Mensuel internet des micro et nano aquariums récifaux

édiTo : Novembre 2006

nanoZine numéRo 8 !

Le numéro de novembre est marqué par la suite de l'article fleuve de Steve (alias vonvon) consacré aux agressions du corail, ou comment le placer dans nos bacs. Un sujet souvent négligé, traité ici en profondeur et abondamment illustré.
La visite de l'écloserie de Pierre-Yves (alias clown974) sur l'ile de la Réunion permet d'espérer qu'enfin nos actes puissent être en conformité avec nos convictions. La préoccupation d'un impact minimal sur l'environnement passe en effet par des initiatives de cette qualité.
27-L dresse le bilan d'une année d'un... 27L, le partage d'une expérience positive.
Enfin le développement du projet K2 continue même s'il n'est pas commenté dans ce numéro. Le prototype est planifié pour Noël.

Jean-louis Cuquemelle (alias JLC)

Au sommaire du numéro de novembre :
  • 27 litres, un an de vie (27-L)
  • Une procédure d'acclimatation rapide en 4 étapes (jlc)
  • Agression du corail, où comment le placer dans nos bacs 2ème partie (Vonvon)
  • Visite d'une écloserie à la Réunion (jlc)
  • Nourriture, préparation 'maison' (jlc)

27 litres 1 an de vie

Rubrique : Nanorécif
Auteur : 27-L
Niveau : Débutant

Introduction:

Il y a un an débutait comme une expérience, l'idée folle de maintenir des coraux durs dans un nanorécif.
Je vous propose aujourd'hui de faire le point sur la méthode et d'observer cas par cas les évolutions et les echecs.

Pour commencer deux vues générales espacées d'un an:



Une technique en dehors des normes habituelles:

Qui dit SPS dit fort brassage ici 2500l/h ,soit pret de 100X le volume réel par heure, et fort éclairage assuré par un HQI 150W en 10000K.

Un chauffage de 25W et une sonde thermique couplée à un ventilateur assure une température constante de 26.1° les mois non caniculaire une montée à 27° a été constatée cet été.
L'osmolation est assurée par une pompe bridée au goutte à goutte sur un timer electronique (pas de capteur de niveau).

90% des pierres introduites étaient des PV mortes, celles-ci sont aujourd'hui totalement colonisées par la microfaune, par des vermets, des vers tubicoles et autres éponges

Pour maintenir une qualité d'eau suffisante pour des SPS se posait le problème de la filtration dans un si petit volume, 27 litres brutes moins d'une vingtaine de litres d'eau réelle!
Ne pouvant pas accueillir une décantation pour des raisons de place et d'esthétisme il restait les possibilités d'une méthode naturelle ou physicochimique.
Un jaubert ou un dsb auraient encore sacrifié des litres utiles, et se posait en plus la problèmatique de peupler correctement le dsb en microfaune.
Il ne restait plus qu'une filtration physicochimique, j'aurais pu m'orienter vers une filtration sur charbon actif couplé à des résines antiphosphate mais je n'ai jamais "accroché" avec le charbon actif, je sais ce n'est pas un argument objectif...

Que me restait-il ? Chez n'importe quel poissonnier on trouve diverses filtrations à base de Zéolithes, pourquoi ne pas tenter l'expérience ?

Mon choix c'est porté sur une simple Clinoptilolite, "ZEOLITH HOBBY" dans mon cas.
J'y voyais deux avantages:

  • composée de cristaux ceux-ci offrent une trés bonne surface de colonisation aux bactéries
Nitrosantes: amoniaque vers nitrite
Nitratantes : nitrite vers nitrate
et pourquoi pas ?
Dénitrifiantes: nitrate vers azote gazeux

  • Les propriétés d'adsorbtion des zéolithes assureraient des fonctions d'épuration de l'eau

Cette méthode de filtration a été mise en oeuvre par un filtre externe comportant 2kg de Clinoptilolite.

