déplacent assez lentement. Pour reproduire celles-ci Il est préférable d’utiliser les pompes à faible vélocité pour un débit donné. Ces pompes à large ouverture sont appelées ‘Stream’ [Tunze, Marea], et n’ont pas l’inconvénient d’un jet à grande vélocité et directif des pompes à turbine qui ont un effet cisaillant [Par exemple Maxi Jet]. En aucun cas le flux sortant d'une pompe ne doit frapper à courte distance les invertébrés fixés. Il faut un dégagement libre d’au moins 30 cm à 60 cm selon la puissance ou mieux briser le jet en dirigeant la pompe de biais vers une vitre ou la surface pour générer un courant indirect.
L’effet de jet est aussi amoindri en choisissant plusieurs petites pompes de moindre puissance. Une pompe produit un courant laminaire dirigé constamment dans le même sens et fini par provoquer une accumulation de sédiments dans un angle de l'aquarium. Il est donc préférable de disposer plusieurs pompes placées en sens opposé et les faire fonctionner tantôt alternativement, tantôt en mode groupé provoquant des flux turbulents aléatoires. Les configurations et effets sont ainsi multipliés. 3 pompes font 8 combinaisons possibles. Revers de la médaille, plusieurs pompes dissipent plus de chaleur dans l'aquarium et sont aussi moins faciles à dissimuler.

Reproduction des courants de marées
Les cycles lents peuvent être séquencés par des programmateurs horaires journaliers, ce qui est une solution très économique. Dans ce cas les cycles devront être espacés d’au moins 15 minutes et dureront de préférence plusieurs heures pour éviter une usure prématurée du matériel. Cette configuration est bien adaptée à la simulation des courants de marée qu’on rencontre dans les lagons. Pour inverser les courants, les pompes sont commandées séparément l'une après l'autre. L'eau tourne dans un sens, puis dans un autre. Pour créer des flux turbulents, plus ou moins aléatoires aux périodes de marnage, elles sont commandées ensembles avec dans ce cas, un rendement hydrodynamique moins bon. Les pompes placées en opposition en fonctionnement constant créent des flux qui atténuent l’effet de cisaillement des courants laminaires mais le montage est aussi moins inefficace au regard de l'énergie dépensée.
La preproduction de ces cycles est adaptée aux pompes à moteur synchrone (vitesse fixe de la fréquence secteur à 50 Hz). Il est assez facile de reconnaître une pompe synchrone : Le sens de rotation du rotor au démarrage n’est pas toujours le même et au moment de la mise sous tension on entend un bruit désagréable, un grincement de pignons ou claquement. On imagine facilement qu'il ne faut pas le répéter cette opération trop souvent !
En conclusion : Le brassage d’un biotope lagon peut être reproduit économiquement en faisant des cycles de marée de quelques heures (6H) entrecoupés de flux turbulents et cela avec de simples programmateurs horaires journaliers et en utilisant des pompes synchrones.

Les modèles 'concurrents' à moteur synchrone Marea et Tunze NanoStream 6015
(NB. La NanoStream 6055 est à moteur asynchrone)

Le mouvement de houle
Il est plus particulièrement intéressant de se rapprocher des cycles naturels obtenus à faible profondeur et de simuler un brassage par vagues. Un séquenceur type ‘Wave maker’ réalise des cycles de quelques secondes. Le but est de reproduire les mouvements de la houle. L’amplitude obtenue dépend de la période des impulsions et de la dimension de l’aquarium. Il suffit de commander une pompe pendant quelques secondes, puis de l'arrêter, ou de la ralentir, quelques secondes également, puis de recommencer ce cycle. Attention cependant, seuls les modèles de pompes à moteur asynchrone acceptent de fonctionner directement dans ce mode pulsé et peuvent être associés à un séquenceur. Cette configuration reproduit les biotopes situés où l’hydrodynamisme de la houle est ressenti (zone de 0 à 3m environ).
Tunze Wave Box

