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Les mangroves

Auteur: systemc
Rubrique: vivant
Niveau: tous


La mangrove est un groupement de végétaux principalement ligneux qui se développent dans la zone de balancement des marées à l'abri des vagues violentes et couvrent environ 150000 km2 dans les régions intertropicales. Elles colonisent les substrats meubles: sables, vases, argiles, limons et représentent un milieu de transition entre la terre et la mer. Il existe également des marais à mangroves à l'embouchure de certains fleuves.
Ces milieux particuliers sont parmi les plus productifs en biomasse et procurent des ressources importantes pour les populations vivant à proximité. On peut qualifier les mangroves de forets marécageuses dont les espèces dominantes sont les palétuviers. On y trouve également plusieurs espèces de palmiers, lianes et une faune riche et variée.
Elles occupent les trois-quarts des cotes et deltas des régions tropicales assurant un protection naturelle contre l’érosion. Leur communication avec la mer s’effectue plus ou moins directement, souvent par des passes ou par capillarité à travers les sables des plages ou des dunes.


REPARTITION GEOGRAPHIQUE

La mangrove se développe sur le littoral dans des zones calmes et peu profondes. Elle occupe le long des zones cotières entre les 30° parallèles nord et sud, soit les zones équatoriales:

- En Afrique de l’est: du sud de la Somalie au Mozanbique on peut observer une mangrove dense et haute d’une quinzaine de mètres.

- Sur les bords de la mer Rouge et de l’Océan Indien, elle est déjà moins dense, environ 5 mètres.

- En Afrique de l’ouest on peut en observer dans le Golfe de Guinée et à Madagascar.

- En Asie on peut observer des mangroves dans les iles les plus au sud (iles Yaeyama) du Japon ainsi qu’en Asie du sud-est incluant quasiment toutes les iles séparant l’Asie de l’Australie.

- Le plus grand ensemble de mangrove du monde est le delta du Gange et du Brahmapoutre.

- En Amérique du sud, la mangrove est quasi omniprésente sur le littoral nord de continent et dans le sud de l’Amérique centrale jusqu’en Equateur.

Il existe des équivalents de la mangrove dans les latitudes plus éloignées: ce sont les herbus, on peut en observer sur la baie du Mont Saint-Michel et sur la cote de Picardie.
C’est l’Indonésie qui possède la plus grande superficie de mangroves.

ROLE DE LA MANGROVE

La mangrove est très liée à l’herbier et aux récifs coralliens. Elle a besoin pour prospérer d’une eau calme, dénuée de houle. C’est le récif en brisant la houle qui protège et offre à la mangrove un environnement favorable.
La mangrove est aussi une excellente barrière entre l’océan violent et la cote fragile, particulièrement pendant les ouragans. Elle filtre et stabilise la sédimentation, évitant aux récifs d’etre recouverts de vase et de dépérir. Ses systèmes racinaires empêchent également l’érosion cotière. L’écoulement des eaux des marées est ralentie assez sensiblement de manière à déposer les sédiments au pied des racines des palétuviers que ceux-ci vont absorber pour prospérer.
Les palétuviers sont à la base d’écosystèmes uniques, particulièrement autour de leurs systèmes racinaires complexes. Là ou les racines sont en permanence submergés, les palétuviers sont les hotes d’algues, de bernacles, d’huitres, d’éponges et de cnidaires. Ils profitent de tous les substrats durs pour s’ancrer, et filtrent ainsi leur alimentation.
La mangrove procurent de nombreuses ressources. Il a été démontré qu’un hectare de palétuviers, aux Philippines, génère chaque année 400kg de poissons, crevettes, crabes, mollusques qui fournissent une importante source alimentaire aux populations environnantes.


LA FAUNE

De nombreuses espèces d’oiseaux peuplent la mangrove, mais les crabes, mollusques, crustacés et poissons sont les plus présents. Beaucoup sont amphibies. Le Périophtalme est le poisson incontournable des mangroves. Il a développé des nageoires lui permettant de sortir de l’eau et de se déplacer et peut vivre durant de longues périodes hors de l’eau.
On trouve des crabes comme les Ucas et les Mantous, ou le fameux crabe violoniste. Ce surnom lui est donné en raison de la pince qu’il positionne sur l’abdomen.
La zone aérienne est occupée par des insectes, des reptiles et des oiseaux.
Au Bangladesh, la mangrove est le refuge du tigre de Bengale. C’est l’un des derniers territoires ou l’homme ne peut pas le menacer. On y trouve aussi le cerf axis et des macaques auxquels l’enchevetrement de branches d’arbres offre un refuge impénétrable.
La mangrove génère un riche litière végétale ou abondent les micro-organismes qui fournissent une abondante nourriture, jouant le role de nursery pour de nombreuses espèces de poissons récifaux.

LA FLORE

L’évolution a provoqué une convergence des solutions d’adaptation des plantes végétales des mangroves aux problèmes de la salinité variable, des variations des marées, des sols sans oxygène, les variations de température et l’éclairage intense. Les plantes se développant dans la mangrove se sont adapté à ce milieu hostile.
Les palétuviers sont les principales espèces végétales de la mangrove. Ils appartiennent à des genres différenciés, comme Avicennia et Rhizophora, possédant des qualités d’adaptation remarquables à la salanité des sols, à leur faible teneur en oxygène et à la durée de leur submersion.
Ils possèdent à cette effet des racines aériennes très développées, une pression osmotique élevée et sont capables d’absorber une grande partie de l’eau de pluie qu’ils captent par leur système foliaire.
Au total une soixantaine d’espèces sont recensées dans le monde.
Les palétuviers supportent très bien le taux de sel élevé de la Mangrove. On dit qu’ils sont halophiles ou plus exactement halo-résistants. Par exemple, les palétuviers rouges s’isolent du sel en ayant des racines imperméables qui se tubérisent fortement, agissant ainsi comme un mécanisme d’ultra-filtration pour filtrer le sel du milieu. Tout le sel qui rentre dans la plante s’accumule dans les pousses et est concentré dans de vieilles feuilles qui servent alors de stockage dans les vacuoles des cellules végétales.
Le sol de la Mangrove est constitué de vase littorale, un milieu totalement anaérobie. L’alimentation des arbres est donc assurée grâce à des organes complexes développés dans des racines. Les palétuviers rouges qui peuvent vivre dans les zones les plus inondées, poussent vers le haut au-dessus du niveau d’eau avec des racines échasses. Ils peuvent récupérer l’air par des fentes dans leur écorce appelées lenticelles. Les palétuviers noirs vivent sur des terrains plus élevés et produisent beaucoup de pneumatophores (des racines spécialisées qui poussent hors du sol vers le haut comme des pailles pour la respiration) qui sont couvertes de lenticelles. Les pneumatophores atteignent des tailles de 30 centimètres, bien que certaines espèces en aient qui atteignent plus de 3 mètres de haut. Il y a quatre types de pneumatophores: échasse, droit, en arceau et en ruban.
Les racines ont bien sur un rôle de fixation important. Elles permettent à la plante d’assurer sa fixation au sol constitué de vases peu stables. Les mangroves évitent ainsi l’érosion des côtes grâce à leur racines formant un rempart aux vagues et permettant de retenir les alluvions provenant des cours d’eau.
En raison de la disponibilité limitée en eau douce dans les sols salés de la mangrove, les palétuviers ont développé des mécanismes pour limiter la quantité d’eau qu’ils perdent par leurs feuilles. Celles-ci peuvent contrôler l’ouverture de leurs stomates et l’orientation de leurs feuilles. En les orientant pour éviter le soleil intense du midi, les palétuviers peuvent réduire l’évaporation à la surface de leurs feuilles.

REPRODUCTION DES PALETUVIERS

Dans cette environnement dur, les palétuviers ont évolué pour proposer un mécanisme d’aide aux jeunes plantules. Tous les palétuviers ont des graines flottantes qui favorisent la dispersion par l’eau. A la différence de la plupart des plantes, dont les graines germent dans le sol, beaucoup de palétuviers sont vivipares c’est-à-dire que leurs graines germent sur l’arbre avant de tomber. Une fois que la graine a germé, la plantule se développe dans le fruit en ce servant de celui-ci comme support. On nomme ce système un propagule, qui peut produire sa propre nourriture par l’intermédiaire de la photosynthèse. Quand le propagule est mûr, il chute dans l’eau ou il peut etre transporté sur de longues distances. Il peut survivre à la dessication et rester dormant durant des semaines, des mois ou même une année jusqu’à ce qu’il arrive dans un environnement approprié. Une fois qu’un propagule est prêt à s’enraciner, il changera sa densité pour produire un système racinaire vertical favorisant son encrage dans la boue.


UN MILIEU MENACE

Dans de nombreux pays, la mangrove est un lieu de récolte et d’utilisation traditionnelle de produits utilisés par la population locale. La mangrove produit du bois pour le charbon et pour les constructions d’habitation. Elle fournit également de nombreuses plantes qui alimentent l’artisanat et la pharmacopée locale.
Les mangroves sont menacées par les constructions humaines, la déforestation, la création de rizières, de salins, les bassins d’aquaculture, phénomènes qui entrainent un recul sensible de leur superficie.
Une menace croissante est l’élevage de crevettes qui s’implante massivement en bord de mer. La crevette est un produit de consommation courante dans les pays occidentaux et les pays tropicaux sont les lieux idéaux pour son élevage. Dans certains pays, de grandes zones à mangrove sont remplacé par des bassins d’élevage qui sont le plus souvent abandonné après quelques années d’élevage afin d’éviter les maladies. Cela a pour effet d’empêcher les habitants locaux de continuer à récolter de façon traditionnelle les produits de la mangrove.
Il est important de noter que le taux de déforestation des mangroves est plus important que celui des forêts tropicales. Cependant, ce n’est que depuis un dizaine d’années que leur rôle a été pris en compte. Elles sont encore trop considérées par les gouvernements comme des zones inutiles et leur disparition est essentiellement du à des raisons anthropiques.
Les mangroves, qui autrefois couvraient 200000 km2 de littoral, ont diminué entre 35 et 86% selon les régions dans le monde entier et sont en danger d’extinction dans 26 des 120 pays dans lesquels elles sont localisées.