Les seuls ajouts se bornent à :
  • des changement d'eau réguliers, hebdomadaire au début puis bi mensuel et mensuel aujourd'hui.
  • L'osmolation passe par un Reacteur A Hydroxyde de calcium
Les constats:

Cette méthode est suffisante pour obtenir un milieu propice au maintient de certaines espèces de SPS et LPS.

La zéolithe se sature au bout de 4 à 5 mois par prudence un changement de 50% de celle-ci tout les 3 mois est recommandé.

La zéolithe devient le filtre biologique principale, toute panne du filtre devient un danger réel de perte du bac.

Au bout d'un an le milieu devient suffisamment stable pour des changements d'eau mensuel voir supérieur.

Le milieu pauvre est problématique pour les gastéropodes ne trouvant plus les algues nécessaires à leur alimentation. Ceux-ci étant en plus concurencés par une importante colonie d'amphipode et polychétes.



















Evolutions reussies:

Caulastrea:














Les seriatoporas également se portent bien dans cette configuration:







































Le royaume du montipora, herbe folle de mon nano:





















Acropora résultats en demi teinte:

Les acroporas à trés petits polypes sont un echec: peu de croissance et perte de deux boutures.

Les acroporas à plus gros polypes style millepora poussent correctement.

Les autres espèces en vrac:

Galaxéa: une croissance rapide, il a doublé en 6 mois encore un problème de place en perspective.

Pavona cactus:


















Pocillopora:


Euphyllia glabrescens pousse rapide et va jusqu'à pondre:

























Favia et fungia sont maintenus avec succés.

Les crustacés se plaisent ponte de Thor amboinensis et Lybia tessellata:











Aujourd'hui ce nano me donne pleine satisfaction , au détail pret que la croissance des coraux et le nombre important d'espèces entrainent des compétitions pour l'espace... j'ai du me séparer de l'euphyllia et réagencer la disposition de certains coraux.

Je recommanderai pour ceux qui voudrait tenter l'expérience de n'introduire que des coraux à faible croissance... rendez vous, je l'espère, dans un an pour faire un nouveau point sur cette expérience.

Une procédure d’acclimatation rapide en 4 étapes

Rubrique : Astuce
Auteur : JLC
Niveau : Débutant

Avertissement. Cette procédure d’acclimatation est adaptée aux animaux, poissons et invertébrés, achetés et transportés jusqu’à l’aquarium en moins de deux ou trois heures maxi. En effet, lors d'un transport de plus longue durée, il y a un risque de production d'acide carbonique par dégagement du CO2 de la respiration animale qui entraine par conséquence une baisse du pH. Simultanément les excréments produisent de l'ammoniaque (NH3). pH et toxicité de l'ammoniaque sont liés. Un pH bas (inférieur à 7) favorise la formation des ions ammonium (NH4+) or l'ammonium est beaucoup moins toxique que l'ammoniaque et finalement les animaux tiennent le coup alors que l'eau de transport est polluée. Le risque est qu'un goutte à goutte remontant le pH ne reforme à nouveau l'ammoniaque toxique. La procédure décrite ci-après ne peut plus être appliquée sans risque. Il est alors nécessaire de préparer une solution à température, salinité et pH identiques à ceux de l'eau de transport (le pH est ajusté par ajout de CO2) puis de transférer l'animal brutalement dans ce mélange sans ammonnium et enfin procéder à l'acclimatation sans risque au goutte à goutte décrite maintenant :