D'autres solutions ingénieuses existent pour recréer un mouvement de houle naturelle avec peu de moyens et ainsi réduire l'effet de jet : Remplissage d'un réservoir au-dessus de l'aquarium avec déverse soudaine ou encore pompe à tête rotative. Toutes ces solutions poursuivent le même but : Agiter l’eau sans causer de dommages aux invertébrés fixés, ce qui arrive s’ils sont placés directement dans l’axe d’une pompe. 'Coyote' membre du forum Francenanorecif travaille actuellement à la solution idéale d'un 'pulseur DIY': La synthétisation d'une fréquence variable permettant l’utilisation de pompes synchrones à faible coût dans l'efficace mode pulsé. Les autres bricolages dans ce domaine n'ont que des résultats incertains et peuvent avoir comme conséquence une dégradation rapide du matériel.
En conclusion : Le mouvement de houle est idéal dans l'aquarium mais plus coûteux ou tout au moins plus difficile à reproduire.

Accalmie nocturne
La force du brassage peut être réduite pendant la nuit pour imiter l’accalmie nocturne du milieu naturel. Mais comme l’action photosynthétique est également suspendue il ne faut pas surtout pas arrêter le brassage pour ne pas augmenter trop le taux de CO2 dans l’aquarium. Autre point : Il est inutile d'utiliser le venturi proposé sur certaines pompes pour injecter de l'air, cela diminue l'efficacité du brassage et les bulles générées sont assez désagréables.

Entretien
Vous devez toujours équiper les pompes d'une crépine pour éviter une aspiration accidentelle d'un animal et prévoir leur nettoyage périodique (crépine très fine si vous avez des anémones, ces dernières finissant tôt ou tard à explorer la pompe). Surveillez l'usure des fils électriques alimentant les pompes en 220V, l'idéal étant de ne pas mettre les fils électriques dans l'eau. Pour faciliter toutes les opérations de maintenance n'enfouissez pas les pompes dans le décor.
L'état d'un fil électrique après quelques années de bons et loyaux services...
Astuces
Les pompes munies de compartiment de filtrage [Hagen 802] en plus de la crépine peuvent aussi servir de filtre occasionnel ou permanent, très efficace pour retirer les particules de sédiments et les déchets en suspension. Une chaussette ou bas très fin permet aussi de faire un filtre provisoire efficace à moindre frais (astuce signée SingingLarvae). Vous devrez nettoyer très fréquemment le perlon ou autres masses filtrantes pour que cette filtration ne fonctionne uniquement qu’en mode mécanique [CF. Filtre externe].

Le système de brassage d’un volume réduit n’est pas facile à réaliser car celui-ci doit être puissant sans pouvoir bénéficier du recul suffisant pour ne pas cisailler les invertébrés. On ne peut pas jouer sur les phénomènes d’oscillation obtenus dans des bacs de plus grandes dimensions. Pour cela Il faut diriger les pompes de façon à obtenir des flux indirects. La lutte contre l’augmentation de température fait aussi qu’il est très préférable de placer des pompes de brassage à l’extérieur de la cuve en passant éventuellement par des passes parois (CF. le système ‘closed-loop’ de l’aquarium de 27-L).

Un interrupteur général, qui permet de couper temporairement toutes les pompes de brassage, est bien pratique lors des opérations de maintenance ou de distribution de nourriture et aussi pendant les prises de vue photographiques.

En conclusion…
Vous devrez faire preuve d'ingéniosité pour la réalisation d’un brassage efficace sans être dévastateur, discret tout en restant facile d’entretien.

Projet K2 - Suite -

Rubrique : Techno
Auteur : JLC
Niveau : Tous

Petit rappel : Le projet K2 est un développement d’un spot nano-récifal réalisé à partir de LED Luxeon K2, LED qui ‘sur le papier’ répondent aux critères nécessaires à la réalisation de nos éclairages récifaux. Il ne s’agit pas d’un complément bleu ou crépusculaire mais d’une rampe assurant la totalité de l’éclairage. Ce démonstrateur permettra de vérifier ‘in-situ’ l’utilisation possible de cette technologie. Actuellement, du fait de nos activités professionnelles, nous sommes principalement deux à travailler au développement : Stéphane (alias Coyote sur le forum francenanorecif) et Jean-louis (alias JLC sur le forum francenanorecif) mais le projet est ouvert et chacun peut participer.