Ecosystèmes coralliens

Auteur: systemc
Rubrique: vivant

Niveau: tous

Les notions de récif et de récif corallien

Ce sont des constructions édifiées par des êtres vivants: Il existe des récifs d’algues corallinnacées (Amérique du Sud, Cap vert), de mollusques (coquilles sondées de vermets en Floride) ou de vers polychètes (serpulides), mais la plupart des récifs sont édifiés par des coraux hermatypiques (cnidaires : surtout scléractiniaires et hydrocoralliaires) qui possèdent des algues microscopiques symbiotiques ( les zooxanthelles). Ils constituent l’infrastructure de base de l’écosystème (cf. les arbres de la mangrove).
Ce sont des constructions solides et persistantes: Solides, car ils sont constitués par les parties dures du squelette. Persistantes, car ils résistent aux chocs après la mort des organismes (ex récifs de l’ère primaire, surélevés aériens); les interstices sont colmatés et soudés.
Ils possèdent une topographie positive: Ils sont construits depuis le fond marin sur un substrat générateur dur et peuvent, ou non, affleurer à la surface des océans; ils constituent une hantise pour les marins.
Ils ont un développement important: Parmi les plus grands récifs il faut citer La Grande Barrière Australienne, les récifs de Nouvelle Calédonie qui dépassent 2000 km de long et ceux de Mayotte
Ils sont capables de modifier les conditions écologiques du milieu: Ces modifications sont physiques, sur les mouvements de l’eau qu’ils arrêtent (houles, vagues), protégeant ainsi les littoraux. Ces modifications sont chimiques tant par l’utilisation des nutriments du milieu que par les déchets qu’ils produisent.

La distribution des récifs et ses facteurs

La distribution s’appréhende à différentes échelles spatiales.
Globalement les récifs sont répartis dans les zones où la température hivernale reste supérieure à 18°C.
Rôle de la température : la température optimale est 22-28°C; le rôle des grands courants chauds et froids est donc important. La température minimale est de 18°C ce qui entraîne une distribution asymétrique sur les côtes Est de l’Atlantique et du Pacifique plus froides que les côtes Ouest. Il existe des seuils de tolérance, aux températures basses et hautes, variables suivant les espèces; ils agissent probablement sur la nutrition et la reproduction.
Rôle de l’exondation : les coraux supportent mal les exondations donc il existe une relation étroite avec les marées. Mais là aussi il existe des différences entre les espèces, ainsi les coraux des Caraïbes sont rarement soumis à l’exondation et cette différence pourrait expliquer des différences de structures entre les récifs Indo-Pacifiques et ceux des Caraïbes. Des Basses Mers exceptionnelles peuvent avoir des effets catastrophiques
Rôle de la sédimentation : la variation spécifique très forte de la résistance (en rapport avec la sécrétion de mucus et les mouvements des cils) peut expliquer des zonations à l’échelle locale. Peu d’espèces sont localisées dans les zones turbides, sauf quelques espèces (Fungia, Trachyphyllia ...)
Rôle de l’hydrodynamisme : il est étudié à différentes échelles spatiales avec le rôle des vents, courants et vagues
Distribution bathymétrique
Avec la profondeur le nombre d’espèces coralliennes diminue.
Avec la profondeur le taux de recouvrement total diminue.
Avec la profondeur le taux de croissance des espèces coralliennes diminue en rapport avec la diminution de lumière beaucoup plus qu’avec celles de l’oxygène et de la température.
Elle est en relation avec la transparence de l’eau: la croissance est bonne jusqu’à une valeur de l’irradiance de 30 à 40 %, elle est maximum juste au-dessous de la surface de l’eau. Si l’irradiance est plus faible, certaines espèces comme Stylophora pistillata (Mer Rouge) peuvent se développer avec 1 % de lumière de surface; dans ce cas, ce sont alors de petites colonies et non des récifs

La répartition mondiale

Zone Indo-Pacifique
C’est la zone principale, avec une riche diversité. Elle comprend deux sous-régions:
La sous-région orientale comprend la Mer Rouge, l’Océan Indien occidental et l’Océan Indien Oriental.
La sous-région occidentale comprend le Pacifique tropical central avec la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie dont les récifs sont très riches et divers. La Grande Barrière Australienne représente à elle seule 200 000 Km2.
Le Pacifique Occidental avec ses nombreux archipels est aussi une zone à forte richesse, alors que le Pacifique oriental est nettement plus pauvre
Zone Atlantique
Elle ne représente que 1/20e de la zone Indo-Pacifique; la richesse et la diversité sont plus faibles; aucune espèce n’est commune aux deux zones.
Elle comprend principalement la région des Bermudes et les Caraïbes.
Les côtes du Brésil et de l’Afrique Occidentale sont pauvres en espèces et en individus.

Principaux types de récifs et formation
La classification morphologique est due à Darwin: Récifs frangeants, Récifs barrières, Récifs Plate-forme, Atolls
Les récifs frangeants bordent une terre émergée. Ils sont assez étroits et récents. Ils peuvent être séparés de la côte par un chenal d’embarcation (appelé improprement " lagon " dans certaines îles).
Les récifs barrières sont plus larges et plus éloignés de la côte. Ils sont séparés de la côte par un lagon qui peut être large de plusieurs milles et atteindre une profondeur de plusieurs dizaines de mètres. Des îlots sableux portant une végétation caractéristique peuvent se constituer sur une barrière. Ils sont interrompus au niveau de passes, qui correspondent à des rivières anciennes.
Les récifs plate-forme ou banc récifal sont des édifices en pleine mer.
Les atolls sont de grands récifs annulaires, situés au large, enserrant un lagon central. La partie émergée peut porter des accumulations sédimentaires, avec une végétation caractéristique (cocotiers).
Les larves coralliennes se fixent sur fond dur (rocheux ou déjà madréporaires). Les survivantes, en nombre variable, déclenchent l'initiation de la colonisation du sous-sol (substrat) avec toute une faune associée. Cette phase se déroule en eaux peu profondes, pour une croissance rapide des squelettes des coraux et des algues calcaires pour cimenter. Les matériaux détritiques viennent colmater les interstices (foraminifères, mollusques, piquants oursins, débris coralliens). L’ensemble est en perpétuel remaniement.
Géomorphologie et peuplements caractéristiques
Les différentes catégories de récifs présentent des zones homologues, dues à l’action des facteurs géomorphologiques dominants. Cette zonation est la plus complexe dans les atolls et les récifs barrières; elle comporte depuis le large une succession de biotopes hébergeant des flores et faunes caractéristiques :
-Le glacis correspond à une pente modérée en avant du récif, entre 30 et 50 m de profondeur, recouverte de coraux et de débris.
-La pente externe a une forte déclivité, elle est soumise à un fort hydrodynamisme. Sa partie supérieure comporte une alternance de crêtes ou éperons et de sillons couverts de blocs et débris. C’est une zone riche en coraux et algues calcaires.
-La crête récifale ou front est l’étroite zone de passage au platier; elle est souvent dominée par algues lithothamniées.
-Le platier externe est plus horizontal, encore soumis à un fort hydrodynamisme; les coraux y sont florissants.
-Le platier interne fait suite à la levée récifale détritique qui correspond à une zone de débris ou blocs, parfois importants, arrachés à la pente externe; il est horizontal; très variable (platier à alignements transversaux, compact, à madréporaires, à pâtés dispersés, à microatolls, à herbiers, ...); il peut porter des formations construites et/ou des débris sédimentaires.
-La pente interne a une déclivité qui raccorde le platier au lagon; elle est plus abritée; elle comporte moins de formations construites et elle est constituée surtout de débris coralliens grossiers puis fins.
-Le lagon est formé de sédiments meubles où on peut observer un gradient de sédiments d’origine terrigène en se rapprochant de la côte. Les formations coralliennes se répartissent en pâtés ou en pinacles coralliens; par ailleurs on peut trouver des dalles, correspondant à des récifs anciens.
-Les faciès variés peuvent héberger des herbiers, des champs de tumuli, des buissons de madréporaires,....
-Les passes sont des interruptions dans un récif; elles permettent la sortie des eaux du lagon et sont soumises à de forts courants (8 nœuds). Les peuplements d’espèces pélagiques y sont riches et quelques espèces benthiques (gorgones) s’accrochent sur leur substrat .
Fonctionnement des récifs
Comme les autres écosystèmes, le fonctionnement des récifs est basé sur des chaînes trophiques complexes.
Les producteurs comprennent des groupes benthiques ( principalement les coraux et leurs zooxanthelles, les herbiers, les macro-algues et le microphytobenthos), mais aussi des groupes pélagiques comme le phytoplancton
Les herbivores sont les consommateurs primaires; ils comprennent de nombreux mollusques, oursins et poissons.
Les consommateurs secondaires comprennent des organismes filtreurs comme des vers polychètes, des échinodermes,...des détritivores comme des crustacés ou des holothuries, enfin des carnivores comme des poissons ou des échinodermes (Acanthaster)
La structure des récifs dépend de phénomènes antagonistes de construction et de destruction.
Les constructions et le métabolisme
Le corail est un polype vivant dans une coupe rigide composée de carbonate de calcium (calcite ou aragonite) qu'il sécrète lui-même. Tout comme ses frères et sœurs les méduses, les anémones, les pennes de mer et les millépores, il appartient à l'embranchement des cnidaires, dont le mode d'organisation est le plus simple de tous les animaux multicellulaires. Le polype possède un corps cylindrique et une bouche entourée d'un anneau de tentacules. En fait, à quelques différences près, il s'agit d'une anémone miniature.
Les coraux peuvent être solitaires (une seule coupe, un seul polype) ou coloniaux. Dans ce dernier cas, les coupes, contenant chacune un polype, se soudent les unes aux autres pour former une colonie qui comprend des milliers d'individus et peut s'étendre sur quelques mètres. Dans ce condominium sous-marin, les locataires bénéficient de plusieurs avantages écologiques en matière de protection, d'alimentation, de reproduction, de stabilité génétique et de respiration.
Les coraux hermatypiques qui sont ceux qui construisent les récifs contiennent des algues unicellulaires, les zooxanthelles, à des densités de l’ordre de 1 millions de cellules par cm2. Ces algues ont besoin de lumière pour la photosynthèse. Elles utilisent alors le gaz carbonique dissous dans l’eau de mer, l’azote et le phosphore minéral pour fabriquer de la matière organique qui sera utilisée par le polype. En déplaçant l’équilibre des carbonates, elles facilitent la précipitation du carbonate de calcium, base du squelette des coraux
Les zooxanthelles éliminent rapidement l ’anhydride carbonique produit par le métabolisme des coraux et qui dissous le carbonate de calcium. Ainsi les zooxanthelles augmentent la production de calcaire qui peut-être dix fois supérieure à celles des coraux démunis d'algues.
Les cellules ectodermiques de la région basale du polype produisent des filaments chitineux extrêmement fins qui garnissent les vides situés entre le polype et le squelette. Les cristaux de calcaire croissent dans cette zone, dans une solution sursaturée en ions calcium de consistance gélatineuse .
Les remaniements
Les remaniements sont permanents dans les constructions coralliennes, surtout dans les zones sédimentaires (bioturbation), par action d’enfouissement et/ou de nutrition d’organismes psammivores comme les holothuries. Les quantités de sédiment superficiel remaniées sont très importantes et contribuent à la circulation de l’oxygène et des nutriments.
La destruction par les cyclones
Les récifs coralliens subissent de plein fouet la houle cyclonique. Le glacis et la pente externe sont particulièrement touchés. Les massifs coralliens brisés de la zone 0-30 m dévalent la pente en détruisant tout sur leur passage. C'est ainsi, qu'après les cyclones de 1983 en Polynésie Française, plus de 80 % des coraux de l'extérieur de l'atoll de Tikehau ont été détruits (Harmelin-Vivien & Stoddart, 1985).
La bioérosion
C'est l'ensemble des actions menées par des organismes marins (appelés microforeurs, macroforeurs et brouteurs) qui provoquent la dégradation du récif corallien.
L'érosion peut être d’origine biologique, physique ou chimique et ces facteurs agissent souvent en interaction, car des coraux fragilisés par une érosion d’origine biologique seront plus sensibles aux autres facteurs réciproquement.