Introduction
S’il semble naturel d’équilibrer les températures avant d’introduire un poisson dans l’aquarium il est également indispensable :
  • D’équilibrer également la salinité pour éviter un choc osmotique,
  • De réduire les différences de pH, l’eau du sac de transport s’étant modifiée peu à peu pendant la respiration de l’animal,
  • D’appliquer ce protocole à tous les animaux et non pas aux seuls poissons. En effet les invertébrés (mollusques, arthropodes, cnidaires, …) sont tout autant, et même plus, sensibles aux paramètres de leur environnent.
La préparation en vue du transport
Aussi, lors de la préparation en vue du transport insister auprès du vendeur pour que :
  • Chaque animal acheté soit conditionné séparément,
  • Que chaque sac soit gonflé à l’oxygène pour réduire l’abaissement du pH,
  • Que les précautions thermiques soient efficaces. Pour cela, je vous conseille d’apporter votre propre glacière ou une grande boîte en polystyrène isotherme qui sera bien plus efficace qu’un sac en papier.
Prendre la précaution d'utiliser une simple glacière pour le transport atténue fortement le stress thermique

L’acclimatation
  1. Si pendant le transport l'eau s'est bien refroidie, laissez flotter le sac dans l’aquarium environ un quart d’heure pour que les températures se stabilisent.
  2. Retirer le sac, l’ouvrir, le placer sous l’aquarium. Vider la partie d’eau de transport non utile aux animaux et avec un tube de faible diamètre munit d’un robinet de réglage remplir le sac par un goutte-à-goutte, au moins jusqu’au ¾. Cette étape doit être faite posément et prend environ entre vingt minutes et une demi-heure pour adapter en douceur l’animal aux paramètres de l’aquarium, en particulier la salinité et le pH et plus finement la température. La température ne doit pas chuter de nouveau, aussi il faut placer le sac dans un bain marie maintenu à température de l'aquarium.
  3. Jetez avec précaution l’eau du sac pour ne conserver que ce qu’il est nécessaire pour l’animal (le volume du départ) et recommencer l’étape 2 avec un rythme légèrement plus rapide. A la fin de cette étape l’eau de transport est remplacée par celle de l’aquarium à au moins 90%.
  4. Jetez à nouveau l’eau du sac avec précautions pour ne conserver à nouveau que le minimum. Si l'animal n'est pas venimeux, le saisir délicatement pour le placer doucement dans l’aquarium. Dans le cas d'échinodermes ou de spongiaires, refaire un cycle pour que l'eau soit changée à 99%, vider le sac en prenant la précaution de laisser l'animal totalement immergé, puis le transférer en plongeant dans l'eau mais sans que l'organisme ne soit exposé à l'air.
Autres conseils
Une nouvelle introduction est aussi un risque potentiel d'introduire involontairement une maladie ou un parasite en passager clandestin aussi minimisez les introductions dans un aquarium établi. Pour éviter tout risque de contamination de l’aquarium, l’idéal est de disposer d’un aquarium de quarantaine, mais seuls les amateurs les plus prudents disposent de cela.

Le meilleur moment pour relâcher un nouvel animal est le repas du soir (aussi calculez le moment de votre achat pour synchroniser cela). Le nouveau ne mangera probablement pas mais cette diversion fera que les autres poissons le laisseront tranquille. Dans tous les cas, poissons ou invertébrés, extinction de la lumière pour permettre une nuit de récupération au nouveau venu.

La nourriture ne sera probablement pas acceptée immédiatement. Un jeûne de quelques jours n’est pas un problème. Bien que vous essayerez d’apporter le régime alimentaire compatible avec le nouveau pensionnaire celle-ci ne sera tolérée qu’au bout d’une période allant de quelques jours à une ou deux semaines. Les Artemia vivantes (ou les nauplies) sont un met auquel peu de poissons résistent longtemps. Peu à peu de nouvelles nourritures seront acceptées : Nourritures sèches, végétaux terrestres, etc.

Un nouvel hôte, poisson ou invertébré, doit faire l’objet d’une surveillance accrue pendant quelques semaines. Pour bien interpréter les signes d’une inadaptation ou d’un problème, évitez les introductions multiples ou se succédant trop rapidement. Certains poissons comme les Acanthuridae développent fréquemment une dermatose (points blancs) après l’introduction. Il faut privilégier les médecines douces : Les crevettes nettoyeuses Lymata amboinensis et Lysmata debelius sont très utiles pour aider les poissons à se débarrasser de leurs parasites.