Le point sur les étapes franchies : Un module maquette comportant 6 LED K2 sur substrat aluminium a été réalisé par Stéphane. Ce module intègre la régulation de courant définie dans le numéro de septembre de nanoZine. Les résultats sont positifs et Stéphane est passé à l’étape suivante : Définition du dissipateur, intégration mécanique, re-design du circuit imprimé pour accepter une source 24V par groupe de 6 LED et s’attèle actuellement au logiciel de la carte contrôleur (module assurant les diverses transitions lumineuses, la supervision du fonctionnement, réglage de l’heure par radio-pilotage, etc.). Pour ma part je m’occupe du module alimentation, je présente dans cet article la solution ‘PC’, et réalise la partie matérielle de la carte contrôleur. Si tout va bien le (ou les) premier(s) prototype(s) sera(ont) disponible(s) pour Noël.

L’alimentation du spot
Les caractéristiques de l’alimentation ont été listées dans le numéro précédent. La puissance nécessaire pour un spot 24 LED est de 100 W (120 W pour ne pas être ‘au taquet’). Ce n’est pas une petite puissance aussi la partie alimentation représente un poste à ne pas négliger.

Après divers échanges nous avons conclu que le spot pourra être alimenté par deux sources :
  • Une source continue obtenue à partir d’une alimentation standard à la norme Intel 1.3 ATX-PFC PC
  • Une source alternative obtenue par un simple transformateur 220 / 24 V environ (l’alimentation n’ayant pas besoin d’être régulée).
La source alternative sera détaillée lors de la publication du module contrôleur (la partie redressement – filtrage étant implantée sur cette carte).

Modification d’une alimentation ATX – PC pour le spot LED K2
L’alimentation PC n’est, hélas, pas directement utilisable. En effet, pour réduire les pertes dans notre spot, trois LED sont mises en série. Avec la chute de ‘sense’ de la régulation nous avons vu qu’il est optimal d’avoir une source 13 Volts 1A pour chaque groupe de trois LED. La modification consiste simplement à régler la sortie 12V à 13V, les autres caractéristiques de l’alimentation PC étant largement supérieures à notre besoin.

Pourquoi une alimentation PC ?
Ce modèle d’alimentation est extrêmement utilisé et, de ce fait, très peu chère au vu de ses performances intrinsèques.

Le 5Vsb disponible permettra d’alimenter le module de contrôle indépendamment du 13V et du ventilateur du bloc alimentation.

Les autres sorties, et plus particulièrement le 5V, sont disponibles pour d’autres équipements. En effet le 5V (qui va passer à 6V environ après la manip) pourra alimenter les ventilateurs de refroidissement du spot (et oui, il va falloir ventiler le spot... Ca chauffe des LED ultra-puissantes...) mais cela sera fait, avec cette tension 6V, dans un appréciable silence… en utilisant des ventilateurs 12V ou en asservissant les ventilateurs de façon à ne pas faire plus de bruit que nécessaire.

Autre avantage : Une alimentation à découpage type PC a un excellent rendement (entre 80 et 90%) ce qui limite les pertes suplémentaires.

Exemple de forum de discussion à propos des alimentations PC est disponible ICI

Choix de l’alimentation.
Le plus simple est d'utiliser une marque connue pour que chacun puisse disposer du même modèle, le générique (no-name) risquant de ne pas présenter exactement les mêmes caractéristiques. J'ai choisi le modèle AIKUO PH-430(G). Ce n’est pas le moins cher mais pour 25 euro il est particulièrement silencieux. D’autres modèles de la marque ou de concurrents utilisent exactement les mêmes schémas électroniques et sont donc ‘compatibles’ avec la modification proposée. Pour info la documentation AIKUO est ICI