Rôles des Corallinales dans les écosystèmes coralliens

Les Corallinales désignent un ordre d’algues rouges (Rhodophyta) comptant au moins deux familles : les Sporolithacées et les Corallinacées, et plus de 700 espèces.
Ces algues se caractérisent par un thalle "dur" , cette rigidité est dûe à des dépôts calcaires dans la paroi interne des cellules. Chez les Corallinacées on reconnait des formes entièrement calcifiées, que l'on qualifie d' 'encroûtantes' ou 'non-articulées' que l'on oppose aux formes 'articulées' chez lesquelles la calcification est interrompue plus ou moins régulièrement le long du thalle laissant apparaitre des zones souples (articulations). Les Sporolithacées montrent des formes exclusivement encroûtantes.
On utilise communément le terme anglosaxon 'corallines' pour parler des formes encroûtantes des Corallinales
Lorsque les parois sont totalement imprégnées de calcaire, les algues forment une masse entièrement calcifiée, pouvant être une croûte compacte à la surface lisse, ou au contraire verruqueuse, voire branchue. Il s'agit des formes 'encroûtantes' d’aspect «pierreux ».Lorsque qu’il existe des zones non calcifiées, le thalle est formé d'une succession de segments calcifiés (articles) et de segments souples (articulations) conférant à l'ensemble un aspect robuste mais flexible. Il s'agit généralement de formes ramifiés et articulées.Dans les clés d'identification des Corallinales, on oppose généralement les formes encroûtantes aux formes articulées. En revanche, ce critère morphologique ne permet pas de constituer des groupes monophylétiques, c'est à dire que toutes les Corallinales encroûtantes ne descendent pas directement d'un même ancêtre commun. L'état de caractère "encroûtant" a pu apparaître plusieurs fois lors de l'histoire évolutive des Corallinales.
Les Corallinales sont exclusivement marines. Elles sont présentes dans tous les océans et peuvent atteindre des records de profondeur pour les macroalgues (-262m aux Bahamas). Elles recouvrent le plus souvent l’ensemble des subtrats rocheux. Certaines Corallinales sont épiphytes (elles grandissent sur d’autres algues ou sur des phanérogames marines : par exemple en Méditerrannée les feuilles des Posidonies sont tachetées de rose), d'autres épizoïques (fixées sur les coquilles des mollusques), voire d'autres endolithiques (forant les substrats calcaires) ou parasites dans d'autres Corallinales.On distingue également des formes libres tels que les rhodolithes (nodules compacts libres) ou le maërl (nodules branchus) formant des accumulations d'algues rouges calcaires vivant librement sur les fonds meubles infralittoraux; le maërl constitue des "bancs" auxquels est associé le développement de toute une macroflore et une macrofaune.Les Corallinales encroûtantes sont très diversifiées dans les eaux tropicales. Elles y jouent un important rôle de bioconstructeur des récifs coralliens (cf. paragraphe suivant).Le thalle des Corallinales varie en général du rose au rouge, mais prend aussi parfois des nuances mauve, bleu-gris, gris-vert, voire jaune. Chez une même espèce la couleur peut varier en fonction de l'exposition à la lumière. En zone profonde, ou dans les habitats peu éclairés les couleurs sont généralement foncées, alors qu'en plein exposition solaire les thalles prennent des couleurs jaune -orangé en raison de la forte proportion de caraténoides photo-protectants.


Les algues marines rouges calcifiées encroûtantes (ou non-articulées) appartenant aux Corallinacées et Sporolithacées jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement et l’évolution de l’écosystème corallien. Elles participent avec les coraux hermatypiques (coraux à symbiontes) à la construction de l’édifice corallien. Les Corallinales apportent la matière première calcaire (le ciment) et structurent l'ensemble du récif; ceci est tout particulièrement visible dans les zones de fort hydrodynamisme où les coraux auront tendance à être moins développés voire cassés. Les Corallinales peuvent représenter jusqu'à plus de 40% de la biomasse des récifs.De plus, les Corallinales forment des assemblages plurigénériques caractéristiques d’un type d’environnement récifal. En raison de la trame calcaire, les Corallinales fossilisent très bien. Elles constituent de ce fait un groupe d’intérêt particulier pour l’étude des archives sédimentaires et sont considérées comme de bons indicateurs pour la reconstitution des paléoclimats et paléoenvironnements. Ce sont d'excellents marqueurs stratigraphiques de l'ère Quaternaire.Les Corallinales sont en quelque sorte les témoins de l'évolution des récifs.
Les Corallinales stockent du carbone à la fois par les activités de photosynthèse et part les processus de calcification du thalle. A l’échelle de la planète et plus particulièrement des océans, les formations d'algues calcaires représentent un des plus grands stockages de carbone dans la biosphère.
D'autres rôles peuvent être encore attribués aux Corallinales : en premier lieu elles offrent à un ensemble d'organismes brouteurs, commes les poissons perroquets, les oursins, les patelles, les polyplacophores (mollusques) un support nutritif.
- elles favorisent et conditionnent certaines étapes du développement d'organismes marins (larves de mollusques, oursins, coraux),
- elles consitutent pour diverses espèces fixées un substrat d'accrochage leur permettant alors de se développer,
- elles abritent dans les microanfactuosités du thalle une communauté d'invertébrés libres (crustacés, mollusques..),
- enfin leur squelette calcaire abrite souvent une microflore et microfaune d'espèces perforantes ou endolithes.
La diversité, la richesse et le développement des communautés biologiques récifales (algues, poissons, mollusques, …) sont donc intimement liés aux Corallinales.

Cet article est tirée en partie de :
Bigot L, Chabanet P, Charpy L, Conand C, Quod J-P, Tessier E (2000) CDROM : "Suivi des Récifs Coralliens" PRE-COI/UE
Merci à Sabine pour ses superbes photos.

Les Favidés

Rubrique: animaux
Auteur:
Systemc
Niveau: tous


La famille des Favidés qui appartient aux scléractiniaires comprend 24 genres dont les plus populaires sont les Favia, Montastrea, Favites, Goniastrea et Caulastrea.
C'est avec la famille des Acroporidés, celle qui comporte le plus de représentants et qui connait la plus vaste répartition géographique. Les Favidés sont répandus tout autour du globe, dans la ceinture intertropicale, de l'Indo-pacifique à l'Atlantique.
Les Favidés sont souvent dominantes dans les zones ou les Acropora ne peuvent plus se maintenir durablement en raison d'un hydrodynamisme trop violent ou d'une trop grande turbidité. Les colonies massives, aplaties ou hémisphériques sont disposés pour résister aux courants violents que l'on rencontre sur certaines zones du récif.
D'après certaines études, les Favidés sont parmi les coraux les plus productifs en frai lors des périodes de reproduction sur le Grande Barrière.
En aquarium, ce sont souvent des Favidés massifs en forme de boule ou de dômes que nous maintenons. Tous abritent des zooxanthelles et sont coloniaux.
Dans le milieu naturel, les Favidés sont présents dans des milieux divers , sur la pente externe du récif, dans les zones très exposées et également dans des zones épirécifales. Plus rarement, on peut trouver certaines espèces dans des eaux plus profondes. Dans l'ensemble les Favidés sont des espèces résistantes. La croissance est lente, quelques centimètres par an selon les espèces.
La majorité de ces espèces affectionnent particulièrement les zones abondamment brassées et éclairées, c'est dans ces conditions qu'ils s'épanouissent le mieux.

Favia/ Montastrea
Ces deux genres sont assez semblables et difficile à différencier. La seule spécificité connue concerne leur mode de reproduction végétatif. Les Favia poussent en divisant leurs polypes en deux ou trois polypes filles, mode de reproduction fréquent chez de nombreux coraux et appelé division intratentaculaire. Chez les Montastrea, c'est un petit polype sœur qui va pousser à coté d'un autre sans division de polypes.
Les Favia et Montastrea se rencontrent dans l'océan Indo-Pacifique mais aussi dans l'Atlantique tropical. En fonction du brassage et de l'insolation, la forme des colonies peut être massive ou plate.
En de dessous de 20 mètres de profondeurs, ils adoptent des formes en plateau.
En aquarium, les colonies massives sont placés de préférence dans les zones bien éclairés et agitées.

Favia sp
Montastrea sp
Favites/ Goniastrea
Les Favites arborent des polypes à l'aspect encaissé, forme caractéristique en nid d'abeille, c'est ce qui permet de les différencier des Favias.
Les Goniastrea arborent souvent les mêmes formes et colorations que les Favites. On peut différencier les Goniastrea grâce à la présence de lobes paliformes qui sont des excroissances calcaires en forme de petits murs autour de la columelle(centre du polype), visibles lorsque le polype est rétracté.
Leurs besoins en terme de placement sont semblables aux genres Favia/ Montastrea, les colonies massives aux couleurs vertes et fluorescentes affectionnent un éclairage puissant et un brassage vigoureux, les besoins environnementaux étant comparable à ceux des Acropora. Les formes plus plates et encroutantes aux couleurs beiges ou jaunes peuvent etre moins brassées et éclairées.
Les Goniastrea peuvent héberger des hôtes qui vivent entre les corallites des polypes comme des vers tubicoles, crabes symbiotiques ou des cirripèdes.

Goniastrea sp Favites sp
Favites sp

Platygyra

Ce genre est aussi appelé corail cerveau. Comme tout les représentants de la famille des Favidés évoqués précédemment, sa maintenance est facile si l'on prend soin de respecter le placement du corail en fonction de sa forme et de sa couleur.

Les Platygyra peuvent produire de petits polypes fils nommés satellites. Une boule composée de quelques polypes se forme à la surface du corail mère et se détache quelque fois pour atterrir sur le substrat pour donner naissance à un nouvel individu.

Platygyra


Caulastrea
C'est un corail facile à maintenir et très approprié pour les débutants. On le différencie facilement des autres membres de la famille des Favidés, les Caulastreas présentent des colonies phaceloides, chaque polype possédant ses propres corallites. Les tetes des polypes sont bien distinctes.
Les Caulastrea se bouturent facilement par fragmentation à la base d'une tete et celle-ci va ensuite se diviser en deux ou trois polypes. Le brassage doit etre modéré et l'éclairage bien dimensionné.

Caulastrea

Le peuplement d’un bac de moins de 200 litres : un numéro d’équilibriste (3/3)

Rubrique : Vivant
Auteur:Kactusficus
Niveau : Tous

Dernière partie: Le tableau récapitulatif des compatibilités espèces/volume

Nous vous proposons ce mois-ci la conclusion du dossier sur le peuplement, sous forme d'un tableau récapitulatif, détaillant les principales familles de poisson, mentionnées dans le dossier, et leur adequation avec un certain volume d'aquarium.

Les données afférentes à chaque espèce s'entendent pour un specimen par bac, et doivent être fortement revues à la hausse en cas d'introduction de plusieurs specimen, selon les informations que l'on pourra reccueillir sur la territorialité de l'espèce en question.
Evidemment, les données sont aussi à moduler selon le nombre de poissons cohabitant dejà dans l'aquarium.

Ce tableau ne pretend pas detenir la vérité absolue, mais est un petit outil permettant de mieux choisir. Chaque achat de poisson sera bien sûr à moduler en fonction de la population existante dans le bac, les dimensions de la cuve, les caractéritiques du décor... Tant de paramètres entrent en compte, qui ne s'ecrivent pas sur un tableau théorique!

Bon choix et longue vie à vos poissons!


Famille Genre Taille approx Compatibilité volume mini.
Apogonidae Apogon (leptacanthus)6 / 7cm 80 litres

Pterapogon 8 cm 80 litres

Sphaeramia 8 cm 80 litres




Blenniidae Ecsenius 4 à 12 cm 60 à 100l, selon taille

Salarias 13 cm au dessus de 250l




Cirrhitidae Cirrhitichthys 6 à 11 cm 150 litres

Neocirrhites 10 cm 200 litres

Oxycirrhites 12 cm 200 litres




Gobiidae Amblyeleotris 6 à 8 cm 50 litres

Amblygobius 7 à 8 cm 50 litres

Cnetogobiops 5 à 6 cm 40 litres

Cryptocentrus 8 à 12 cm 50 à 100l selon espèce

Eviota 2 cm 30 litres

Gobiodon 3 à 6 cm selon esp 30 litres

Gobiosoma 4 à 5 cm maxi 30 litres

Nemateleotris 6 à 7 cm 80 litres

Ptereleotris 12 à 16 cm 130 litres

Signigobius 7 cm 50 litres

Stonogobiops 5 cm environ 30 litres

Valencienna entre 8 et 18 cm 100 à 200l, selon taille




Grammatidae Gramma 8 à 10 cm 150 litres




Labridae Cirrhilabrus 8 à 12 cm 200 litres

Macropharyngodon 9 à 15 cm 200 à 300 l selon taille

Pseudocheilinus 7 à 12 cm 200 à 250 l selon taille

Wetmorella 5 à 8 cm 130 litres
Plesiopidae Assesor 4 à 6 cm 40 litres




Pomacanthidae Centropyge 5 à 12 cm 150 à 200 litres




Pomacentridae Amphiprion 6 à 15 cm 100 / 200l selon espèce

Chromis 5 à 17 cm 150 / 300l selon espèce

Chrysiptera 6 à 9 cm 130 litres

Dascyllus
300 litres

Pomacentrus 5 à 9 cm 130 litres




Pseudochromidae Pseudochromis entre 5 et 7 cm 80 litres

Liopropoma environ 5 à 6 cm 80 litres




Callionymidae Synchiropus 5 à 10 cm 300l ou sys. spécifique



Note: les volumes indiqués referent au volume brut de bac, selon ses mesures, et non en volume d’eau net, car ces repères seront plus faciles à mémoriser.

Histoires de Zoanthus

Rubrique : Vivant
Auteur : Géka
Niveau : Tous

Qui ne s’est jamais émerveillé devant une magnifique colonie de Zoanthus, exposée dans un bac de vente ou d’exposition ?

Les petites anémones coloniales, grâce à leur facilité de maintenance, leurs différences de formes et leurs couleurs magnifiques, sont des habitants « clé » de nos nano-récifs, que l’on soit novice ou très expérimenté. Certains vont même jusqu’à concevoir des bacs peuplés exclusivement de Zoanthus spp., mélangeant leurs différentes couleurs. Cependant, malgré une facilité certaine, nos très chers Zoanthus sont compliqués à comprendre. Ils changent de couleurs sans que l’on sache réellement pourquoi, au plus grand désarroi du récifaliste qui aurait aimé conserver ses Zoanthus tels qu’il les avaient observés chez son poissonnier. Nous essayerons ici de d'expliquer pourquoi nos chers amis changent de couleur et nous expliquerons comment réagir afin de leur faire retrouver une couleur éclatante…
Facilité de maintenance
En effet, les Zoanthus spp. sont des habitants de choix pour les débutants. En milieu naturel, la plupart des colonies de Zoanthus vivent dans les milieux turbides, c'est-à-dire dans les milieux où il y a une forte concentration en nutriments. Il arrive fréquemment qu’à marée basse, les immenses colonies soient frappées de plein fouet par l’écume. C’est pourquoi, dans un bac de novices, dépourvu d’écumeur, les Zoanthus prospèreront et coloniseront rapidement le substrat, à condition toutefois que l’éclairage y soit adéquat…
Importance de l’éclairage
Bien que les Zoanthus soient assimilés le plus souvent à des coraux mous, ayant peut être un besoin moindre en luminosité, il n’en n’est pas de même pour les Zoanthus, qui ont des besoins précis en matière de brassage (nous le verrons plus tard) ainsi qu’une qualité d'éclairage optimale.
A l’heure actuelle, je privilégie les T5 ou les fluo-compacts (avec un ratio blanc bleu de l’ordre de 50/50) pour maintenir Zoanthus car, à mon sens, et à contrario des USA, nos ampoules HQI n’ont pas un spectre réellement adapté. Si nos HQI ne sont pas associés à de nombreux T5 bleus, nos Zoanthus vont progressivement changer de couleur et devenir marrons. C’est donc pour pallier à ce changement que j’ai décidé de faire quelques tests depuis le début de mon bac en décembre 2006, qui m’ont permis de comprendre un peu mieux mes habitants…
La théorie : basée sur l’observation
Depuis que mon bac tourne, un phénomène m’a frappé et je pense que certains d’entre vous l’ont déjà observé. J’ai divisée en deux une colonie de Zoanthus que j'ai placées à deux endroits différents dans mon bac. Les colonies se sont développées mais j’ai remarqué que les deux colonies filles évoluaient et n’avaient pas la même couleur.
Je me suis donc posé la question : Qu’est ce qui avait pu influer dans ce changement de couleur? Ce ne pouvait pas être les paramètres et la composition de l’eau car elles se trouvent toutes les deux dans le même bac. J’ai donc supposé que cela devait venir de la différence d’emplacement. Une d’elle se trouve dans le bas du bac avec un faible brassage et l’autre se trouve deux centimètres plus haut que la première mais avec un brassage plus important.
Par cette observation j’ai constaté que le brassage pouvait jouer sur la couleur de nos protégés.