L’alimentation AIKUO dans la série des 430 Watts

Sur l’étiquette d’identification, les caractéristiques et le brochage standard :
  • Fil ORANGE = 3.3 Volts 28 Ampères
  • Fil ROUGE = 5 Volts 31 Ampères
  • Fil JAUNE = 12 Volts 14 Ampères
  • Fil VIOLET = 5 Volts 2 Ampères (permanent)
  • Fil BLEU = -12 Volts 0.8 Ampères
  • Fil BLANC = -5 Volts 0.5 Ampères
  • Fil GRIS = POWER GOOD (les tensions sont OK)
  • Fil NOIR = REFERENCE DES TENSIONS
  • Fil VERT = COMMANDE ON si relié à la REFERENCE DES TENSIONS
Relier le fil VERT à un fil NOIR permet de démarrer l’alimentation. Attention cependant certains modèles ne peuvent pas réguler si leur sortie 5V n’est pas suffisament chargée et il faut mettre une résistance de quelques dizaines d’Ohms pour démarrer correctement (10 Ohms 2 Watts par exemple). L’AIKUO démarre, elle sans, sans problème, bien que la régulation 5V ne soit pas parfaite.

Etiquette d’identification

La manip :
Ouvrir l’alimentation fait perdre la garantie… A vous de voir, mais pour 25 euro… Il suffit de découvrir le sceau Aikuo et de dévisser les quatre vis pour accéder aux circuits imprimés.

Quatre vis à ôter...

L’alimentation ouverte il suffit de repérer le circuit assurant le découpage. Vérifier qu'il s’agit du circuit, largement utilisé, SYSTEM GENERAL SG6105. La datasheet de ce composant, incluant la note d’application (dont l’Aikuo s’inspire disons… beaucoup) est disponible ICI. La modification proposée est validée avec ce composant. Si vous avez un doute écrivez-moi.

Identification du circuit de régulation SG6105

La régulation de tension est faite en comparant les broches IN à une valeur de référence (le SG6105 dispose d’une source de référence interne). Agir sur le niveau de la broche 17 (IN) permet d’ajuster les sorties 5 Volts et 12 Volts simultanément (mais sans perturber le 5 VSB). Si vous vous rapporter page 9 de la datasheet (note d’application 2) le réglage est obtenu en usine en ajustant le potentiomètre VR3 (pour pallier la dispersion des composants). Sur le circuit imprimé de l’Aikuo ce potentiomètre est repéré VR1 (pour nous troubler peut être :-).

Le potentiomètre d’ajustage VR1, CF également le fil vert RM (remote) et gris PG (Power Good)

Attention de fortes tensions sont maintenant accessibles dans l’alimentation soyez très prudent lors de la manipulation suivante. Si vous n’êtes pas sûr de vous, laissez tomber, je le ferai pour vous :-)

Placer vous confortablement, vérifier que tout est en place sans risque de court-circuits. Brancher l’alimentation au secteur 220V et relier le fil vert à un fil noir. Le ventilateur se met en rotation. Appréciez le silence… Prendre un contrôleur universel et placez-le sur un calibre de mesure Volts DC [20VCC]. Faites la mesure du 12V entre un fil noir et un fil jaune sur un connecteur IDE. Tournez le potentiomètre VR1 jusqu'à obtenir une tension de 13 Volts. Attention si vous dépassez le seuil de détection de sur-tension (14 Volts environ) l'alimentation va s'auto-protéger et se couper. Le passage à une tension supérieure à 14V demande la modification de la surveillance d'over-voltage [action sur les broches 3 et 7].

Couper et débrancher. Revisser l’alimentation, c’est fini. La suite au prochain épisode !

Il faudra peut être retoucher le réglage une fois l'alimentation en charge avec le spot, mais c'est une opération que maintenant vous maîtrisez.

Encore une chose : L'alimentation n'est plus utilisable sur un PC sous risque de casse ! Il faut revenir au réglage initial si vous souhaitez la ré-utiliser sur un PC : Re réglage du petentiomètre en ajustant le 12V ET le 5V.

Le connecteur ATX ici le fil VERT à relier au fil NOIR pour démarrer

Le connecteur d'alimentation IDE, le fil JAUNE est le +12V

La suppression des sédiments biogènes et authigènes de nos bac.