J’ai donc essayé avec une autre colonie de Zoanthus et j’ai constaté que celle –ci avait d’autres besoins. En effet elle perdait sa couleur rose « flashy » avec un brassage plus fort et un éclairage plus puissant, je l’ai donc baissée de 5cm, profitant également d’une baisse de brassage (protégée par une autre pierre).
J’ai observé cela en l’espace de quelques mois, et désormais je peux affirmer que chaque Zoanthus sp. a des besoins propres en matière d’éclairage et de brassage afin de nous émerveiller de leurs plus belles couleurs.
La pratique :
Assez facile à mettre en place, vous avez deux possibilités :
  1. Vous disposez votre bouture à un endroit de votre bac en prenant en compte les niveaux de brassage et d’éclairage :
    • Fort brassage Faible éclairage
    • Fort brassage Fort éclairage
    • Faible brassage Faible éclairage
    • Faible brassage Fort éclairage

    • Si au bout d’un mois, vous constatez un changement apparent, par exemple une augmentation de la couleur, c’est que vous avez trouvé le bon emplacement mais si en revanche la couleur s’estompe, changez de place votre bouture à un endroit ou l’un des paramètres change.
      Ici, la bouture a été déplacée d’un brassage fort à un brassage modéré, le bleu est plus prononcé.

  2. Je place quatre boutures (un ou deux polypes suffisent) d’une même colonie à quatre endroits différents (paramètres éclairage / brassage différents) que je fixe sur les vitres avec des ventouses.

    Je les laisse vivre leur vie pendant quelques temps et observe les changements. Lorsque j’ai pu juger du meilleur emplacement pour cette variété de Zoanthus, je place la colonie mère à un endroit où les paramètres sont les mêmes que l’endroit où la bouture « cobaye » a donné sa plus belle couleur.
Intéressons nous ici à la bouture du milieu, une autre photo de la même bouture à un endroit différent.
Le bleu est plus profond sur la deuxième, le centre qui allait légèrement sur le marron sur la première a laissé place au bleu sur la deuxième…Verdict : Cette variété de Zoanthus a besoin de plus de lumière et d’un brassage moyen.

Un autre changement de couleur entre ces deux colonies issues de la même colonie mère.
Sur la photo de gauche (fort brassage, éclairage moyen), la bouche est rose avec un cercle marron puis un panache rosâtre alors que sur la photo de droite (fort brassage, fort éclairage) le cercle marron à laissé sa place au rose vif.

Donc le but de cette technique est de pouvoir à plus ou moins long terme, déterminer et de référencer les besoins spécifiques de chaque Zoanthus sp. afin que chacun de nous puisse un jour contempler un magnifique Zoanthus Paradize.

Le peuplement d’un bac de moins de 200 litres : un numéro d’équilibriste (2/3)

Rubrique : Vivant
Auteur:Kactusficus

Niveau : Tous

Seconde partie: Petit panorama des possibilités selon le litrage :

Note: les volumes indiqués referent au volume brut de bac, selon ses mesures, et non en volume d’eau net, car ces repères seront plus faciles à mémoriser.

En dessous de 30 litres, la maintenance d’un poisson est fortement déconseillée. Peuplez votre bac d’une ou deux crevettes, de quelques escargots et Bernard l’Hermite, éventuellement d’un crabe Mithrax ou d’un ou deux Lybia Tesselata… Tout aussi passionnants !

En dessous d’une soixantaine de litres, le peuplement en poisson est une question qui divise les aquariophiles. Les plus intransigeants d’entre nous diront « pas de poissons sous 60 litres ». Mais nous sommes humains, et nous savons tous comme il est difficile de résister à la tentation. D’après les centaines de points de vues et expériences que l’on peut lire sur internet ou entendre lors de conversations, il semblerait que la maintenance d’un petit Gobie sp. (voire d’un couple) et selon les espèces, de sa crevette Alpheus sp. symbiotique, soit tout à fait concevable, et ne nuise pas au bien être des animaux.

Les gobies:
* Genre Amblyeleotris sp. d‘environ 6 à 8 cm (Randalli, Periophthalma, Fasciata, Guttata, Aurora…) tous à associer avec une crevette alpheus (crevette pistolet)

* Genre Cnenogobiops sp. (Feroculus, Crocineus, Tangaroai… dans les 5/6 cm) idem que précédents

* Genre Amblygobius sp. (Hectori, Rainfordi, Nocturnus, et tous ceux dont la taille 5 à 8 cm adulte)… Mais pas le Phalaena, ni le Sphynx, beaucoup plus grands à l’âge adulte (plus de15 cm). Les amblygobius ne sont pas commensaux des alpheus, car ils ne vivent pas en terrier. Certains, comme le Rainfordi, sont réputés très délicats et difficiles à acclimater à la nourriture de substitution. Si le gobie ne mange pas de la nourriture donnée par le soigneur, et qu'il doive compter sur un faible volume pour trouver son comptant de micro et macro-faune, alors ses chances de survie seront faibles. Ne prendre que des individus acclimatés à la nourriture de substitution est un minimum requis, dont il faut s'assurer avant l'achat.

* Genre Stonogobiops sp. (Nematodes, Dracula, Yasha, Xanthorhinica…). De petite taille (environ 5 cm), il est permis, voire recommandé, d’avoir un couple de poisson avec une crevette Alpheus. Très timides, vous gagnerez beaucoup à les prendre en couple, ce qui les encourage à sortir.



* les Cryptocentrus Cinctus ou Leptocephalus (8 cm), à maintenir avec une crevette alpheus. Les autres Cryptocentrus (Cyanotaenia, Fasciatus), plus grandes, seront à réserver à partir de 80/100 litres.

* les gobies du genre Eviota sp., et du genre Trimma sp. portant parfaitement leur nom de Gobies Pygmées, avec leur taille moyenne de 2cm, sont assez rares. Sans souci en petit volume, en raison de leur taille minuscule, bien sûr, voir même déconseillés aux gros volumes, sous peine de ne jamais les apercevoir ! Ils semblent avoir une espérance de vie très réduite.

* idem pour tous les représentants du genre Gobiodon sp. (Okinawea, Histrio, Rivulatus, Quinquestrigatus…). Ils sont tous de taille lilliputienne (3 cm de moyenne) sauf Gobiodon Citrinus, qui atteint 6 cm. Attention cependant, pour les amoureux de coraux SPS : les Gobiodons habitent dans la nature dans ce genre de coraux, et il arrive (notamment lors du frai) qu’ils en attaquent les pieds pour faire leur nid.

* les Gobiosoma sp. (aussi appelés Elacatinus sp.), gobies évoluant en pleine eau, ne s’associent pas avec les Alpheus. Leur taille, d’environ 4 à 5 cm, est parfaite pour les petits volumes.

* On pourra aussi se tourner vers Signigobius biocellatus (7 cm environ), dont la maintenance est quasi obligatoire en couple, sans alpheus. Poisson timide. Ses exigences alimentaires délicates n’en font pas un poisson pour débutant.



Autres poissons possibles :
Une autre possibilité est d’introduire un Assessor sp. (Flavissimus le jaune, et McNeilli le bleu), extrêmements rares à trouver en Europe, ils sont petits (4 à 6 cm) et paisibles. Timides, ils vivent à proximité d’une grotte. Il semblerait que ce soit des incubateurs buccaux. Ils sont de la famille des poissons comètes, et donc, des mérous.

Les exceptions:
*Proscrire les Valenciennea Strigata et Wardii en dessous d’un volume de 200 litres, en raison de leur taille adulte (14 cm). Les Valenciennea Puellaris ou Randalli, d’une moyenne de 8 /10 cm, seront quand à elles à éviter dans un volume de moins d’une centaine de litres. Attention elles ont toutes la réputation de sauter hors du bac et de semer un peu partout le sable qu’elles déplacent avec leur gueule, il existe donc un risque qu’elles stressent les coraux, surtout en petit volume.

* Labroides Dimidiatus est à éviter en petit volume, et à mettre en compagnie de gros poissons seulement. Il prend son rôle de nettoyeur de poisson très au sérieux, et s’il rend de fiers services aux grands poissons, il fait souvent peur aux petits et les stresse en les harcelant.

* A noter que le gobie Lythrypnus dalli, ou Gobie de Catalina, n’est absolument pas conseillé en récifal. Malgré sa petite taille et sa beauté éclatante, ne craquez pas pour cette petite merveille, qui, vivant en eau tempérée, ne supporte pas les températures de plus de 22 degrés, et mourra rapidement en milieu récifal classique (où nos températures sont plus élevées). A moins de ne créer un micro-récif spécialement tourné autour de ce petit poisson ?



A partir de 80/100 litres, de nouvelles familles peuvent venir peupler le bac, à condition de rester très raisonnable sur le nombre de pensionnaires.

Quelques possibilités:
- De nombreuses personnes font l’expérience du bac spécifique dédié au trio vedette de l’aquariophilie marine : couple d’Amphiprion sp. et leur anémone-hôte. A condition qu’ils soient les seuls poissons du bac, s’il y a introduction de l’anémone, pour éviter la prédation de l’anémone sur d’autres poissons qui se feraient très certainement attraper par les tentacules, si le volume du bac est modeste. Une anémone atteint couramment un diamètre de 50 centimètres, aussi il convient de rester prudent sur les animaux introduits en sa compagnie (et attention aux pompes de brassage !). Les espèces d’Amphiprion seront à votre convenance, sans restriction (sauf peut être eviter le Premnas de près de 18cm une fois adulte), puisque seuls, et en compagnie d’une anémone, ils ont un comportement très « casanier », et ne sortent que peu de leur hôte. Il n’en est pas de même si vous souhaitez introduire un couple dans un bac sans anémone, car les clowns auraient alors un comportement beaucoup plus « aventureux », surtout s’ils ne trouvent pas d’hôte de substitution à leur goût. Il faudra alors se canonner aux espèces de taille modeste, et au comportement pacifique : Ocellaris, Percula, Peridaion.