L’élimination des sédiments est comme nous le savons tous l’enjeu majeur de la réussite d’un aquarium récifal. Les raisons de l’élimination de ses sédiments à été décrite dans mon précèdent article intitulé « La sédimentation marine utile ou dangereuse ? » dans le nanozine d’avril.
Quelque sois le volume et la qualité des pierres vivantes ; les sédiments, si ils ne sont pas éliminés rapidement, conduisent à un déséquilibre des éléments présent comme celui de l’azote et du phosphore par la simple accumulation des sédiments.
Comme nous le savons tous plus ou moins bien, différentes méthodes d’élimination de ses sédiments sont mises à notre disposition ; pour n’en citer que quelques uns, il y a l’écumeur ; la décantation ; le perlon etc.
Grâce à ce matériel mis à notre disposition, nous avons la possibilité de gérer la masse sédimentaire. Et pourtant, malgré la quantité ses matériels plus ou moins performants ; nombre de problèmes peuvent persister. Des aquariums équipés en Berlinois avec des instalations ressemblant à d’étranges usines a gaz n’arrivent pas à optimiser la couleur et la santé de leur écosystème. Des explosions de cyanobactéries ou leur apparition furtive ajoutée à d’autres problèmes font que l’aquariophile se décourage en voyant la somme injectée dans l’affaire alors que le résultat n’y est pas. Alors que d’autres personnes comme nombre de nano-recifalistes ;-) utilisent la méthode Jaubert, Adey, ou Berlinoise classique avec un matériel plus simple et obtiennent des résultats épatants.
Cela veux dire que outre le fait d’avoir un matériel sophistiqué, il vaut mieux gérer simplement mais efficacement ses sédiments et d’apporter a son bac un matériel qui lui sois le plus adapté.





  • La méthode Berlinoise:
    La méthode la plus simple et la plus couramment utilisée est la méthode Berlinoise.
    Sous se système, l’élimination des sédiments est grandement facilitée grâce à l’écumeur, et à ne décantation ; mais à cela peux s’ajouter un barre bottom ; un filtre algal, un refugium ou encore un filtre zéolithes.

    Prenons pour commencer le cas d’un bac avec un barre bottom.
    Celui-ci va nous permettre d’éliminer tous les sédiments présents dan le bac et va les dirigés vers la décantation qui grâce à son système de chicanes nous permettra de faire sédimenter nos sédiments dans une zone facilement siphonable.
    Le barre bottom est un système qui surélève les pierres vivantes du fond de l’aquarium grâce à une grille optique ou tout autre grillage plastique et ou le sol est nu. Ceci va créer un flux d’eau plus rapide dans le fond et permettre de chasser les sédiments et de les envoyer en pleine eau ou ils serons menés vers la décantation.


    La mise en place d’une pompe à large flux sous le décor augmentera la dé sédimentation du fond du bac.
    Pour augmenter la dé sédimentations des pierres vivantes, et donc leur élimination du bac en complément du barre bottom, il est conseiller d’aérer le plus possible le décor pour que les points de contacts entre les pierres sois les moins grand possibles et d’avoir un brassage uniforme (j’entend par la un mouvement hydrodynamique de toute la masse d’eau) pour qu’un flux d’eau se crée au sein des pierres vivantes.
    Ce flux d’eau aura donc une double utilité: 1) en éliminant les sédiments des pierres 2) en oxygénant celles-ci sous toutes les faces ; favorisant ainsi l’action des bactéries aérobies s’y trouvant et le développement d’éponges qui vont filtrer l’eau.

    De cette manière les sédiments ne s’accumulent plus dans le bac.

    Si vous désirer obtenir un sol sableux dans le fond du bac et donc de ne pas disposer du barre bottom pur; une solution s’offre a vous.
    En effet bien souvent nombre de personnes ayant un bac Berlinois et un fond de sable voient arriver au bout d’un temps des cyanobactéries et se posent la question de savoir d’où elles viennent alors que tous leurs paramètres physicochimiques sont parfait ; leur brassage est bon et leur sable à la base était exempt de phosphates.
    La réponse est simple lors de la mise en route du bac, la pose d’une couche de sable trop fine en épaisseur ou de trop grosse granulométrie, va mener dans le premier cas à un appauvrissement en microfaune et un engorgement en sédiments et dans le deuxième cas à un engorgement important en sédiments par l’impossibilité de les éliminés et par un sable qui n’est pas adapté pour le rôle que dois jouer la microfaune.