- Dans un bac d’une centaine de litres, quelques petits poissons peuvent cohabiter en harmonie, si vous choisissez une option récifale classique. On peut aller vers :
* les Apogon sp. (Pterapogon Kauderni, Sphaeramia Nematoptera – l’ « apogon pyjama », Apogon Leptacanthus…), dont la taille varie entre 5 et 7 cm, est dont le comportement très paisible, voire statique, en fait un poisson idéal pour les volumes modestes.

* les Pseudochromis sp. : diadema (jaune dos magenta), fridmani (violet), porphyreus (magenta), paccagnellae (mi jaune mi magenta), fuscus (beige), springeri (bleu et noir), de taille comprises entre 5 et 7 cm, sont des espèces paisibles, sauf les paccagnellae et diadema appelé communément Vanille-fraise, qui peuvent se montrer assez teigneux envers les nouveaux arrivants.

* les Nemateleotris, decora, magnifica ou helfrichi (très rare), petit poisson fléchette de 6 à 7 cm, paisible avec les autres espèces, agressif intra communautairement (n’en maintenir qu’un ou un couple etabli, dans le cas d’un volume réduit, car il y a risque de les voir se battre). Attention poisson sauteur…

* les petites Blennies du genre Ecsenius sont un excellent choix pour le micro-récif, à partir d’une centaine de litres. Elles peuvent être très petites, comme la Bimaculatus (4 à 5 cm), ou la Gravieri (5 cm) ou relativement grandes, d’une douzaine de centimètres, comme la Midas et la Bicolor. Ce sont des poissons calmes et sympathiques, qui aiment à trouver un trou de roche d’où ils pourront observer l’ensemble du bac. La Midas se différencie par un comportement beaucoup plus sociable, puisqu’elle aime nager en compagnie de poissons ayant un peu les mêmes teintes qu’elle (dans la nature, avec des Anthias), et se comporte quasiment comme un poisson de pleine eau.



* les Pseudochromidés du genre des Liopropoma sont enfin un autre bon choix, mais ils sont rares à trouver, et donc chers. Dans la littérature, ils sont souvent préconisés pour de plus grands bacs, mais la pratique montre que dans les aquariums assez vastes, on a très peu de chance d’apercevoir ce poisson très timide. Centrer un bac d’une centaine de litre autour de la maintenance d’un couple de ces ravissants poissons peut donc être une idée à retenir. C’est un poisson casanier, qui nage peu, et aime à rester devant une grotte. Il ne souffrira donc pas de l’espace réduit. Liopropoma Carmabi et Swalesi (autour de 5 cm), et Rubre, communement appelé Garde Suisse, un peu plus facile à trouver (6 cm). Attention, il semblerait que certains individus soient friands de crevettes…



On passe à 130/150 litres, et le choix commence à être vaste ! De nouvelles familles sont envisageables, en plus des précédentes. Mais toujours avec modération, bien sûr… Un seul poisson dépassant les 10 cm adulte est recommandé dans ce genre de volume.

* les Faucons, famille Cirrhitidae. Ces poissons sont très intéressants à observer, sympathiques, intelligents, ils reconnaissent très vite leur « maître ». Posé dans un corail ou sur une roche, ils observent les alentours avec attention, et sont très curieux. Leur gros défaut est de se nourrir, dans la nature, de crevettes, goût qu’il garde en captivité. Cela en fait des hôtes peu compatibles avec nos micro-récifs, puisque quasiment tous les micro et nano récifalistes ont la passion des crevettes. Cependant, Il existe des variantes assez importantes dans cette famille, et certaines espèces peuvent être maintenues en cohabitation de grosses crevettes adultes (Stenopus, Lysmata).

Cirrhitichthys falco, 7 cm, est par exemple plutôt compatible, car avec sa petite taille, il y a peu de chance qu’il s’attaque à une Lysmata de 5 cm. N’essayez cependant pas la cohabitation avec des crevettes juvéniles, ou encore des Thors ou des Periclimenes, surtout si celles-ci n’ont pas d’anémone-hôte !
Témoignages mitigés avec l’Oxycirrhites Typus, qui, avec son « bec » long et effilé, devra se contenter de regarder les grosses crevettes, mais qui d’un autre côté peut se révéler agressif. Idem avec Neocirrhites armatus, les témoignages divergent.
Par contre, Cirrhitichthys aprinus, sera quand à lui à éviter résolument, car il peut attraper une crevette adulte, et est particulièrement agressif.




* Certaines demoiselles. En l’occurrence, celles qui sont à maintenir seules ou en couple, et non en groupe. Il existe cinq grands genres, au sein de cette famille (hors Amphiprion, qui sont aux aussi de la famille des Pomacentridae) : le Abudefduf, les Chromis, les Chrysiptera, les Dascyllus et les Pomacentrus. Les Abudefduf sont trop grandes pour le micro récif (15 cm minimum). Les Chromis sont à maintenir en banc, ainsi que les Dascyllus, et sont donc peu adéquates à un volume réduit. Reste les deux autres, qui s’accommoderont d’une maintenance en solitaire ou en couple.
Les Chrysiptera, peu délicates, faciles à nourrir et à maintenir, sont souvent un choix de référence pour les débutants. Attention, leur agressivité n’est souvent pas légendaire, et est accrue par le manque d’espace. Leur taille varie entre 6 et 9 cm. Les plus répandues sont C. Cyanea, C. Taupou (plus pacifique), C. Springeri (à maintenir en couple) et C. Parasema (la plus agressive de ce genre, déconseillée). Chrysiptera Rollandi est au contraire particulièrement pacifique.
Certaines Pomacentrus, comme P. Moluccensis, d’un beau jaune, P. Amboinensis, aux reflets multiples, ou P. Aleni, bleu métallique, se maintiennent en solitaire. P. Similis, elle, est à garder en couple.

* les Ptereleotris sp., ou poisson fléchette. A maintenir seul ou en couple, car si, jeunes, ils sont en groupe, ils deviennent solitaires une fois adultes. Ce sont des poissons de pleine eau, actifs et moins timides que leurs cousins Nemateleotris. Taille adulte : Ptereleotris Evides 12 cm, P. Zebra 10 cm. A maintenir dans un bac proposant une bonne couche de sable et de nombreuses possibilités de cachette. Attention poisson très sauteur…




* les Gramma sp. (Loreto, moitié magenta et moitié jaune, Melacara, entièrement violet à « capuche » noire, et Brasiliensis, ressemblant au Loreto de très près), sont des poissons assez territoriaux, mais plus menaçants que réellement dangereux. Taille de 8 à 10 cm adulte. Ouvre une gueule démesurée pour faire fuir les autres poissons. A recommander seulement à partir de 150 litres, car du fait de leur territorialité, les autres poissons ne se sentiraient pas à l’aise s’ils subissaient cette intimidation permanente, en cas d’espace trop réduit.



A partir de 200 litres, le choix selon la taille des poissons ne change pas tellement. On gardera une population de petits poissons, de taille maxi adulte de 12 cm environ. Les grosses nouveautés, dans ce groupe de peuplement, viennent d’autres facteurs que la taille des spécimens. A partir de 200 litres, on pourra tenter le petit banc de demoiselles, et la maintenance de petits nageurs de pleine eau, car l’espace, s’il est correctement aménagé, le permet.

* Comme nous le disions, d’autres membres de la famille des Demoiselles deviennent accessibles. Il s’agit de celles qui s’introduisent en groupe, sachant qu’un groupe n’est maintenable qu’à partir d’un certain litrage, bien sûr ! On considère qu’un groupe de 5 individus est un bon départ. A ce nombre, on comprendra qu’il est délicat après de trouver de la place pour d’autres espèces, dans un volume réduit… Il faudra donc bien réfléchir, car les limites de densité de population seront vite atteintes. L’introduction d’un nombre plus réduit d’individus peut provoquer une crise de dominance chez les demoiselles, elles risquent alors de se battre jusqu’à la mort de plusieurs d’entre elles, à fortiori si le nombre de cachettes disponible est réduit. Un décor bien aéré avec plusieurs grottes, ou de grandes pièces de coraux branchues sauveront, dans la majorité des cas, la situation. Le groupe est à introduire dans le bac en même temps, et plutôt en dernier, ces poissons ayant parfois du mal à tolérer de nouveaux venus.

Quelles sont ces demoiselles grégaires ? Les Chromis dont la taille varie amplement: 5 cm pour les Chromis Retrofasciata, 7/ 8 cm pour Chromis Cyanea et C. Viridis, jusqu’à 10 cm (C. Caerulea et C. Iomelas), voire 17 cm (C. Analis) ! Il est donc très important de savoir différencier les espèces, et ne pas prendre n’importe qui !
Les Dascyllus, qui ont l’air mignonnes, comme ça, mais ne le sont pas souvent, en réalité. Agressives envers leur espèce, envers les autres poissons, envers la main qui les nourrit… Un choix à méditer, d’autant plus qu’elles ont besoin d’espace. Selon toute vraisemblance, un groupe de ces demoiselles semble peu compatible avec un système de moins de 300 litres.
Enfin certaines Pomacentrus, comme P. Coelistis, sont elles aussi de mœurs grégaires.




* Les petits Labres. Nageur émérite, Pseudocheilus Hexateania se plaira, à partir de 200 litres, dans un bac leur réservant un maximum de parcours de ballade. Plus timide et moins sportif, Macropharyngodon Bipartitus, d’une petite dizaine de centimètre, est un hôte magnifique, il peut donc être maintenu en volume modeste. Attention à son goût potentiel pour les petites crevettes. Il se nourrit, en outre, beaucoup sur la micro-faune disponible du bac, et picore inlassablement sur les roches du bac. Prévoir un refuge annexe pour cultiver les copépodes et amphipodes. Idem pour son cousin Macropharyngodon Meleagris. Ils consommeront tout de même avec entrain la nourriture de substitution, s’ils ont été bien acclimatés par votre revendeur.

Rare et cher, et tout à fait compatible en micro recif à partir de 150 litres, Wetmorella triocellata ou W. albofasciata, d’une taille de 5cm, ainsi que le Wetmorella Nigropinnata, le cousin d’environ 7 cm, sont des poissons timides mais très sympathiques.