    Si le sable est introduit après la maturation des pierres lorsque la quantité de sédiments diminue, beaucoup de microfaune aura aussi été perdue ; et si le sable n’et pas de bonne granulométrie, il va aussi après un certain temps se gorger de sédiments.
    Lorsque le sable est gorgé de sédiments non biodégradés par les bactéries et la microfaune, les cyanobactéries s’installent à la surface du substrat et font des tapis en prenant d’abord les sédiments disponibles à la surface ; lorsque les tapis sont formés, la zone entre le substrat et la couche bactérienne s’acidifie et réduit les sédiments en matières facilement assimilables par les bactéries d’où leur facilité d’expansion.
    Voila pourquoi des cyanobactéries peuvent proliférées sur le sable alors que l’eau à des paramètres satisfaisants dans un premier temps. Par la suite la dégradation des sédiments par les cyano vas être plus importante que ses besoins locaux et vont êtres mis en solution dans l’eau les différents composés aussi bien phosphatés que azotés ou autre.
    De par le pouvoir acide que produit les cyano mieux vaut préférer un sable d’aragonite naturel ou sable vivant le plus fin possible comme sa de un il ne contient pas normalement de phosphates et lors de sa dégradation va libérer des cations qui vont rendre moins acide la couche sous le tapis de cyano.

    Maintenant que sont les conditions que doivent remplirent votre sol.
    1* il doit avoir une hauteur de +/- 10 cm (réduit a 7-8 pour les nanorecifs)
    2* le sable doit être le plus fin possible ; exempt de phosphates ; et si possible vivant (lorsque vous en avez la possibilité ;) ).
    3*introduisez dans votre sable fin un pourcentage de +/- 13 à 15% de sable de granulométrie 2-3 mm pour donner une structure au sol qui sera favorable aux organismes.
    4* il doit être enrichis en bactéries, micro-organismes, détritivores fouisseurs et non fouisseurs.
    5* vous pouvez si le volume le permet y introduire en symbiose la crevette alpheus et son colocataire le blenie.
    6* créer un brassage léger à la surface de votre sol ; cela permettra de meilleurs échanges gazeux dans le sol.
    7* si votre sable n’est pas vivant demandez à récupérer un peux de sable chez quelqu’un qui a un bac déjà bien équilibré ou à votre revendeur si possible.
    photo de foraminifère appartenant a un membre de france nanorecif
    compose entre 15-25% du sédiment en milieu naturel à l'état mort; se nouris de microalgues, bactéries et sédiments.
    Le plus important à mon sens est de surélever le décor du sable comme avec la structure utilisée pour le barre bottom. Les effets seront moins importants au niveau de la remise en pleine eau des sédiments mais une partie sera quand même exportée vers la décantation .

    L’effet de se DSB, sera une transformation par biodégradation des sédiments biogènes et une conservation par un enfouissement des sédiments terrigènes dans le sable ce qui va l’enrichir au niveau structure. Les sédiments biogènes biodégradés par les microorganismes du sol vont soit êtres consommés par les habitants du bac et l’excès quand à lui sera éliminé lors de changements d’eau et par l’écumage.

Nous venons d’aborder le cas du bac Berlinois en barre bottom et du bac Berlinois en DSB.
Maintenant voyons sans rentrer dans les détails l’utilité de la décantation.
Elle va nous servir à rassembler par décantation les sédiments (d’où son nom) grâce aux chicanes qui la compose et qui ralentissent le flux de l’eau ; va nous permettre de caser le matériel à cacher (écumeur, réacteurs, osmolateur, résines diverses et variées et zéolithes dans certains cas !!pour lesquels il faut se renseigner avant de les utilisées !!!!) ; et nous permettre de lui raccorder ou inclure un refuge dont on parlera dans un prochain article.