D’autres petits labres comme Cirrhilabrus Rubripinnis (moins de 9 cm), sont parfait en un tel volume, si l’on désire maintenir un couple, voire un trio. Il est à noter que la plupart des représentants du genre Cirrhilabrus sont rares dans le commerce, donc onéreux, et assez difficiles à acclimater. A réserver plutôt aux récifalistes chevronnés. Après la période d’acclimatation, ce sont cependant des poissons assez solides, sociables et tout à fait magnifiques. Attention les labres peuvent sauter hors du bac.

* les Centropyges, sont tout à fait acceptables dans 200 litres, du moment qu’ils disposent de nombreuses cachettes et de grands espaces de nage, sans pour autant que ce soient des poissons d’eau libre. En fait, ils adorent virevolter entre les pierres. Ils seront à maintenir en solitaire, malgré le fait que certains d’entre eux vivent en groupe dans la nature. Les plus petits, entre 6 et 7 cm, sont l’Argi, l’Acanthops, le Resplendens (rare), puis, un peu plus grand, environ 10 cm, il y a C. Aurantonotus, et C.Heraldi parmi les plus connus. Egalement adéquat, si vous le trouvez, C. Aurantia, rare.

C. Eibli, quand à lui, est un peu plus grand (13 cm environ), et semble de plus avoir, selon divers témoignages, un sérieux penchant pour la dégustation de polypes. C. Flavissima est aussi grand, mais semble plutôt friand d’algues filamenteuses.
Même si le risque de grignotage des coraux est toujours un risque chez les individus de la sous-famille des Centropyge, certains sont réputés particulièrement gourmands en polypes, comme C. Bispinosus, C. Bicolor, C. Potteri, et le pourtant « best seller » Loriculus… Cependant, il se peut que votre Centropyge n’ait jamais l’envie d’y toucher, les « personnalités » diffèrent entre specimen. Une introduction à réfléchir, si vous êtes du genre « acro aux acroporas »...

Les cas particuliers
Poisson de petite taille ne veut pas forcément dire poisson adéquat au micro-récif.

Par exemple :
* Les petits Serrans, comme Serranus Tortugarum (7 cm) ou Serranus baldwini (12 cm) ne sont pas recommandés en micro recifal, du fait de leur goût pour les crevettes, voire même les petits poissons…

* Les Salarias Fasciatus, au régime ultra spécialisé, ne survivront généralement pas en petit volume, ayant un gros besoin en algues filamenteuses, et refusant assez souvent la nourriture de substitution.




* Les Synchiropus (Spendidus, Ocellatus, Picturatus), communément appelés Mandarins, ont, de même, un régime très spécifique, composé quasi uniquement de petits animalcules benthiques, copépodes, amphipodes… La grande majorité des spécimens refusent la nourriture de substitution, et même s’ils acceptent, il est dit que leur organisme ne profite pas de la même façon d’une nourriture de substitution, et que les animaux finissent de toute façon par mourir, carencés. Il est donc considéré que le minimum requis pour la maintenance de cette espèce est un bac de 300 litres très mûr, et donc offrant de la micro faune à profusion. Cependant, des expériences réussies de maintenance en micro-récif sont avérées, si le poisson acheté a été sélectionné avec soin (mangeant obligatoirement de la nourriture de substitution), et si le bac profite de certains aménagements : refuge annexe, culture de caulerpe servant à la prolifération de la micro faune, ajout de copépodes vivants achetés dans le commerce.

Enfin, chaque bac est unique, et sa population le sera aussi. Nous recommandons de bien réfléchir, en amont, à celle-ci, de ne pas se décider sur tel ou tel animal avant de s’être documenté sur lui, ses besoins et son comportement, et de toujours bien articuler chaque ajout avec la population en place. Chaque animal acheté est un être vivant qui a été prélevé dans la nature, ou le fruit d’un élevage qui « fabrique » des poissons pour que nous puissions les contempler dans nos bacs. Le respecter et faire en sorte qu’il vive le plus longtemps possible dans des conditions optimales est le minimum que l’on puisse faire en contrepartie.



Rendez vous le mois prochain, avec la fin de l'article, sous forme d'un tableau récapitulatif des espèces, leurs caracteristiques et le litrage conseillé.

Les Associations hétérospécifiques dans nos aquariums

Rubrique : Vivant
Auteur : JLC
Niveau : Tous

L’incroyable biodiversité des zones récifales a multiplié les interactions et les évolutions des animaux le peuplant. Dans ces circonstances exceptionnelles, en parallèle des composantes classiques du réseau trophique, liant les producteurs, consommateurs et décomposeurs dans des relations prédateurs-proies ou de concurrences, ce sont aussi développées des liens de coopérations durables entre espèces ou associations hétérospécifiques. Ces liens se nouent à des niveaux physiologiques ou comportementaux, vont de relations temporaires, ou facultatives, à des coopérations indispensables à la survie d'une espèce, les avantages peuvent être réciproques entre partenaires ou n'être profitables que pour un seul. Voici un petit topo sur ces comportements fascinants.

Généralités
Les relations symbiotiques présentent nécessairement des bénéfices pour la survie des espèces ayant développées ce comportement, principalement :
  • Les apports nutritionnels qui vont du partage, parfois involontaire, des repas à des liens physiologiques, par exemple ceux unissant des algues (producteurs autotrophes) aux coraux (animaux hétérotrophes, consommateurs primaires),
  • L'élimination des parasites et des infections (par les animaux familièrement appelés 'nettoyeurs'),
  • La protection contre la prédation.
Ces relations sont cataloguées en fonctions des divers aspects d'union entre espèces (interspécifiques).

Union indispensables et durables entre espèces
  • Les symbioses ou associations symbiotiques ont été décrites par De Bary dés1879. Le terme de symbiose est souvent utilisé pour citer toutes les associations hétérospécifiques alors qu'il signifie seulement celles où un partenaire ne peut mener une existence indépendante en dehors de la cohabitation symbiotique. Une symbiose peut être profitable qu'à une espèce, l'autre ne subit cependant pas de préjudice, il s'agirait de parasitisme dans le cas contraire. En résumé, une symbiose désigne précisément une association bénéfique et obligatoire entre deux partenaires ou symbiotes.

  • Le mutualisme est une association similaire mais précise que les deux partenaires tirent un profit réciproque (mutuel) et ne peuvent survivre que par cette union.
Relations non vitales entre espèces
  • La carpose est le terme général qui désigne les associations facultatives, non physiologiques, profitables pour une espèce partenaire.

  • Le commensalisme est une association entre deux espèces partageant une même source de nourriture (relation trophique). C'est généralement une petite espèce qui exploite avec avantage les miettes ignorées par une plus grande. Dans cet exemple cette dernière ne tire aucun intérêt dans cette association mais l'avantage peut également être commun, avec une véritable coopération.

  • La parécie est une forme de carpose où un des symbiotes bénéficie de la protection que lui apporte son hôte. Très généralement Les relations symbiotiques avec les anémones sont des parécies. L'entécie étant la forme d'hébergement interne de ce type de locataire.

  • La phorésie désigne les comportements dans lesquels une espèce est transportée par une autre. L’exemple type est celui des poissons rémoras, dans cet exemple le poisson hôte ne tire aucun bénéfice de son compagnon.

  • Le Symphorisme est une forme de phorésie ou l’hôte héberge durablement un (ou plusieurs) organisme(s) fixé(s) sur lui. Ces organismes sont alors appelés épibiontes.
Dans l'aquarium
Il ne fait aucun doute qu’observer un comportement symbiotique est captivant. Une association réussie en aquarium facilite la maintenance des symbiotes en leur offrant un environnement naturel sécurisant. Tenter de reproduire un comportement symbiotique est donc une excellente idée. Mais faut-il impérativement réunir les partenaires, est-ce indispensable ?

Les associations physiologiques, l'exemple des zooxanthellates
Dans le cas de mutualisme ou de symbiose véritable, comme celles des organismes associés aux algues zooxanthelles, oui, assurément. Il s’agit d’associations physiologiques et il est vital de réunir et d'assurer la survie des deux symbiotes. Ainsi les invertébrés que l’on nomme communément symbiotiques dans nos aquariums hébergent des algues dinoflagellés, les zooxanthelles, dans leurs tissus et cette symbiose est indispensable à leur métabolisme. L'association entre autotrophes et hétérotrophes, bien qu'invisible à nos yeux, est par ailleurs assez remarquable, elle apparait rapidement dans l'évolution des espèces, avec les métazoaires, et a permis la constitution des récifs. C'est l'origine d'un biotope excessivement riche malgré un environnement dépourvu de nutriments.

Il faut reconnaitre que cette association est aussi une chance pour l'aquariophile car une excellente source de lumière suffit pour répondre aux besoins trophiques de ces animaux en captivité. Ainsi l’éclairage joue un rôle fondamental dans la croissance, nourriture et calcification, des coraux et animaux symbiotiques des algues zooxanthelles.

L'excellence de la lumière n'est pas un facteur suffisant mais il est nécessaire aux invertébrés zooxanthellates comme Acropra spp.

Voici une liste non exhaustive d’invertébrés symbiotiques d'algues unicellulaires aptes à être conservés en aquarium. Attention, certaines espèces parmi ces familles sont dépourvues de zooxanthelles (elles sont aussi appelées non-symbiotiques ou azooxanthellates) et doivent recevoir des apports nutritionnels de phyto et zoo plancton, par exemple Tubastrea, Dendrophyllia, Dendronephthya, Acabaria, etc.
  • Scleractinaires (tous les coraux durs hermatypiques)
  • Zoanthaires (Zoanthus, …)
  • Corralimorphaires (Discosoma spp,…)
  • Actinaires (anémones)
  • Alcyonaires (Clavularia spp, gorgones, Sarcophyton spp, …)
  • Milleporinaire
  • Platheminthe (vers plats)
  • Mollusques Bivalves (Tridacna spp)
Autres comportements hétérospécifiques en aquarium
Malgré tout nos soins, l’aquarium modifie d’une manière assez radicale l’environnement naturel. La réduction de la biodiversité est dratisque, l'espace limité. Les prédateurs sont définitivement absents ou bien, au contraire, perpétuellement présents. Notez que dans cette dernière hypothèse, il peut s'agit d'une erreur dans le plan de population ou d'un défaut de maintenance, par exemple la présence involontaire d'une crevette mante (Odontodactylus scyllarus).
D'autre part le tarissement des nourritures naturelles, remplacées par les distributions d'aliments préparés, changent les habitudes alimentaires.
Dans ces circonstances les relations de carpose sont moins vitales, bien que, très probablement, leur accomplissement soit une source d’évacuation du stress, de bien-être et de longévité pour le(s) symbiote(s).

Quelques exemples :

Les nettoyeurs
Les crevettes barbier (Lysmata amboinensis, Lysmata debelius, Stenopus hispidus), les labres (Labroides dimidiatus), les gobies (Gobiasoma oceanops), etc. se nourrissent exclusivement des parasites portés par les poissons, ces derniers bénéficient en retour d'une remise en forme. En milieu naturel cela est du mutualisme. En aquarium il est exceptionnel que cela soit le cas, les parasites étant rapidement éradiqués. Aussi le comportement naturel va t-il être modifié jusqu'à faire accepter des nourritures de substitution aux 'nettoyeurs' qui perdront peu à peu ce rôle. Mais cela n’empêche pas de conserver ces animaux, toujours excessivement sociables avec les autres espèces (bonnes relations inter spécifiques) et généralement fort bien acceptés par les autres pensionnaires de l'aquarium.

Lymasta amboinensis. S'il est rare d'assister à une 'opération de nettoyage' dans un aquarium bien installé, c'est parfois le cas lors de l'introduction d'un poisson, le stress le rendant vulnérable aux parasites. C'est aussi un argument pour que ces crevettes soient introduites avant les poissons dans le projet de peuplement.

Stenopus hispidus (crevette barbier des Caraïbes), vit en couple qui assure le déparasitage de poissons de grandes tailles, totalement incompatibles avec nos micro-récifs. Il ne faut donc pas espérer observer ce comportement en aquarium.

Il est intéressant de noter que la blennie mangeuse d'écailles, Astidotus taeniatus, détourne la relation de coopération et utilise son mimétisme avec Labroides dimidiatus pour s'approcher d'un poisson mis en situation de confiance ce qui lui permet de dévorer un peu de son épiderme. Lors de l'achat de L. dimidiatus, soyez vigilant et ne vous faites pas tromper par ce tricheur à votre tour !

Anémone, une protection convoitée
Le pouvoir urticant des anémones est paradoxalement recherché par bon nombre d’espèces ; crabes porcelaines (Neopetrolisthes maculatus), pagures, gobies, crevettes (Thor amboinensis, Periclemenes brevicarpalis) et, bien entendu, poissons clowns (Amphiprion spp), ces derniers appréciant particulièrement Heteractis spp et se contenteront d'Entacmea quadricolor. Dans un aquarium dépourvu de prédateur cette relation perd son caractère vital. A l'inverse, la présence perpétuelle d’un prédateur peut forcer un animal, locataire inhabituel dans cette relation, à rechercher la protection assurée par une anémone (Stenopus hispidus par exemple).

Même en absence de prédateur un couple Amphiprion ocellaris ne s'éloigne jamais bien loin de son anémone symbiotique (ici Heteractis crispa), ce comportement perdure en aquarium.

Il faut peser avantages et inconvénients à placer une anémone dans l’aquarium, présence déconseillé au débutant car de maintenance délicate. Une anémone est aussi un animal souvent de grande taille, capable de se déplacer. Il est donc peu compatible avec les invertébrés sessiles et un petit aquarium. Aussi sans conditions très favorables pour sa maintenance, il vaut mieux s'en priver. Il est assez difficile de quantifier l'effet provoqué par le manque de cette relation pour le symbiote orphelin et il faut trouver un palliatif à son absence. Un hôte de substitution doit être proposé, comme un corail mou ou un LPS qui peut être accepté à défaut de mieux. Cependant cet hôte pourra aussi être importuné et il faut en conséquence prévoir d'en mettre en nombre et de tailles suffisantes. Les meilleurs choix sont les LPS (Euphyllia spp), les Sarcophyton spp, Sinularia spp, Pachyclavularia spp, Rhodactis spp, Ricordea spp. S'il n'est donc pas impossible de maintenir dans d'assez bonnes conditions un couple d'Amphiprion sp. ou un groupe de Thor amboinensis en absence d'anémone, l'idéal est de bâtir l'aquarium autour de cette symbiose et des besoins très spécifiques de l'anémone. CF nanoZine : Clowns et anémones

Thor amboinensis vit en toute quiétude dans un Phymantus sp.

Phymantus spp est une anémone de petite taille, robuste et facile à nourrir à condition de lui trouver un emplacement protégé d'un éclairement trop puissant. Une place dans un fond sableux à proximité d'une roche convient assez bien. Les partenaires sont de petite taille et conviennent bien aux nano-récifs. Malheureusement posséder ce type d'anémone est un coup de chance car elle est assez peu importée.

Si l'hôte de l'anémone retire un avantage évident dans l'association, l'anémone peut aussi bénéficier de débris de nourriture ramenés par son symbiote et de soins de nettoyage. Elle peut également en souffrir légèrement par le vol des proies qu'elle capture et même par une prédation partielle - Des crevettes Periclemenes brevicarpalis ont été surprises en flagrant délit de consommation d'Entacmea quadricolor - Une relation symbiotique n'est pas synonyme de camaraderie. Aussi pour éviter de soumettre les animaux à de 'coupables' penchants il faut toujours les nourrir avec soins et abondance.

Les crevettes sont expertes dans les relations de parécies, en particulier les Periclemenes sp. que l'on rencontre associées à des anémones, des échinodermes (oursins, étoiles de mer, crinoïdes), des nudibranches, des holothuries, ... En milieu naturel leur remarquable mimétisme fait qu'elles passent généralement inaperçues. L'inquilisme est le nom donné à cette relation de camouflage d'un partenaire par un autre.

Les très petites anémones utilisées comme armes défensives par les crabes (Lybia tessellata) ou les pagures (Dardanus spp) sont bien difficiles à conserver en aquarium alors que ces associations sont excessivement attractives. Il faut prévoir une maintenance difficile et des soins attentifs constants. Les anémones doivent être nourries régulièrement faute de quoi elles dépérissent. L'aquariophile attentionné est récompensé par le spectacle incroyable du crabe 'boxeur' Lybia tessellata. Cette maintenance est moins problématique avec les crabes porcelaines Neopetrolisthes maculatus ou crevettes Periclemenes spp symbiotiques d'anémones plus robustes (Cryptodendrum sp. pour ces dernières).

Les scléractiniaires autre abri recherché
Les coraux branchus fournissent un dédale où les petites espèces peuvent trouver refuge. Ce peut être des poissons vivants en frange des massifs coralliens comme les Chromis sp, se réfugiant à la moindre alerte dans les buissons d'Acropora spp ou pendant le repos nocturne. Ce peut être aussi des occupants permanents comme les poissons Bryaninops spp, Gobiodon spp ou encore des crabes trapèzes (Trapezia spp, Tetralia spp) toujours associés à des coraux branchus. Ces relations sont véritablement symbiotiques car si le corail fourni une excellente protection, il bénéficie en retour d'un entretien contre les algues, de l'élimination des parasites, de ses tissus nécrosés et d'apports de déjections organiques. Ce dernier point est utile dans ces eaux pauvres en nutriments pour fournir les composants organiques nécessaire à la croissance des algues zooxanthelles symbiotiques.
Les coraux massifs, comme Porites spp permettent à d'autres espèces de s'enchâsser dans la structure corallienne et d'être ainsi définitivement à l'abri de prédateurs. Cette technique est utilisée notamment par les vers polychètes (Spirobranchus giganteus), les mollusques (Tridacna spp), les crustacés bernard l'ermite (Paguritta spp). Le bénéfice n'est toutefois pas réciproque.

Un couple surprenant
Les relations entre gobies (notamment Amblyeleotris spp, Cryptocentrus spp, Paragiobodon spp, Ctenogobiops spp, Stonogobiops spp) et crevettes pistolets (Apheus sp.) sont d'un intérêt particulier pour peupler les micro-récifs. Cette symbiose est remarquable et captivante : La crevette est chargée de creuser un terrier dans le substrat. La survie de celle-ci, qui est dépourvue d'organes sensoriels performants, dépend de la surveillance des abords effectuée par le poisson gobie. En retour celui-ci dispose d'un terrier parfaitement entretenu. Si cette symbiose est vitale pour la crevette dans le milieu naturel, ce l'est moins dans l'aquarium. Cependant elle ne présente pas de difficulté à être réalisée même dans un aquarium de dimension modeste pourvu d'un substrat épais composé de sable d'aragonite de granulométrie moyenne. Aussi la meilleure solution lorsque l’on achète un gobie symbiotique est de rechercher également son compagnon Alpheus sp. ou mieux d'acheter une paire déjà formé.

Conclusion
Bien d'autres formes d'associations hétérospécifiques peuvent être réalisées en aquarium, par exemple les juvéniles de Pterapogon kauderni et les oursins diadèmes, etc. Et très sûrement beaucoup échappent à notre curiosité. Cela renforce notre conviction de voir chaque animal non pas comme un élément isolé de l'aquarium récifal mais comme faisant partie d'un microcosme, riche, complet, équilibré*, surprenant malgré sa très petite taille au regard du milieu naturel et cela pour notre émerveillement d'aquariophile.

* NDR : Désolé, cela sonne comme une publicité pour un petit-déjeuner...

Pour aller plus loin... Les associations entre espèces du récif