Maintenant au niveau technique la décantation peut être interne ou externe au bac. Dans le cas de pico et nano récif préférer un décantation interne qui comme il à été monter dans un article du mois de septembre nous permet de dissimuler nombre de pompes, chauffage, et si il n’est pas trop encombrant un écumeur interne ou pas d’écumeur du tout.
Le volume d’eau qui doit passer par la décantation doit se situer dans une fourchette de 6 à 8x le volume du bac par heure. Lorsque l’on crée sa décantation il faut veiller a faire des chicanes bien proportionnées pour ne pas créé un courent d’eau trop fort qui empêche les sédiment de sédimenter. Ceci est valable pour les décantations internes et externes.

Dans votre décantation, si écumeur il y a, préférer les écumeurs de type Tunze mais pensez à les sur dimensionnés si vous n’avez pas de DSB. Pourquoi des Tunze et sur dimensionnés me direz vous ?? Les raisons sont bien simples (je n’ai aucune action chez Tunze ;) ) , Ses écumeurs sont des écumeurs à diffusions c à d qu’ils ne vont prendre dans l’eau que les molécules organiques d’une certaine taille et d’une certaine masse et vont laisser le plancton animal et végétal dans l’eau ce qui est intéressant pour nous car ils vont laisser une manne nutritive intéressante pour les coraux et filtreurs d’où l’écume couleur thé clair que l’on rencontre dans ce type d’écume. Il faut les surdimensionnés car les données constructeurs comme pour toutes marques sont inférieures au résultat donné.


Autre options réalisables sur votre décantation est le raccordement d’un filtre rapide à perlon changé régulièrement tous les 2 a 4 jours ou d’un filtre a diatomées plus contraignent mais remarquable d’efficacité. L’introduction d’algues supérieures sur un substrat neutre comme de l’aquaroche peux avoir une influence sur les sédiments biogènes mais cela sera développé plus en détail dans un futur article sur le refuge.


Dans le cas d’un bac en barre bottom, les sédiments terrigènes et biogènes seront entièrement éliminés par écumage et siphonage dans la décantation ; des changements d’eau moins importants mais plus réguliers vous permettrons de réduire la charge organique totale en suspension dans l’eau qui n’a pas sédimentée d’une bonne proportion et vous permettra par le même occasion de faire un apport en éléments traces qui auront été consommés par les organismes.

Si vous n’arrivez pas à obtenir une valeur quasi indétectable de phosphates dans votre aquarium Berlinois avec cette méthode, des résines anti-phosphates à base d’oxyde d’aluminium peuvent fixer ces constituants mais dite le vous bien cela ne résous pas le problème de l’apparition des phosphates ; si ils sont la il faut en trouver la cause !!! Cette cause peux provenir d’un manque d’entretient, d’un sable riche en phosphates à la base ou de vos pierres vivantes ou encore d’un nourrissage trop abondant.
La cause d’un manque de microfaune peut aussi être évoquée.

Pour conclure, la méthode Berlinoise adaptée et optimisée peut vous apporter de façon facile avec l’aide de petits trucs des résultas plus qu’intéressants sans grands moyens.
Vous aurez pu remarquer que rien de bien innovant n’a été dit mais que l’association de différentes techniques visant à éliminer les phosphates par le biais des sédiments est une solution à nombre de vos problèmes problèmes.
J’ai oublié de le signaler mais la gestion des sédiments passe aussi par un brassage bien conçus pour cela je vous conseille de lire des articles sur le net ou dans des revues spécialisées en presse papier ou des personnes on fait part de leur expérience. Reconstituez au mieux les conditions naturelles vous permettra d’optimiser vos chances de réussite.

NB : attention aussi de ne pas sur doser vos ajouts de substances tel que l’iode, calcium etc. car elles peuvent être la source de sédiments par précipitation par exemple du calcium avec du phosphore, et pensez a bien brasser pour obtenir un équilibre d’oxydoréduction constant cela réduit les risques de colmatage du substrat.